Crise au Venezuela : Affamés, des habitants mangent des animaux du zoo de Caracas

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Depuis la chute du cours du pétrole, dont le Venezuela tire l’essentiel de ses revenus, le Pays traverse une crise économique grave. La population souffre et certains sont contraints de voler ou de braconner des animaux dans des conditions choquantes.
Le quotidien d’information britannique, The Telegraph, rapporte des faits qui se sont déroulés dans un zoo à Caracas au mois de juillet dernier.

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Bien que le Ministère de l’Alimentation assurait en 2015, qu’en 16 ans de pouvoir, le chavisme (le parti de l’ancien président Hugo Chàvez décédé), a réduit de 84,4% la proportion d’habitants ayant faim, la crise a complètement inversé cette tendance.
En 2016, la majorité de la population ne trouve plus les produits de première nécessité. 80% des aliments de base sont introuvables et beaucoup de vénézuéliens souffrent de la faim. Nombre d’entre eux (12,1%) ne mangent qu’une fois par jour quand d’autres sont contraints de se nourrir d’animaux élevés dans les parcs zoologiques.

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C’est le cas d’un foyer qui vit à Caracas, la capitale du Pays. Selon The Telegraph, la famille entière s’est introduite une nuit dans un zoo de la ville. Enfants et parents ont dépecé et mangé un cheval en pleine nuit. Le lendemain matin, les gardiens surpris, ont découvert la tête et des restes d’ossements de l’animal. Visiblement, ce n’était pas la première expédition nocturne, dans le même zoo, des cochons vietnamiens et des moutons ont été volés dans le courant du mois de juillet.
Les animaux sont aussi des victimes de cette pénurie alimentaire. Pour compenser la réduction de viande, les fauves (tigres et lions) sont nourris de mangues ou de citrouilles. Dans les six derniers mois cinquante d’entre eux sont morts de faim dans des zoos.

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Des sociétés importantes menacent de fermer à cause de graves difficultés financières, elles n’ont plus de devises pour acheter leurs matières premières, c’est le cas de l’Usine Kimberly-Clark de Maracay, cité par un magazine en ligne luxembourgeois. Mais pour le président socialiste actuel Nicolàs Maduro, les milieux d’affaires et l’opposition sont seuls responsables de cette guerre économique. Le plan de l’opposition, selon le président vénézuélien, est de déstabiliser son pouvoir. En effet, majoritaire au Parlement depuis les dernières élections législatives (Déc. 2015), les adversaires du président Nicolàs Maduro  (le successeur d’Hugo Chàvez, mort à Caracas en décembre 2013), réclament un référendum pour le révoquer.

Dorothée Audibert-Champenois
PhotosRadiocanada