Caraïbe – Sargasses  : Pire que 2011, Situation catastrophique, « Urgence nationale » à la Barbade, les scientifiques n’y comprennent rien non plus !

Vues : 2298

Les dirigeants caribéens sont désarmés, les scientifiques étudient les causes de la proliférations des algues brunes mais n’en trouvent pas la cause, dans le même temps, les hommes sont malades, décèdent et les animaux meurent.

« En ce moment, il y a une grande masse qui affecte Porto Rico, et c’est la dernière chose dont ils ont besoin » décrit un scientifique. Le gouvernement de la Barbade, vient de déclarer que son île en situation d’urgence nationale depuis le 7 juin remarquent les chercheurs de Oceanography Plants & Animals, qui viennent juste de publier leur conclusion sur les effets du sargassum dans la région Caraïbe.

Des scientifiques de tous pays, s’inquiètent de la prolifération des algues brunes, des observations qu’ils ont collecté et publié dans la revue Oceanography Plants & Animals. Leurs analyses sont alarmantes et ils décrivent une situation pire qu’elle ne l’était en 2011, date de l’apparition des algues brunes.

Avant d’inonder les côtes de la Caraïbe, avant 2011, les algues Sargasse se trouvaient principalement en haute mer, dans la mer des Sargasses, une zone de l’Atlantique Nord entourée de courants océaniques où passent les anguilles.

En 2011 la première vague d’algues brunes, cumulant des mètres d’épaisseur par endroits, a échoué sur les plages des Caraïbes, piégeant les tortues de mer et remplissant l’air de la puanteur des œufs pourris. « Nous n’avions jamais vu cela auparavant » rapporte Hazel Oxenford, biologiste des pêches à l’Université des Indes occidentales de Cave Hill, à la Barbade.

A l’époque, c’était un coup dur pour le tourisme et la pêche mais aujourd’hui, la Caraïbe se prépare à ce qui pourrait être, des records d’invasions d’algues.

Comme de nombreux scientifiques qui tentent d’expliquer pourquoi une partie de l’océan (qui était autrefois exempte d’algues est maintenant envahie par les sargasses), James Franks, un biologiste de l’Université du Southern Mississippi à Ocean Springs, observe que la situation est « catastrophique ».

Les données de mai 2011 relevées par Jim Gower, un expert en télédétection de Pêches et Océans Canada basé à Sidney, en Colombie-Britannique, ont montré une énorme quantité de plantes flottantes, au large des côtes du Brésil. En septembre de la même année, elle s’étendait des Caraïbes jusqu’à la côte de l’Afrique.

En ce moment, la zone source est encerclée par des courants tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, de l’Amérique du Sud vers l’Afrique et inversement. De janvier à mai, cette boucle, fleurit et grandit, et se dirige de la côte brésilienne vers les Caraïbes.

« Personne n’a de réponse claire » se lasse un scientifique. « Les apports d’éléments nutritifs provenant du fleuve Amazone, qui se déversent dans l’océan à l’endroit où les algues ont été repérées pour la première fois, peuvent avoir stimulé la croissance des algues sargasses ». Mais d’autres facteurs, y compris les changements dans les courants océaniques et l’augmentation des dépôts de fer provenant des poussières en suspension dans l’air, sont également plausibles, expliquent d’autres chercheurs.

Certains indices peuvent provenir de l’algue elle-même. Selon Amy Siuda, océanographe biologique à l’Eckerd College de Saint-Pétersbourg, en Floride, qui a examiné des centaines d’échantillons, la majeure partie des algues qui fleurit au large du Brésil a des pales plus larges que l’algue de la mer des Sargasses. Comprendre les conditions qui favorisent sa croissance pourrait être la clé pour expliquer la prolifération, insiste Amy Siuda.

Pour Iris Monnereau, coordinatrice régionale du projet pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture à Christ Church à la Barbade., les proliférations visibles par imagerie satellitaire, surpassent celles des années précédentes.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
ImagesOceanography Plants & Animals/Pinterest/libération