A Paris, une haïtienne enseigne l’art du foulard ethnique

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Comment accessoiriser sa coiffure, c’est la question que se pose beaucoup d’afrodescendantes à Paris. Si la technique de s’attacher la tête est courante sur le continent Africain, elle est presque oubliée aux Antilles. L’envie de se réapproprier les coutumes ancestrales est devenue presque une tendance en métropole. Parallèlement à la coiffure nappy, qui prône le naturel, les filles des Antilles et de Guyane sont les plus présentes dans les stands et les salons consacrés à la beauté des femmes noires.

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Stéphara est née en Haïti, elle s’est installée à Paris depuis bientôt deux ans. Et les têtes « marées », les « maré tèt », elle sait de quoi elle parle. Cette initiative lui vient de sa mère, c’est « comme une mémoire culturelle », sa mère haïtienne comme elle, lui a transmis ce savoir-faire.

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Aujourd’hui, on la rencontre dans un Show-case, elle est euphorique de voir les femmes si enthousiasmées par son art. En quelque sorte, c’est son but. Celui de transmettre et d’enseigner à des jeunes filles ou des femmes, comment accessoiriser leur tête avec un tissu. Ce goût de mettre en valeur le tissu, vient de sa grand-mère, une ancienne vendeuse de tissu en Haïti, et de sa mère, une couturière de profession. Un vrai héritage caribéen pour toute cette famille qui vient se pose pour quelques temps dans la capitale française.

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Sa clientèle, des femmes africaines et beaucoup de filles des Antilles et de la Guyane. Elles sont impatientes, elles vont apprendre à nouer le foulard ou tout simplement être conseillées.

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Cette technique d’attacher le foulard, est un vrai fil conducteur entre l’Afrique, pays des ancêtres et la Caraïbe. Les femmes haïtienne plus que les autres filles de l’Archipel antillais nouent leur tête d’un turban ou autre , une manière très rapide de se coiffer. Stéphara souligne que cette méthode, propre à sa mère, n’est pourtant pas spécifiquement haïtienne, « c’est sûrement un legs de son histoire africaine ». Elle nous fait une démonstration du petit kidjo, c’est le petit foulard qui permet une composition plus florale. Le but c’est de vérifier si les visiteuses du stand peuvent refaire la coiffure, mais souvent, les filles se contentent d’apprécier leur style.

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Ici, c’est une guyanaise Fiona. Coiffée depuis un quart d’heure, elle défait sa coiffe et prend un autre tissu. Elle apprend vite Fiona, en effet un tissu court ou long, s’attache, en fonction du style et des cheveux des clientes.

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La coiffeuse haïtienne commence à plier, à tourner, à tordre le tissu court pour créer un nouveau style. Un look qui convient à tous types de cheveux. La preuve, Fiona est une femme mulâtresse, avec des cheveux lisses et légèrement bouclés. Elle a observé que les foulards attachés aux clientes de type européens, avec le même grain capillaire qu’elle, faisaient sensation.

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A travers cette tendance, c’est une nouvelle reconnaissance des techniques qui mettent en valeur la beauté des femmes afrodescendantes. Ces femmes sont toutes ravies de découvrir sur Paris, des professionnel(le)s qui peuvent les accompagner et les guider dans cette nouvelle démarche.

Dorothée Audibert-Champenois

Galerie photos par Dothy A-ChPhotos :

®photos Dothy A-Ch