Décès Adama : Bavure policière ou malaise cardiaque, les versions s’affrontent

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Après la mort du jeune Adama hier après-midi à la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise, les voix se font entendre. Colère et incompréhension des amis et parents de la victime. Tout laisse penser qu’il s’agirait d’une bavure policière à cause de nombreuses annonces incohérentes des militaires. Les témoignages sont nombreux dans la presse. Une grande émotion unie deux quartiers qui jusqu’ici s’opposaient dans une guerre des clans. La situation est toujours tendue.

L’émotion et la violence sont à fleur de peau à Beaumont-sur-Oise et à Persan dans le Val d’Oise. Après les violences et les émeutes de la nuit dernière, les langues se délient et c’est la consternation.

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Tout d’abord, la sœur de la victime Hassa Traoré n’en démord pas son « frère a été assassiné par les gendarmes, le jour de son anniversaire ». Selon la jeune sœur d’Adama, les gendarmes en voulaient à son frère depuis très longtemps, « et là, ils l’on eu ».

Pourtant les gendarmes sont formels, Adama 24 ans est décédé après son interpellation, il a eu un malaise cardiaque.

« Non ! rétorque » le frère de la victime « Il a quitté le centre-ville en bonne santé. Il arrive à la gendarmerie mort, il n’avait pas de problème de santé ni de problème médical, c’était un sportif ».
Il indique à la presse que, c’était lui qui « était visé par les gendarmes et non Adama ». Selon le témoignage accablant de Bagui sur le comportement des gendarmes, Adama aurait pris la fuite et se serait « réfugié chez des amis au centre-ville. Les gendarmes l’ont poursuivi, l’ont coursé mais il s’est rendu ».

Bagui, resté libre à ensuite découvert son frère couché au sol, Adama était « entouré de cinq ou six gendarmes », il avait le tee-shirt ensanglanté (le Parisien).

Beaucoup de zone d’ombre sur cette interpellation qui se termine en tragédie. Beaucoup d’incohérence dans l’annonce du décès du jeune homme. Le procureur de la République, Yves Jannier évoque « un malaise ». Mais ce soir encore, les interrogations des parents d’Adama laissent planer le doute, serait-il mort lors du transfert ou à son arrivée à la gendarmerie ?

Le procureur de la République insiste, « Ils (les gendarmes) ont tenté de le réanimer en vain ».

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Si Bagui, le jeune frère dénonce une brutalité policière, un proche, Cheikne, réfute la version officielle. Selon lui, « s’il était mort d’une crise cardiaque, ils l’auraient ramené à l’hôpital, là (à huit heures du matin) le corps était toujours chez les gendarmes ».

Des versions qui s’opposent sur les causes réelles de la mort d’Adama, après son arrestation mardi 19 juillet à Beaumont-sur-Oise. A15h30, ce mercredi, les journalistes d’iTélé attestaient que le corps n’était toujours pas rendu aux parents.

Le préfet de Cergy doit faire une déclaration sur la mort d’Adama ce mercredi en fin de soirée.

Quant à l’autre sœur d’Adama, pour Hatouma Traoré, la mort de son frère est injuste, mais elle est certaine « justice sera faite ».

Dorothée Audibert-Champenois  Photo Bfm/Parisien