A 2 ans, il boit de l’acide caustique à sa portée dans un supermarché, il est handicapé à vie

Vues : 3430

Le petit Ayman a perdu l’usage de la parole à cause de graves négligences d’adultes.

Dans le Nord-Ouest de Londres, un procès vient de se terminer avec de graves conséquences pour un commerçant, responsable d’un lourd handicap sur un jeune enfant. La cour a constaté sa responsabilité et celle du fabricant Active Brands Concept Ltd, qui privent Ayman Faisal de toutes ses capacités vocales. Il y a cinq ans, l’enfant absorbait une substance qui contenait de la soude caustique. Ayman qui a survécu à ses horribles blessures, est condamné à vivre avec un tube dans son estomac.

En janvier 2013, Ayman Faisal qui vit à Rusholme, une banlieue de Manchester, a deux ans quand sa mère se rend au Safa Superstore à Moss Side, appartenant à Safiqit Younis. Le petit garçon est attaché dans sa poussette quand sa mère Saira, se détourne de son fils pendant quelques secondes. Durant ce laps de temps Ayman saisit un produit de vidange qui était à sa portée, l’ouvre et boit le liquide toxique.

En se retournant, la mère âgée de 38 ans aujourd’hui, voit « les lèvres d’Ayman devenir bleues et violettes et du sang qui sort de sa bouche ». Saira horrifiée, a pu décrire dans la presse, le moment terrible où elle découvre son fils vomissant du sang : « Je ne comprenais pas, je savais juste qu’il se passait quelque chose de grave ».

En portant secours à son fils Ayman, la jeune femme a également subi de douloureuses brûlures aux mains et aux pieds : « Je me souviens d’avoir hurlé au personnel d’appeler une ambulance pendant que j’essayais d’extraire le maximum de produits avec mes mains. J’étais terrifié. Tout ce que je pensais était « s’il vous plaît ne me laissez pas perdre mon fils ».

Transféré en urgence absolue, dans un centre hospitalier de la ville, Ayman Faisal a passé un mois en soins intensifs et six semaines supplémentaires dans un service général à l’hôpital Royal Manchester pour enfants. cinq ans plus tard, il a toujours besoin de soins 24 heures sur 24 pour gérer sa trachéotomie. Il fréquente l’école Lancasterian de Didsbury et apprend à communiquer en utilisant son iPad et sa langue des signes, peut-on lire dans les colonnes des magazines anglais Metro ou LAD Bible.

Ayman a survécu mais garde des séquelles à vie. Auprès de lui, sa mère l’assiste et tente de le rassurer : « Cela a été un dur combat. Je suis tellement fier de lui après ce qu’il a vécu et j’essaie de rester positif et de m’assurer qu’il le fasse aussi. Il pose des questions pour savoir quand sa trachéotomie va sortir et j’essaie d’être honnête avec lui. »

La famille d’Ayman a intenté une action en justice contre le commerçant Safiqit Younis et le fabricant du produit de vidange. Le juge Craig Sephton a jugé que Safiqit Younis était en partie responsable en juillet 2017. En appel au Manchester Civil Justice Centre, la juge Yip a confirmé le premier jugement.

Selon les documents judiciaires, le fabricant Active Brands Concept Ltd a reconnu sa responsabilité car le bouchon du produit avait été facilement enlevé par l’enfant de deux ans.

Le Safa Superstore de Safiqit Younis est reconnu coupable de négligence, l’enfant ayant réussi à atteindre et à ouvrir une bouteille tirée d’une étagère situé au niveau de sa poussette. Plus grave, le propriétaire n’avait pas de licence appropriée pour vendre la substance toxique qui portait la notification : « Garder hors de portée des enfants ».

« Un règlement financier ne sera pas abouti tant que les effets à long terme de l’état d’Ayman ne seront pas connus » a déclaré la juge en appel.

Alicia Rendell, spécialiste des blessures graves chez Slater et Gordon (le avocats d’Ayman et Saira) dénonce la longueur de la procédure : « Cela a été un long chemin pour Saira d’obtenir justice pour son petit garçon, mais maintenant, enfin, elle a la sécurité de savoir qu’on lui donnera les meilleurs soins possibles et les meilleures chances de s’améliorer ».

Mais Saira, la mère d’Ayman n’a qu’un souhait : « J’aimerais que mon fils redevienne normal. Ce serait un rêve devenu réalité d’entendre à nouveau sa voix, juste pour l’entendre dire maman. J’espère aussi que cela servira d’avertissement aux autres magasins et fabricants pour mettre les produits chimiques hors de portée des enfants. Je ne veux pas qu’une autre famille connaisse les mêmes problèmes que nous. » a ajouté la mère de famille.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
ImageLadBible