Cinéma/Fespaco : Les réalisateurs antillais sont en Afrique pour la palme d’or africaine du cinéma

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Le Fespaco, c’est le rendez-vous du cinéma sur le continent africain. La palme d’or qui est l’étalon d’or de Yennenga récompense la meilleure œuvre cinématographique de la sélection officielle. Le festival a lieu tous les deux ans au Burkina Faso. Les Antilles faiblement représentées, seront cette année dans la compétition face à de nombreux films africains majoritairement francophones.

Ce samedi 25 février, c’est le coup d’envoi à Ouagadougou de la 25ème édition du Fespaco.
Durant huit jours, 150 films seront présentés dans cinq compétitions. Le samedi 4 Mars le trophée le plus prestigieux du cinéma africain, l’étalon d’or de Yennenga, sera remis au vainqueur qui remportera la palme d’or africaine du cinéma.

Cet étalon d’or de Yennenga qui identifie une femme guerrière sur un cheval cabré, une lance à la main, représente le mythe fondateur de l’empire des Mossés. Une ethnie majoritaire au Burkina Faso.

Durant toute la semaine que dure cette fête du cinéma, environ 100 000 spectateurs sont attendus. Plus de 450 séances de projections sont prévues dans 9 salles de projections.
900 films sont inscrits, dont des films hors compétitions, et 150 films concourent dans cinq catégories : La compétition des films de longs métrages (Étalon d’or), la compétition des films de courts métrages (Poulain d’or), la compétition des films documentaires, la compétition des séries télévisées et la compétition des films des écoles africaines de cinéma.

La capitale Ouagadougou accueille aujourd’hui la Martinique, la Guadeloupe et Haïti. Une occasion pour les réalisateurs et comédiens antillais d’aller à la rencontre de ce « grand marché » du cinéma africain. Sous la présidence de Nour Eddine Sail du Maroc, scénariste , critique de cinéma et du directeur de festival, trois jurys différents sont constitués pour apprécier les films et désigner les lauréats.

Deux films de la Guadeloupe et un film de la Martinique sont en compétition cette année.

Compétition officielle (Étalon d’or) : Fiction long métrage

Le gang des Antillais de Jean Claude BARNY (Guadeloupe)
Ce film est tiré d’une histoire vraie c’est celle de Loïc Lerry alias Jimmy Larivière dans le film qu’a réalisé le cinéaste guadeloupéen Jean-Claude Barny. Une histoire dure qui démarre avec cet espoir que nourrissaient beaucoup d’antillais et de réunionnais dans les années 1960 à 1970, celui de croire que le Bumidom pouvait être la solution d’un avenir meilleur. Beaucoup de ces immigrés, bronzés, cheveux crépus, accent d’ailleurs, sont arrivés sur le sol métropolitain et ont été déçus pour la plupart. Loïc Lerry (Jimmy Larivière) a été de ceux-là, avec ses amis, il plonge dans le grand banditisme, se rebelle, écrit. Puis le martiniquais est jugé et s’en va chez lui pour se refaire, marin-pêcheur pour vivre, il devient finalement aide-soignant.
Son histoire adapté au cinéma sera en compétition pour le plus beau trophée africain, celui de l’étalon d’or de Yennenga.

Compétition officielle (Poulain d’or) : Films documentaires

Héritiers du Vietnam d’Arlette PACQUIT (Martinique)
Ce documentaire montre le parcours de certains hommes martiniquais qui de 1946 à 1955 sont partis jeunes au Vietnam pour l’effort de guerre. Après la guerre d’Indochine, ils avaient le choix de rentrer en Martinique ou de rester au Vietnam. Certains sont revenus au pays avec leur femme vietnamienne et y vivent. Ce sont ces histoires que raconte Arlette Pacquit, la réalisatrice martiniquaise.

Compétition officielle (Poulain d’or) : Films documentaires

Citoyens Bois D’ébène de Franck SALIN (Guadeloupe)
« Depuis que j’ai 4-5 ans, je connais l’histoire familiale. Papa nous racontait cet aïeul Georges dit Boriqui né en Afrique, esclave transporté sur les bateaux négriers (…). Georges Boriqui a vécu avec trois compagnes: la peur, la colère et la mort. Et c’est dans ce contexte qu’il s’édifie, se fortifie et devient un survivant »
Le fil rouge du film est tendu grâce au médecin Emmanuel Gordien qui se lance sur les traces de son ancêtre africain. Et, c’est le réalisateur guadeloupéen qui met en scène cette étonnante rencontre par-delà la mer, il en a fait un documentaire de 52 minutes qui rentre en compétition pour le Poulain d’or.

Le Fespaco prévoit cinq activités durant les huit jours du festival : la sélection officielle des films, le marché international du cinéma africain (MICA), les rencontres professionnelles, les cérémonies événementielles et le Off du festival.

Hors compétition officielle : Off du festival

Ayiti Mon Amour de Guetty Felin (Haïti)

le film de 82 minutes est une jolie fable néo-réaliste qui s’inspire du fracas qu’a causé en Haïti, le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010.
Le jeune Orphée souffre de la perte de son père, une douleur mêlée à des images fantomatiques qui flottent sur l’océan…Ces douleurs persistantes Guetty Felin les décrit dans son film Ayiti Mon Amour qu’elle réalise cinq ans après le tragique tremblement de terre, en évitant de s’attarder sur les décombres et les ruines du pays.
Le film de la réalisatrice américano-haïtienne de « Closer to the Dream » projeté hors compétition, décrit les états-d’âmes des haïtiens dans une république paralysée dans sa reconstruction.

Projection : Lundi 27 à 20h 30 dans la grande salle de l’Institut français .

Le festival est aussi un forum de rencontres d’affaires pour le développement de l’industrie du cinéma et de l’audio-visuel. Au MICA (marché international du cinéma et de la télévision africaine), 100 films sont inscrits, 60 stands promotionnels en place, 15 cabines de visionnement et 7 000 visiteurs sont attendus.

Le chanteur Ivoirien Alpha Blondy est attendu pour l’ouverture de cette 25ème édition du Fespaco au stade municipal de Ougadougou.

Extrait du film « Ayiti Mon Aour » de Guetty Felin

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
PhotosSélection Fespaco