Young Chang MC : Le chanteur guadeloupéen comparait devant la Cour d’Assises de Nancy

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Le  procès du jeune chanteur a commencé à 14 heures, heure de métropole, il va durer 5 jours à Nancy (en Lorraine).

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Le chanteur guadeloupéen de reggae-dance-hall, Young Chang Mc est devant la justice depuis ce lundi 24 octobre 2016. Avec deux autres complices antillais, il comparait cette semaine devant la Cour d’Assises de Nancy  en premier ressort et devra répondre à 14 chefs d’inculpation. Arrêtés en octobre 2013 après une courte cavale dans Paris, ils encourent la perpétuité pour torture, kidnapping , détention d’arme en récidive et aussi tentative de meurtre.

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La justice reproche aussi au jeune guadeloupéen et ses deux amis antillais d’avoir voulu passer de la drogue par l’intermédiaire d’une connaissance.
L’affaire commence en été 2013 à Essey-lès-Nancy en Meurthe-et- Moselle (Nord-Est de la France). Durant un concert, Young Chang Mc de son vrai nom Yoni Sami rencontre une jeune femme qui réside à Pont-à-Mousson. Le chanteur et son manager Jean-Marc Coudray demande à la jeune fan d’être leur mule, en clair de transporter de la drogue vers la Martinique. Elle accepte et s’en va vers l’aéroport Aimé Césaire enflée de 4kg de cannabis. Mais la jeune femme se fait arrêter et elle repart vers la métropole sans être inquiétée, ni incarcérée.
Colère des deux hommes, Young Chang Mc et le manager ne l’entendent pas de cette oreille et se mettent en quête de retrouver leur marchandise ou au pire recevoir l’équivalent en argent.

Ils contactent d’abord une personne connaissant la jeune fille, après l’avoir intimidée et forcée, l’homme  (un organisateur de spectacle) conduit le chanteur, son manager et un autre comparse Maverick Montout, chez une des amies de la « mule ». Tandis que le manager presse la jeune femme de rentrer en contact avec la « mule » par le réseau social Facebook, le troisième homme et Young Chang ne  quitte pas l’organisateur de spectacle. Durant deux heures, il est torturé et subit d’atroces agressions et violences sexuelles.
Selon le journal «Est Parisien » de novembre 2015, la victime a été sodomisée, brûlée sur les parties génitales, incisée sur les cuisses. Finalement, l’organisateur renseigne ses deux agresseurs, il leur livre l’adresse de la « mule ».
Sitôt arrivés sur les lieux, ils prennent en otage la jeune mère de famille avec son enfant de 2 ans. Menacée par le trio, elle donne «  au hasard » le nom d’un ami qui serait susceptible de fournir aux trois hommes la quantité de drogue « perdue » à l’aéroport du Lamentin, à la Martinique. Cette dernière réussit cependant à s’échapper lorsque les deux hommes se rapprochent de l’homme indiqué. Ils lui tirent dessus sans le blesser.
A ce moment intervient la police qui se met à leur poursuite. Les deux hommes ne seront arrêtés que quelques jours plus tard dans la région parisienne.

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Aujourd’hui, à Nancy commence un long procès pour délier la vérité et connaître les responsabilités des différents protagonistes dans cette affaire sombre. Ils ont tous reconnu les faits mais se renvoient la responsabilité des faits graves sur l’organisateur de spectacle. Le manager, n’ayant pas participé aux douloureuses séquences de torture comparait libre au procès en Assises.

Yoni Sama, détenu depuis 2013, est né en 1988 à Paris, originaire de Guadeloupe. Il est accusé de tentative d’extorsion commise avec une arme en récidive, actes de torture ou de barbarie en récidive, tentative de meurtre en récidive, arrestation, enlèvement, extorsion par violence, transport non autorisé de stupéfiants en récidive, vols en réunion. Le jeune Sama Yoni alias Young Chang est défendu par Maître Eric Plouvier, avocat au barreau de Paris.

Meverick Montout, aussi détenu en 2013 et né en 1990  aux Abymes en Guadeloupe, il est défendu par Maître Alexandre Rolland, avocat au barreau de Nancy.

Quant à Jean-Marc Coudray, placé sous contrôle judiciaire, le jeune parisien originaire de Guadeloupe est défendu par deux avocats : Maître Nathalie Senyck (avocat au barreau de Paris), et de Maître Henri Leclerc.

Verdict du procès en Assises ce vendredi 28 octobre à partir de 9 heures à Nancy.

Dorothée Audibert-Champenois/C’news Actus
PhotoEstRépublicain