Coup d’État manqué en Turquie


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Vendredi soir, un groupe de soldats rebelles a tenté de renverser le gouvernement turc. Suite à une violente réponse militaire du pouvoir en place, la tentative de coup d’État a échoué. Au lendemain de ce coup d’État manqué, le bilan est très lourd.

En une nuit, la situation a été complètement reprise en mains, ce coup d’État est une immense surprise, si bien qu’on ne connaît toujours pas les noms, les visages, ni les grades des meneurs. Les putschistes ont réclamé la restauration de « l’ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l’homme et les libertés », tout en se prononçant « contre l’autoritarisme ». Leur incursion à Istanbul et à Ankara a été foudroyante. Mais, sitôt passé l’effet de surprise, les insurgés n’ont rencontré aucun soutien populaire.

Le coup d’État avorté a fait au moins 265 morts, dont 161 parmi les forces loyalistes et civiles. Du côté des rebelles, l’armée fait état de 104 morts. Le Premier ministre turc, Binali Yildrim, a annoncé que 2839 militaires en lien avec cette tentative avaient été arrêtés. « Ces lâches écoperont de la peine qu’ils méritent », a lancé le chef du gouvernement, Recep Tayyip Erdogan, avant de conclure : « la situation est sous contrôle ». La chancelière allemande Angela Merkel appelle le président turc à traiter les putschistes en respectant l’Etat de droit.

Alors qu’il avait qualifié les réseaux sociaux de « pire atteinte pour la société » à l’occasion des soulèvements populaires du mois de juin 2013, jusqu’à bloquer l’accès à Twitter et à Facebook, en mars 2014, le président turc, Recep Tayyip Erdogan , est apparu blême sur Facebook Live et a envoyé un SMS à l’ensemble des Turcs, ce samedi pour inviter le peuple turc à descendre dans la rue pour manifester contre la tentative de coup d’État. Sur Twitter, le président a lancé: « Nous devons continuer à être maîtres des rues (…) car une nouvelle flambée est toujours possible. »

Interrogé par l’Express, Jean Marcou, professeur à Sciences Po Grenoble, spécialiste de la Turquie contemporaine, ce coup d’État raté pourrait servir, finalement, les intérêts du président turc.

 

Texte : Mickaël Léonce
Photo : REUTERS