Centre hospitalier universitaire de Martinique : suppression de 800 postes

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CHU-Martinique-Fort-de-France

Inutile de rappeler la catastrophe financière qui  gangrène le CHUM depuis  de trop longues années. Plus de 100 millions de dettes et jusque-là aucune porte de sortie sérieuse. Des factures impayées, du matériel manquant, une carence cruelle en produits de soin… Bref, l’hôpital martiniquais est moribond. Malgré cette traversée tragique de l’hôpital public, Christian Ursulet, le directeur de l’ARS, se veut rassurant.

Il n’y aura pas de miracle, ce n’est pas un secret, mais il faut tenter le retour à l’équilibre. Il insiste, il n’y aura pas de licenciements ni de plan social drastique, il faut se donner les moyens d’accompagner les salariés dont les postes seront supprimés. 800 postes supprimés d’ici un an, ce n’est pas rien, mais c’est un passage obligatoire pour le retour à l’équilibre.

Alors comment l’ARS compte- t-elle préserver les salaires et éviter la crise sociale ? Pas évident avouent les createurs de cette stratégie, mais ce sauvetage devra passer par la formation, la reconversion ou le départ volontaire des agents concernés.

Ce lundi 17 mars, une convention a été signée entre l’ARS, l’ANFH et le CHUM. La raison première à ce partenariat repose sur la question des finances. La situation économique catastrophique du CHUM, l’oblige à s’associer à l’ANFH pour la gestion de la dotation de l’ARS qui s’élève à 25 millions d’euros. Si cette somme est versée sur le compte du CHUM, il est immédiatement englouti dans le marasme.

L’ANFH est donc chargée de gérer les fonds exclusivement destinés à l’accompagnement des agents hospitaliers menacés de perdre leur poste. Hors convention, vient s’ajouter la CLASMO, une association nationale pour la formation des agents hospitaliers. Créée en 2013, lors de la fusion des hôpitaux publics de Martinique, son fonctionnement est très timide.

Seulement 25 agents ont pu bénéficier d’un accompagnement pour formation, une reconversion ou une mobilité. La DRH, explique que cette lenteur est due au fait que cet outil est nouveau pour eux et surtout à cause du financement de ĺARS arrivé en fin d’exercice… trop tard. Elle espère être mieux armée pour orienter les près de 1000 salariés qui auront besoin de se retourner professionnellement, socialement et économiquement lors de la suppression de leurs postes.

Le Centre Hospitalier Universitaire de Martinique emploie environ 5500 personnes, en 2013, 130 postes ont été supprimés. Chaque année, il y a 300 départs à la retraite, mais l’histoire ne dit pas si la carence en personnel aura des incidences sur la prise n charge des malades qui laisse dejà à désirer…