178 soldats africains ont péri en mer après la 1ère guerre : une histoire française oubliée

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Le naufrage le plus meurtrier de l’histoire maritime en France sera expliqué et montré au public dans deux semaines à l’Hôtel de ville de Dakar, au Sénégal annonce le quotidien sénégalais en ligne « Le Soleil ». 178 soldats sénégalais ont péri dans la nuit du 12 au 13 Janvier 1920. Aujourd’hui, une association demande au Président Hollande et à Alain Juppé (maire de Bordeaux), qu’on rende à ces combattants africains de la guerre 1914-1918 , un hommage national.

tirailleurs

Karfa Diallo, le Président de l’Association Mémoire et Partage, découvre cette tragédie par hasard, au détour d’une autre enquête, comme il le raconte dans « L’Express » en janvier dernier. Les 178 soldats morts, les tirailleurs sénégalais (corps militaire colonial appartenant à l’armée française), étaient tous rescapés de l’enfer des tranchées et démobilisés. Ces soldats et d’autres membres d’équipage, venaient de quitter le quai des Chartrons à Bordeaux. Cela faisait trois jours qu’il naviguaient sur le paquebot « l’Afrique », parti le 9 janvier pour le Sénégal.

TIRAILLEURS

Nous sommes dans la nuit du 12 au 13 Janvier 1920. Au petit matin, le Paquebot « l’Afrique » avec à son bord 599 passagers, arrive au large de l’île de Ré. Depuis son départ, le chef mécanicien (Gaston Bellanger) alerte le Commandant, il lui dit que de l’eau s’infiltre dans le navire. Le Chef de « l’Afrique » ne s’inquiète pas, il ralentit le paquebot et continue sa traversée. Aux premières heures du jour, le 13 janvier, c’est la descente aux enfers. Plusieurs circonstances graves (telles, des tonnes de résidus de crasse entassée qui bouchent les pompes) s’ajoutent à la montée inéluctable des eaux dans la chaufferie. Et c’est l’escalade dans l’horreur. Il fait nuit, il fait froid, le temps est mauvais « l’Afrique » commence lentement a s’enfoncer dans l’eau, les canots de sauvetage sont inaccessibles. La salle des machines est complètement envahie d’eau, le bateau est à la dérive, quand il heurte un bateau-feu, le Ceylan de Rochebonne. Malgré les appels à l’aide, « l’Afrique » disparaît définitivement dans l’Océan Atlantique. 178 tirailleurs sénégalais ont péri, des soldats français du Sénégal.

l'afrique paquebot

Le navire de passagers et de marchandises coule à 40 kms des côtes de la Vendée, au large de l’île de Ré, 21 heures après son  premier signal de détresse. Il gît à 47 mètres de profondeur. Durant trois mois, les recherches ont permis de trouver des corps et des objets de disparus. A part les habitants de la côte Vendéenne, l’histoire du plus grand naufrage maritime rentre dans l’oubli, plus personne n’en parle.
La première guerre mondiale est terminée depuis deux ans. La France qui se reconstruit, à d’autres préoccupations, politiques d’abord, elle prépare les prochaines élections présidentielles, prévues en Septembre 1920.
Pas de lieu de mémoire, pas d’histoire pour ces soldats oubliés de la Grande Guerre

karfa dialo

Karfa Diallo – Président de Mémoires & Partages

Mercredi 27 Janvier 2016, durant une conférence de presse, Karfa Diallo, le Président de l’Association « Mémoires et Partages » a fait part d’une « Lettre », adressée au Président de la République Française, François Hollande et du Maire de Bordeaux Alain Juppé. Dans ce courrier, il demande qu’on n’oublie pas les soldats sénégalais de la première guerre mondiale, englouti dans le naufrage de « l’Afrique » le 13 janvier 1920. Après Dakar au Sénégal, cette exposition mémorielle itinérante sera au mois de Mai, en France, à la Rochelle. Une première étape dans la reconnaissance des 178 naufragés sénégalais.

Dorothée Audibert-Champenois

®photossennews/levoyageur