Autonomie de l’université de Guyane : Serge Letchimy appelle à la concertation

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Letchimy

La rencontre qui a eu lieu ce dimanche 3 novembre entre les différents acteurs de l’intersyndicale et le préfet, Eric Spitz, le recteur, Denis Rolland, et les élus, notamment le Président de Région, Rodolphe Alexandre, avait pour but d’aboutir à une fin de conflit pour la problématique universitaire guyanaise qui dure maintenant depuis plus de 2 mois. Sans véritable entente entre les parties, surtout concernant la date effective de mise en service d’une université de plein exercice, 2015 ou 2017, le projet est cependant officiellement acté, à commencer par l’autonomie renforcée du pôle universitaire de Guyane:

« L’ensemble des revendications a été satisfait en plein accord avec les parlementaires de la Guyane et le président du conseil régional. Dès maintenant, le Pôle universitaire de Guyane est autonome et se dirige de manière inéluctable, vers l’Université de la Guyane, de plein exercice et d’ores et déjà actée par l’Etat. L’administrateur provisoire arrive dès la semaine prochaine, et le conseiller spécial de la ministre aussi. L’ensemble des revendications des étudiants a été satisfait par tous les partenaires, comme en atteste le projet de protocole d’accord. »

Pendant ce temps, tandis que le vice-président du pôle Guyane de l’UAG, Jean-Marie Fotsing, refuse de quitter ses fonctions malgré la nomination d’un administrateur provisoire en lieu et place de la gouvernance actuelle, c’est la présidente de la Région Guadeloupe, Josette Borel-Lincertin, qui elle aussi, réclame auprès de Geneviève Fioraso « une université de plein exercice » pour le département avançant entre autre le pilotage trop compliqué d’une université répartie sur trois pôles, les coûts de fonctionnement trop importants ou encore le besoin de dispenser certaines formations sur place.

Serge Letchimy, président de la Région Martinique, s’est exprimé sur le sujet dans une lettre adressée à Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, regrettant une décision fortement susceptible de fragiliser l’avenir de l’ensemble des pôles universitaires de l’UAG :

Madame la Ministre,

J’ai appris par voie de presse la teneur de votre communiqué concernant l’avenir du pôle universitaire de Guyane. Il précise que, outre la nomination d’un administrateur provisoire et le rééquilibrage de l’encadrement pédagogique en faveur du pôle de Guyane, l’autonomie renforcée du pôle universitaire de Guyane sera mise en place dès 2014 et que cette autonomie renforcée constitue la première étape vers la création d’une université de plein exercice.

Si cette décision va dans le sens du  renforcement souhaitable de l’autonomie interne des différents sites, elle impacte cependant fortement, non seulement la gouvernance actuelle de l’UAG mais aussi l’avenir des trois sites de l’université Antilles-Guyane, et la place susceptible d’être réservée à l’université, tant au niveau de l’enseignement que de la recherche, dans les trois régions.

Face à l’importance de ces enjeux, il m’apparaît nécessaire d’engager, avant toute décision définitive, de larges consultations tant avec les différentes composantes de l’UAG qu’avec les représentants politiques des trois régions impactées par ces décisions.

Il s’agira d’examiner avec attention les conséquences des différentes options envisagées, aussi bien pour les étudiants et la qualité de l’enseignement dispensé, que pour le dynamisme des activités de recherche, à un moment où l’innovation apparaît plus que jamais nécessaire à nos territoires.

En ce sens, j’invite, en urgence, à une concertation élargie entre tous les acteurs concernés à un moment et à un lieu que je laisse à votre convenance.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.

Le président du conseil régional

Serge Letchimy

En attendant plus de précisions sur la mise en place de cette loi, les grévistes reconduisent leur mouvement ce jeudi 7 novembre en Guyane qui sera suivi d’une nouvelle assemblée générale.

En Martinique, la communauté universitaire semble totalement hostile au démantèlement de l’UAG. 

Le campus de Schoelcher a connu hier une journée de débrayage à l’appel des étudiants, largement soutenus par les enseignants et le personnel administratif. Tous s’inquiètent d’un démantèlement de l’université des Antilles et de la Guyane

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