Attentats jihadistes : Le pire n’aurait pas pu être évité

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Huit mois après les attaques jihadistes les plus meurtrières jamais perpétrées en France, et au terme de quelque 200 heures d’auditions, la commission d’enquête parlementaire sur les attentats rendait aujourd’hui ses conclusions.

Le soir du 13 novembre 2015, Paris vivait trois heures tristement infernales, subissant des attentats simultanés au Bataclan, aux terrasses de bars et restaurants des 10e et 11e arrondissements, et aux abords du Stade de France à Saint-Denis. Bilan : 130 morts, 496 blessés. Dix mois plus tôt, le 7 janvier 2015, douze personnes étaient froidement abattues dans les locaux de Charlie Hebdo, onze blessées. Le lendemain, une policière municipale était tuée à Montrouge, puis quatre autres personnes de confession juive, le 9 janvier, dans un supermarché casher de l’Est parisien.

Parmi les auteurs de ces attaques, ceux de nationalité française étaient connus des services judiciaires, pénitentiaires ou de renseignement. Ils avaient tous été fichés, contrôlés, écoutés ou incarcérés pendant le parcours qui a mené à leur radicalisation. Des menaces d’attentats avaient été proférées en 2009 et 2015 et étaient connues des services de renseignement. Pourtant, le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire, Sébastien Pietrasanta, estime que l’attaque jihadiste du 13 novembre contre le Bataclan n’aurait pas pu être évitée.

« Contrecarrer les attaques aurait supposé que les magistrats instructeurs et les agents des services de renseignement aient gardé, personnellement, en mémoire toutes les cibles mentionnées par les terroristes lors de leurs auditions », selon le député socialiste qui présente aujourd’hui les conclusions de la commission. L’état d’urgence décrété dans la foulée des attentats du 13 novembre à Paris et l’opération militaire Sentinelle n’ont qu’« une portée limitée sur la sécurité nationale ».

Le président de la commission, Georges Fenech, préconise une réorganisation du renseignement autour d’une agence nationale placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créé après le 11 septembre 2001.

« Face au défi du terrorisme international, il faut des ambitions beaucoup plus élevées que ce qu’a mis en œuvre jusqu’à maintenant le ministère de l’Intérieur en termes de renseignement et créer une agence nationale de lutte contre le terrorisme », déclare-t-il.

 

Texte : Mickaël Léonce
Photo : AFP