Dans la peau d’un adjudant de l’Etat-major interarmées et démineur des forces armées aux Antilles

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Depuis le 22 juin 2015, l’adjudant Zouhir est affecté à l’état-major interarmées des forces armées aux Antilles (FAA) en tant qu’adjoint au chef des opérations terrestres (J3 Terre) du centre des opérations.

L’adjudant Zouhir a passé 17 années au sein d’unités opérationnelles, telles que le 17e régiment du génie parachutiste ou le 19e régiment du génie, ainsi que sur les théâtres d’opération.
Aujourd’hui affecté au centre des opérations, il met à profit sa connaissance du terrain en amont de l’action. « Cette affectation me permet d’avoir une vision globale des opérations. Quand on est sur le terrain, on reçoit les ordres du centre des opérations. Aujourd’hui, je suis de l’autre côté du miroir et je vois comment les ordres sont préparés ».

En tant qu’adjoint au J3 Terre, l’adjudant Zouhir participe également à la programmation des activités dans le cadre de la préparation opérationnelle des forces armées aux Antilles. Il travaille en étroite collaboration avec le 33e régiment d’infanterie de Marine, mais pas seulement. « Je dois récupérer la planification des activités de toutes les unités des FAA puis coordonner et organiser les choses afin que tous aient les moyens matériels et humains adéquats aux missions organisées, au moment opportun pour chacun ».

Une fois la programmation actée, vient le temps de l’entraînement en lui-même. « Lors d’exercices, comme Cyclonex qui est un entraînement au commandement et à l’alerte du personnel des forces armées face aux risques de catastrophe naturelle, mon rôle est de suivre le déplacement des troupes sur les cartes et de tenir à jour la cartographie au profit des autorités en charge de prendre les décisions sur la suite des opérations ».

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Après 17 ans de carrière, l’adjudant Zouhir confie avoir acquis une certaine « ouverture d’esprit ». « Ce que la vie de militaire m’a apporté, c’est avant tout de retenir le meilleur des expériences que l’on peut vivre. En Guyane en 2005 pour une mission Harpie de lutte contre l’orpaillage illégal par exemple, j’ai particulièrement apprécié l’instruction qui nous a été délivrée dans les domaines de la topographie et des transmissions. Si aujourd’hui je n’exploite pas forcément ces compétences dans mon quotidien, j’ai néanmoins ces enjeux, leurs contraintes et leurs plus-values en tête quand je fais de la programmation d’activités ».

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« La deuxième chose importante que j’ai réalisé en étant dans l’armée, c’est la grande polyvalence et la pluralité de métiers que l’on a la chance d’exercer au sein d’une carrière ». En effet, en plus d’être adjoint au J3 Terre, l’adjudant Zouhir fait partie du groupe régional d’intervention de neutralisation, enlèvement et destruction d’explosif (GRIN) des forces armées aux Antilles. Une casquette qu’il affectionne car elle lui permet de rester actif dans le milieu du déminage. « C’est un milieu exigeant qui nécessite de garder un esprit vif, désireux de découvrir et d’en apprendre toujours ». Après de nombreux stages de formation qui cumulés équivalent à trois années au centre de formation de l’échelon central NEDEX-EOD, l’adjudant Zouhir a obtenu le brevet d’intervention sur munitions spéciales (biological and chemical munition disposal – BCMD, au standard OTAN). Mais ce diplôme ne suffit pas si l’on n’entretient pas en continu ces connaissances. « Il faut se mettre constamment à jour par rapport aux évolutions des explosifs et techniques de déminage ».

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Aux Antilles, le GRIN est particulièrement sollicité. Dans le cadre d’un protocole signé avec la préfecture de la région Martinique, le GRIN des Antilles est en effet le seul service à détenir des capacités de reconnaissance d’engins non identifiés et des capacités d’intervention sur les munitions et explosifs conventionnels ainsi que les engins explosifs improvisés. En moyenne, ils interviennent une quinzaine de fois par an, en tout temps et tout lieu, qu’il s’agisse d’emprises militaires mais également de sites civiles difficiles d’accès ou d’embarcations.