Création de 10 lits de pédopsychiatrie à Mangot Vulcin

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La filière de soins de psychiatrie s’étoffe avec l’ouverture d’une unité d’hospitalisation complète de 10 lits, en psychiatrie infanto-juvénile, à la cité hospitalière de Mangot Vulcin, au 2ème semestre 2016.

Cette unité impulsée par l’ARS Martinique, sera rattachée administrativement au CHSP de Colson, porteur du projet.

Pour une meilleure prise en charge de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
L’enjeu d’une meilleure prise en charge de la santé mentale des jeunes figure en bonne place dans les objectifs du plan santé mentale 2011-2016.
En l’effet les feuilles de route mettent en évidence les progrès à réaliser dans ce domaine bien précis.

Depuis les années 1980, la Martinique ne dispose plus d’unité d’hospitalisation pédopsychiatrique. Les jeunes / adolescents atteins de troubles mentaux légers qui peuvent être soignés en dehors de l’hôpital sont pris en charge dans des hôpitaux de jour, les CMP : Centre Médico- Psychologique.

Aujourd’hui le dispositif de pédopsychiatrie de Martinique est organisé selon 3 filières de soins :
Une filière ambulatoire : composée de 8 Centres Médico-Psychologique (CMP) avec des activités à temps partiel, répartis sur l’ensemble du territoire et accessibles aux patients en fonction de leur secteur d’habitation.

En 2014 on pouvait y dénombrer environ 3115 patients.

 Une filière adolescents : organisée autour d’un centre de Soins pour Adolescents (CSA)
qui fonctionne comme un Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP), associé à une consultation spécialisée pour adolescents. Au CSA est liée une consultation CSAPA (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) déployée sur le territoire par le biais de points d’écoute dans les collèges, les lycées.
Elles sont animées par des psychologues dédiés. Il existe également des consultations et accompagnement thérapeutique au besoin dans les CMP.

En 2014, 1119 jeunes ont été pris en charges entre le CSA et les CMP

 La filière autisme se compose de 2 hôpitaux de jour (HDJ) pour enfants autistes (petits : 2 à 6 ans ; grands : 6 à 12 ans)
Un GIR-HAD (Groupement d’Intervention Réseau Autisme-Hospitalisation A Domicile)
Un CRAM (Centre de Ressources Autisme Martinique)

En 2014, 56 enfants ont été suivis en HDJ et 91 en CMP.

Toutefois, force est de constater que les jeunes relevant de problèmes plus aigus (dépression avec risques suicidaires, schizophrénie débutante, épisode critique d’un trouble autistique) nécessitant une hospitalisation à temps complet ne pouvaient avoir accès à des structures d’accueil.

Des mesures palliatives ont été mises en place telles que l’hospitalisation en pédiatrie, le suivi à domicile, et l’hospitalisation à domicile, et l’hospitalisation en psychiatrie adulte, cette dernière ne pouvait perdurer car elle se révélait inadéquate et risquée.

Le constat est clair :
 Le secteur ambulatoire ayant montré ses limites, les mesures palliatives n’étant pas adaptées à une prise en charge efficiente des jeunes patients. Il s’avérait donc nécessaire d’accueillir des mineurs en hospitalisation complète.

La psychiatrie infanto-juvénile, un enjeu sanitaire prioritaire pour l’ARS Martinique
Dans la perspective d’une meilleure prise en charge d’une modernisation de la santé mentale sur le territoire, l’ARS Martinique et le Centre Hospitalier Maurice Despinoy, se sont engagés dans des chantiers structurants afin de combler les manques persistants en matière de prise en charge, notamment par la création d’une 4ième filière avec cette unité d’hospitalisation pour la pédopsychiatrie.

Cette démarche, qui s’inscrit dans les axes prioritaires de l’ARS martinique, a pour objectif de mieux coordonner la prise en charge des enfants et adolescents à travers :
 L’amélioration d’une prise en charge sanitaire précoce, afin de mieux repérer les signes de souffrances ou de troubles psychiques chez ces jeunes ;

 Un dispositif global de soins en psychiatrie infanto-juvénile. Plusieurs options sont identifiées en fonctions des situations :

  •  hospitalisation complète
  •  alternatives à l’hospitalisation
  •  ambulatoire
  •  dispositif médico-social diversifié.
  •  meilleure articulation entre les professionnels de santé (pédopsychiatrie,
    pédiatrie, médecine générale, médico-social…). Le fonctionnement du centre

L’unité de soins de pédopsychiatrie sera installée à la cité hospitalière de Mangot Vulcin, dans des locaux dédiés et proposera un mode d’hospitalisation séquentielle avec des plages de 24h selon un planning programmé et individualisé. Cela permettra une réinsertion progressive du patient dans son milieu scolaire et familial par le biais de sorties contrôlées.

Les patients en hospitalisation complète bénéficieront d’un encadrement spécifique après 18h. Une présence médicale constante sera mise en place, relayée par des praticiens référents de l’unité mais également par des pédopsychiatres, des pédiatres et des généralistes.

Praticiens hospitaliers, psychologue, cadre de santé infirmiers, éducateurs, ergothérapeute, psychomotricien, aides-soignants, enseignants, ASH, secrétaire médicale formeront l’équipe d’encadrement de ces jeunes.

Les autres soins (pédiatrie et médecine générale) pourront être pratiqués en ambulatoire.
Les portes d’entrées pour intégrer cette unité sont multiples. En effet les jeunes pourront être accueillis à partir :

  •  Des services de pédiatrie de la MFME du CHUM  Des unités de psychiatrie du CHUM
  •  De la pédiatrie de CH de Trinité
  •  Des structures ambulatoires de CH Colson
  •  Des filières adolescents et autismes du pôle pédopsychiatrie

Un premier pas vers le parcours du soin du patient

L’hospitalisation programmée en temps plein qu’en temps séquentiel est une étape incontournable dans le traitement d’un certain nombre de pathologies psychiatriques de l’adolescent. Elle ne représente cependant qu’une étape dans le parcours de soin du patient et doit s’intégrer dans le dispositif général de la pédopsychiatrie de secteur afin de prendre son sens.

La mise en œuvre de l’unité de pédopsychiatrie avec la création de ces 10 lits d’hospitalisation complète, permettra de remplir cette mission que le dispositif existant de soin ne pouvait assurer.

D’autres structures complémentaires devront être créées afin d’optimiser l’offre de soin, telles que le placement familial thérapeutique, les unités de soins en pédiatrie ciblant l’accompagnement des pathologies somatiques au long cours, les HDJ polyvalents, et les foyers d’hébergement spécifiques pour jeunes dont les troubles de personnalité ne permettent pas un accueil optimal en foyer classique.

Cette ouverture est un premier pas significatif vers la mise en œuvre d’une prise en charge mieux adaptée au public « jeune » et se veut un outil de réponse face à l’évolution des symptomatologies auxquelles sont confrontés nos jeunes martiniquais.

Photo : colson.fr