Black Art Store : Un jeune martiniquais crée son magasin de Luxe éphémère et mobile à Paris

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Visiteurs, expositions et musique salsa cet après-midi du vendredi 21 juillet au 20 rue Saint-Claude à Paris au « Nil de Paris »

Le projet d’Axel Augustin est clair : « Il faut que les autres connaissent ma culture, comme moi je connais leur culture ».

Une volonté qui part de ce constat : « Je mange du japonais, mais eux, ils ne mangent pas antillais ».

En conclusion, Axel Augustin ancien conseiller de ventes, crée le « Nil de Paris », en référence à ce grand fleuve égyptien, qui lui permettra de : « Démocratiser ma culture, permettre à tous les autres d’intégrer dans leur quotidien quelque chose de ma culture», c’est le rêve d’Axel Augustin.

A Black Art, pour cette première édition, ils sont d’Afrique, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire,du Cameroun, d’Éthiopie.
Ils sont des Antilles, de la Martinique, de la Guadeloupe, ou de Sinnamary en Guyane.

Ces afropéens, afro-descendants, panafricains, antillais ou afro-américains étaient tous ensembles, du 21 au 23 juillet dernier, réunis dans un même local à l’initiative de « Nil de Paris » pour un week-end parisien de prestige.

L’originalité de cette rencontre Black Art c’est un jeune originaire de Sainte-Marie et du Marin à la Martinique qui nous l’explique. Pour l’antillais bachelier en communication et diplômé dans le tourisme, il s’agit de : « Faire connaître les richesses des cultures noires », un devoir qu’il s’est fixé, il y a deux ans déjà.

Pour cela, nous résume Axel Augustin, il est important de : « Valoriser l’authentique », ne pas dénaturer nos créations en aliénant leur origine. Le challenge du jeune homme : « Exposer et offrir à toutes les communautés et surtout à la communauté noire, tous les produits réalisés par les noirs, des réalisations de qualité, tous uniques donc des pièces rares mais de luxe !». « Les personnes qui viennent chez nous auront des services originaux et uniques. Tout le monde ne pourra profiter de la même pièce ou du même service » précise le jeune fondateur.

Pour la première édition Week-End Black Art, Axel Augustin a choisi un quartier du troisième arrondissement, le plus élitiste en matière d’Art et de Galerie et en boutiques éphémère depuis quelques temps. Au 20 de la rue Saint-Claude, le créateur de la boutique événementielle, le « Nil de Paris », a ouvert son « magasin mobile » pour trois jours de découverte de sensations, de couleurs, de défilé, de vente privé, d’expositions, de prêt-à-porter, d’accessoires, de cosmétiques, le tout sur une seule thématique, la thématique de la culture noire.

Car le but de « Nil de Paris » inauguré le 2 novembre 2016, c’est de : « Créer une synergie sur un site localisé qui permettrait à toutes les communautés et surtout la communauté noire de pouvoir consommer les produits, les services et les richesses de la culture noire » nous indique Axel Augustin.

Le Week-End Black Art Store, c’est trois jours pendant lesquels, les organisateurs proposent des événements éphémères et nomades. L’objectif de ces « rencontres mobiles » est de concrétiser des « événements tous les deux mois sans jamais revenir au même endroit » précise le fondateur du Black Art.

Ce jeudi 21 juillet, nous sommes conviés à la journée de lancement, qui est une première pour le les organisateurs du « Nil de Paris » qui réunit sur deux étages, des artistes peintres, des stylistes, des spécialistes de la beauté noire, des artisans ou des designers.

Ouvert dès 9h30, il est 13heures quand nous arrivons à la porte du Black Art Store. Comme nous des visiteurs curieux sont dans la boutique et découvrent le concept du Black Art. Dans ce Show Room, Axel Augustin a sélectionné en plus des vêtements réalisés par des stylistes africaines, des gammes de produits traditionnels et ancestraux à base de Karité qui dès l’entrée retiennent l’attention des clients. La marque « Essences d’Ailleurs » a été créée par Assanata Zampaligre et s’adresse à toutes les peaux, claires, métisses ou noires.

Avant de tester ces produits conçus pour les hommes et les femmes « qui sont attentifs à leur santé et à leur beauté », nous descendons au sous-sol du magasin.

