Cinéma-Guadeloupe : Pour Jean-Claude Barny, «Tourments d’Amour est un très beau film » 

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Boulevard Saint-Germain, en plein quartier latin, le cinéma indépendant d’Art et d’Essai  Saint-André des Arts, affiche, parmi plus d’une vingtaine de production, le film antillais « Tourments d’Amour » de la réalisatrice guadeloupéenne Caroline Jules (à gauche ci-dessous).

Pour soutenir cette première représentation ce mercredi 7 juin, une partie de l’équipe technique était présente dont Stana Roumillac, une des deux comédiennes principales de la production.

Mêlé aux spectateurs et amis qui se sont déplacés, Jean-Claude Barny, le réalisateur du « Gang des Antillais », n’a pas manqué de saluer, amis et connaissances de « Tourments d’Amour ». En fin de séance, il nous livre ses impressions «  Dans ce film qui est une tranche de vie, tout se tient, tout est cohérent. Les moments de silence sont justifiés. le travail des acteurs est très bien. C’est un film courageux. Un très très joli film » a commenté le réalisateur guadeloupéen.

Ticket en main, impatients, les spectateurs se dirigent vers la salle 2 du Cinéma Saint-André des Arts. Prévu à 13 heures, la première projection à Paris de « Tourments d’Amour » a débuté un quart d’heure plus tard, ce mercredi 7 juin, quand Caroline Jules, Stana Romillac, et les autres spectateurs ont occupé la salle dédiée au film produit par Ron Dyens de Sacrebleu productions. Installé au 30 rue Saint-André des Arts, dans le sixième arrondissement de la capitale parisienne, le cinéma créé en 1971 par le charismatique Roger Diamantis, est un lieu devenu indispensable pour les films d’auteurs comme celui de l’antillaise Caroline Jules.

Avec Danièly Francisque, Stana Roumillac, Christophe Bangoly et Harry Baltus, la cinéaste guadeloupéenne (Caroline Jules) a mis en scène, « avec courage » selon un spectateur, les relations conflictuelles dans une famille antillaise. « Une histoire sociétale » qui pourrait concerner beaucoup de famille européenne, africaine ou américaine. Les quatre individus se retrouvent seuls dans un paysage idyllique, coloré qui invite au repos, à l’apaisement. Mais, dans ce huis clos en pleine nature, c’est malheureusement autour d’un repas traditionnel de famille, que les tensions, les non-dits, les frustrations, les peurs et les souvenirs doux comme la pâtisserie antillaise « tourments d’amour », déchirent trois êtres qui s’aiment à leur manière.

L’histoire se déroule durant 53 minutes à Terre-de-Haut, aux Saintes, une des dépendances de la Guadeloupe.

Vanessa (Stana Roumillac) qui arrive du petit port, est heureuse de revoir sa grande sœur Myriam (Daniely Francisque) dans la case créole au bord de mer, celle de leur grand-mère. Sans la prévenir, la maîtresse de maison actuelle (Myriam) invite leur père, Gaby (Christophe Rangoly) à un repas familial, ce sera le célèbre court bouillon de poisson, pimenté, accompagné de riz blanc. Pour l’heure, les acras cuisent sur le feu et la jeune sœur mâchonne du citron vert quand la situation « tourne court ».

Seulement, Vanessa (Stana Roumillac), hostile à l’arrivée de son père, se rebelle contre sa sœur Myriam qui fait mine d’oublier un passé trouble entre elles. Une scène éclate entre Myriam (Danièly Francisque) et son mari Fabrice (Harry Baltus), une nouvelle crise qui n’apaise pas les tensions qui s’installent et pèseront pendant le déjeuner familial. Le drame arrive.

Dans ce court métrage « qui a mis du temps pour exister » souligne la réalisatrice Caroline Jules, les acteurs guadeloupéens, martiniquais ou guyanais sont justes dans leur rôle respectif et on oublierait que Gaby, d’origine martiniquaise n’est pas un professionnel du cinéma, tant la composition de son personnage est d’une grande maîtrise.

L’acteur connu sous le nom de « papa slam » sur son île, est un maître de la « parole créole » (un paroleur), qui manie avec aisance les mots sur les scènes de Festivals où de rencontres culturelles.

Tous les acteurs de « Tourments d’Amour », s’expriment en créole, l’occasion pour les différents acteurs de comparer avec humour leur créole respectif qui peut varier d’un département à l’autre.

Au clap de fin, après avoir longuement ovationné le film de Caroline Jules, les commentateurs ont tous loué le rendu cinématographique exceptionnel, la beauté du décor, la lumière et le son. Des effets réussis qui font de ce court métrage « un joli film » conclut Jean-Claude Barny. La chef monteuse du film (Sophie Bousquet), le chef opérateur (Stéphane Petit), le mixeur (Thierry Delor), et le compositeur (Laurent Ganem) ont remercié le public de la salle 2 du cinéma Saint-André des Arts.

Un mois et demi qu’il est sur le marché du film, et « Tourments d’Amour » a déjà une jolie carrière : Grand Prix Meilleur Long Métrage (Houston Black Film Festival 2017)

Prix du Meilleur Film Etranger (Houston Black Film Festival 2017)
Prix de la Meilleure Photographie (Houston Black Film Festival 2017)
Grand Prix Court Métrage ( Palm Bay Caribe FF2017)
Prix de la meilleure photographie (Palm Bay Caribe FF 2017)

Le court métrage caribéen de Caroline Jules, entièrement joué par des ultramarins, financé par le CNC outremer, le CNC à l’aide au programme, la Région Guadeloupe, sera projeté à 13h au Cinéma Saint-André des Arts, tous les jours de la semaine durant le mois de juin, sauf le mardi.

La comédienne Stana Romillac a écourté le tournage d’un« pilote » d’une série télévisée pour être complètement disponible durant les projections de « Tourments d’Amour ». La nouvelle série TV qui se déroule entre la ville de Toulon et la Guyane est réalisée par Philippe Bonnifait. La suite pour l’actrice, ce sera encore un rôle dans une autre série et sans doute, espère l’actrice, un long métrage sur sa terre natale, la Guyane.

Écoutez STANA ROMILLAC qui décrit son travail d’actrice et CAROLINE JULES, « très fière de ses acteurs et de l’équipe du film « Tourments d’Amour » :

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Photos C’news Actus et Capture d’écran