Congo : Scandale d’enfants métis abandonnés ou tués par des japonais

Vues : 2317

Une communauté de métis japonais et congolais vivent en autarcie à Kasumbalesa au Sud-Est de la RDC (République démocratique du Congo). Dans les années 70 et 80, ils ont été abandonnés par leurs géniteurs et parfois même certains sont morts assassinés à leur naissance. C’est ce que révèle la BBC Afrique, dans son édition du jeudi 16 juin. Aujourd’hui, devenus adultes, ces oubliés du Katenga demandent des dédommagements au Gouvernement du Japon.

160616143651_metis_512x288__nocredit

Ils ont environ une quarantaine d’années et sont en colère contre les autorités congolaises mais aussi contre les représentants japonais au Congo. Des élus qui ne répondent jamais aux différentes demandes de reconnaissance de ces métis nés de pères japonais et de mères congolaises.
Ces rescapés interrogés sont quelques uns diplômés mais pour beaucoup d’autres la vie semble très précaire.

Leur seule voix c’est celle de Moïse Chokwe. Cet avocat et député, élu de la région de Kasumbalesa tente par tous les moyens d’obtenir des aides pour que ces congolais aux yeux bridés puissent avoir une vie plus décente. Mais, selon Poly Muzalia, correspondant de la BBC au Congo, il semblerait que les efforts de Moïse Chokwe, ne suscitent aucun intérêt, ni pour les élus de la RDC, ni pour l’Ambassadeur du Japon au Congo.

Dans cette région coincée entre la Zambie et à la RDC, une cinquantaine de métis espèrent retrouver leur père pour différentes raisons. Pour Shibata, mère de deux enfants, c’est un sentiment de colère : «Je lui dirais, tu es méchant, tu es un assassin. Tu nous as abandonnés avec notre mère qui n’avait pas étudié et qui n’avait pas les moyens de nous élever ».

Quant à Nana, 39 ans, c’est une attente pleine de promesse « Si je le voyais ce serait un sentiment de joie, je serais contente ».

Mais tous ces rescapés aux cheveux lisses, au teint cuivré et aux yeux tirés, risquent d’être déçus des retrouvailles. Après recoupements des informations sur ces abandons systématiques, il s’avère que les japonais quittaient les femmes africaines, parce qu’ils étaient vraisemblablement racistes, avouent les mamans délaissées.

Dorothée Audibert-Champenois
Photo BBC Afrique


1 commentaires :

Les commentaires sont fermés