Christiane Taubira demande « la vérité » sur le génocide Rwandais de 1994

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Peut-être une nouvelle enquête sur le conflit rwandais. Sur France Info aujourd’hui, Christiane Taubira, l’ex-garde des Sceaux français appelle à la déclassification des archives relatives à la guerre au Rwanda. Elle demande à ce que « la vérité » soit connue sur l’origine du génocide rwandais de 1994. C’est par un tweet que l’ancienne Ministre de la justice a lancé cet appel.

En 1994, plus qu’un énième conflit entre rwandais, la guerre interethnique entre les Hutus et les Tutsis d’Avril à Juin 1994, a coûté la vie à 800 000 personnes innocentes. Des rwandais tués à coup de machettes durant trois mois, une des plus grandes tueries du XXème siècle.

Il y a vingt deux ans, le pouvoir extrémiste Hutu à la tête du Pays depuis 1962, programmait l’élimination des Hutus modérés et l’extermination totale des Tutsis, des vieillards, des bébés, des femmes et des jeunes filles(10% de la population), des hommes et des femmes abandonnés à une mort certaine et méthodiquement préparée.

Un crime soigneusement élaboré (listes administratives, maisons repérées, ennemis intérieurs), selon le cerveau de l’opération, Théoneste Bagosora, il s’agissait de bien « préparé l’Apocalypse ».
le 6 Avril 1994, l’avion du Président Hutu Juvénal Habyarimana explose en plein vol, abattu par un missile sol-air, alors qu’il s’apprêtait à atterrir à Kigali, la capitale rwandaise. Ce sera le point de départ de cent jours de terreur au Rwanda.

Les prémices de cette épuration ethnique sont connus du Gouvernement français (Christophe Barroni/1995) depuis 1990. Pour préserver l’influence française en Afrique, le Conseiller de l’Afrique à l’Elysée, Bruno Delaye et l’entourage de François Mitterrand auraient feint d’ignorer le projet du Président en place Juvénal Habyarimana. L’urgence était d’endiguer toute avancée politique du parti FPR (le Front Patriotique Rwandais) de Paul Kagame, l’actuel Chef d’État du Rwanda.

Malgré les dénonciations des défenseurs des Droits de l’homme, les puissances occidentales son toujours restées sourdes à cette épuration ethnique qui a commencé depuis la période de décolonisation.
De 1959, 1961, 1963 (le Noël rouge), 1973, 1990, jusqu’en 1994, des « Tutsis » ont été massacrés en toute impunité.

Dorothée Audibert-Champenois