Cannes : Les films antillais en course pour le Dikalo Award au Festival Panafricain

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Promouvoir la culture des Africains et des Afro-descendants, qui vivent hors du Continent Africain, c’est le but du Festival International du Film Panafricain. Des réalisateurs du monde entier sont venus porter leur contribution à une entreprise encore jeune et peu médiatisée.

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Quatre réalisateurs des Antilles françaises sont en piste pour les Dikalo Award (qui veut dire message). Le Guadeloupéen Samuel Tanda avec « San Konbin » un court métrage de 22mn, « Chimin Lanmou », un documentaire de 52mn, deux longs métrages « Martinique Bikini »  et le plus ancien, « Héritage Perdu ».

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Cinq jours de débats, d’échanges, de rencontres et de découvertes de talents. Les invités de la Caraïbe, de l’Afrique et d’Europe se sont donnés comme directive, soutenir l’action de Basile Nguangue Ebelle, le Président et Fondateur du Festival « simple » nous dit le franco-camerounais. Après 5 jours de projection, le jury du Festival Panafricain remettra le Dikalor Award au meilleur film réalisé en 2015, au meilleur acteur et meilleure actrice et un prix spécial celui du Public. Dans les catégories suivantes, Film, Documentaire et Courts Métrages.

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Hier soir, (samedi 16),  le Festival International du Film Panafricain a ouvert ses portes avec panache. La cérémonie d’ouverture dans l’immense Auditorium Californie, quoique retardée d’une heure a été un immense succès. Un cadre qui n’a pas démérité face au prestigieux Festival de Cannes sur la Croisette. Dans le magnifique site du Novotel, Avenue Beauséjour, ce Gala d’ouverture a rassemblé un public de cinéphiles et de nombreux fidèles de l’événement.

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Le Président du Festival, Basile Nguangue Ebelle a ouvert la 13ème édition avec un discours plein d’émotion. Cet ancien enseignant a  reconnu le dynamisme de sa toute nouvelle équipe. Basile Nguangue Ebelle a brossé un bilan des années passées à créer et peaufiner cette rencontre panafricaine. Aujourd’hui il passe le relais à la nouvelle génération plus jeune plus réactive dans le numérique. Le Président a félicité tous les nominés et participants. Dans son discours, il a exhorté la jeunesse d’Amérique du Nord, d’Afrique et de la Caraïbe à produire plus et surtout de « belles œuvres cinématographiques ».

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Après Chapa, chanteur de reggae de la Dominique, la séance a débuté avec « J’appelle Poésie » de Laurène Depeytre, un documentaire de 3mn48s qui célébrait la poésie afro-descendante sous forme d’ un patchwork d’images sur l’histoire tumultueuse des originaires d’Afrique, éparpillés sur les 3 continents.

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Les réalisateurs ont présenté leur long ou court métrage mais avant ça, les 9 membres du Jury 2016 ont brièvement salué la salle, en anglais voire même en portugais. Ils sont originaires de Belgique, du Cameroun, de France, des USA, tantôt Journaliste-Grand Reporter de France Télévisions, Guillaume Martin ou  Actrice-Réalisatrice comme Ayana O’Shun, auteure de la « Main Noire ». Un docu-fiction présenté dans des Festivals, qui raconte l’histoire d »une esclave accusée d’avoir brûlé la ville de Montréal en 1734.

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En course pour les Dikalo Awards, des réalisateurs de la Martinique et de la Guadeloupe.
Leurs auteurs n’étaient pas tous présents à la soirée d’ouverture pour des raisons financières, des absences remarquées. Le service de la communication a rassuré le public, en annonçant que les réalisateurs des Antilles francophones seront présents lors des projections. Quant à Basile Nguangue Ebelle, le Fondateur du Festival, alerté sur le nombre de films des Antilles francophones,il  a déploré le peu de réalisation qui lui parvient.
Au total sur une cinquantaine d’œuvres cinématographiques inscrites au Festival du Film Panafricain, seuls quatre productions vont cette année, représenter les îles de Martinique et de Guadeloupe du 16 au 20 avril.

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« Chimin Lanmou », dans ce documentaire de 52 mn de Yannis Sainte-Rose. En 2016, l’association martiniquaise Jahair se rend en Haïti pour une mission humanitaire à Saint-Marc. Les membres de cette structure sont accompagnés d’étudiants d’une école de Relations Internationales à Paris.

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« Héritage Perdu », l’indéboulonnable réalisateur guadeloupéen a réalisé cette fiction en 2009. Il raconte dans ce film l’histoire d’un cultivateur qui s’interroge sur l’héritage que lui a transmis ses ancêtres africains.

« Martinique Bikini », réalisé par Dominique Fischback. Un histoire un peu légère mais plein d’humour. Une jeune femme Aimée, elle vit à Ducos, commune de Martinique et se prépare à concourir au titre de  Miss Bikini. Un documentaire de 52 minutes, tourné en 2015.

« San Konbin », Samuel Tanda a écrit et réalisé ce documentaire de 25mn en 2015. C’est l’histoire de Kevin un jeune dealer notoire, qui vit entre la justice et le crime. Une rencontre mettra fin à cette oisiveté de petit dealer.

Beaucoup d’autres long métrages sont annoncés comme « Aisha » un film tanzanien de Claude Omar, « Sound of tears » de Dorothy Atabong, « Trafficked » de Sean Hodgkinson de Trinidad & Tobago, « Traversée des Mondes de Frankétienne » de Arnold Antonin,et « Somos Cuba » de David Rybojad ou « Zydéco Breakfast » de Thomas Uhl, qui explore la musique et la culture de Zydeco Nation (des créoles du Sud-Ouest de la Louisiane).

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Mais le favori du Festival semble être Jéricho, le Film de la réalisatrice américaine Seckeita Lewis, présenté à l’ouverture du Festival hier soir. L’histoire de deux jeunes hommes dans l’époque d’une Amérique raciste, où le syndrome « Jim Crow » planait malgré l’annonce de la signature des Droits civiques.

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Basile Nguangue Ebelle, Président et Fondateur du Festival en 2003, et son équipe dont Michel Coursil de la Martinique, sait que cette mobilisation portera ses fruits.
La définition du Panafricanisme est claire pour cet idéaliste. Il s’agit d’encourager la solidarité entre les populations issues du monde africain. Un mouvement culturel qui vise à unir les Africains et les Afro-descendants, qui sont hors du continent noir. Il insiste sur l’engagement du Festival, à aider et à faire connaître ces productions choisis pour le Festival. Les Dikalo Awards sont décernés le mercredi 20 avril à l’Auditorium Californie, avant le Gala de clôture. Un hommage particulier sera rendu au réalisateur et scénariste Sidiki Bakaba pour l’ensemble de son œuvre. La comédienne guadeloupéenne Firmine Richard, est attendue.

Le film du guadeloupéen Christian Lara, « Héritage Perdu » fermera cette 13ème édition du Festival International du Film Panafricain. (Dorothée Audibert-Champenois)

photos Dothy A-Ch