L’occasion de découvrir deux femmes peintres, qui peignent des femmes. Léa et Laurie-Anne sont toutes deux autodidactes du pinceau. Mais fortement prédisposées aux beaux dessins, elles ont su, grâce à leurs dons innés, trouver leur style et leurs propres codes pour faire de leur chef d’œuvres des pièces uniques.

Léa-Paloma Rydlova aiment reproduire les femmes noires dans leur diversité, antillaises, africaines, musulmane.

Elles sont caricaturées, réalistes  ou abstraites, gaies ou en pause, les femmes de Léa-Paloma sont généreuses et vives, les couleurs qu’elle choisit sont lumineuses . Comme cette négresse aux lèvres jaune soleil.

A ses côtés, Laurie-Anne Bracciano. La jeune peintre martiniquaise n’est pas à sa première exposition. Zen et ayant adoptée la philosophie rasta, la métisse de Martinique et de Guyane est une « Femme du monde », comme elle se définit. Ces femmes sont sereines.
La jeune antillaise qui dit être attachée à la Guyane, le pays de sa mère, mélange dans ses créations,
peinture et tissu.

Laurie-Anne Bracciano, LO Bassie de son nom d’artiste. anoblit les femmes qu’elle peint avec des châles, des voiles ou de larges tissus drapés qu’elle pose avec pudeur sur ses tableaux.

Plus haut, au premier étage, Grâce du Congo Brazaville reçoit les visiteurs du « Nil de Paris ». La jeune fille en lien avec les antillais (des amis rastas) qu’elle découvre en Éthiopie à Addis-Abeba durant dix ans où elle y vit, se dit fière « de ce brassage des cultures » en terre africaine. Aujourd’hui, c’est sa jeune sœur qui termine ses études à la Martinique.

Précieusement conservé dans des boîtes estampillées « Essences d’Ailleurs », le karité est décliné dans toute la gamme de produits de beauté. Ses bienfaits sont connus, le fruit transformé est hydratant.

En beurre pur, il sera destiné aux lèvres, aux soins du corps et des cheveux. Les huiles végétales, et les savons pour le visage et le corps complètent la gamme de produits réalisés artisanalement par des femmes productrices du Burkina Faso.

Des produits de beauté 100% naturels mais aussi des collections en bois sculptés par des associations d’artisans handicapés, sont au Black Art Store : « dans une démarche de qualité et de respect de la tradition » note la carte de visite d’Essence d’Ailleurs.

Plus loin dans le magasin Black Art Store, Christiane Waffo, expose ses créations originales de boutons, de boucles d’oreilles, de bracelets, qui sont encore des modèles uniques dessinés par la créatrice.

Un an de création et déjà quatre expositions pour la jeune femme qui vit à Puteaux dans les Hauts-de-Seine.

Dans sa boutique de vente de vêtements africains, Anaïs élargit son offre et propose des cours de couture en ligne. Depuis dix ans, la styliste ivoirienne a affiné ses coupes et l’autodidacte ose des cours d’initiation à la couture en e.learning.

Thierry N’Sango et Axel Augustin sont complices.

Thierry N’Sango est un ami particulier de l’ancien conseiller de ventes, il a suivi la mise en forme du projet de son ancien collègue Axel Augustin.

Mais la véritable associée d’Axel Augustin, le fondateur du magasin événementiel (Black Art Store) est Marielle, son épouse. La jeune martiniquaise, Marielle Augustin, ancienne Credit Management Finance à la BPI de Maison Alfort a quitté ce poste en février dernier, pour devenir la collaboratrice clé du créateur de « Nil de Paris ».

Au programme des trois jours de Black Art, des défilés de modes, une vente privée, un goûter, un cocktail et des expositions de 9h30 à 18h30 dans le Marais à Paris.

La prochaine et seconde édition de Week-End Black Art est prévue au mois d’octobre prochain « sur un site encore plus qualitatif », conclut le concepteur de l’événement parisien.

Pour Axel Augustin, le créateur de Black Art, il est important de se positionner sur le marché du luxe et d’offrir aux clients des Week-End Black Art Store, des produits authentiques et de qualités. Ses prochains rendez-vous sont publiés sur la page Facebook du « Nil de Paris ».

 

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Images et vidéo C’news Actus Dothy