Déménageur en hiver : Un père noël pas comme les autres

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Max était un excellent mécano, nous raconte ses amis. Il est arrivé avec ce boulot en poche à la fin des années 80. Installé en plein Paris, ce martiniquais fils de cultivateurs à Fond-Saint-Denis, s’est occupé à faire « sa » mécanique un peu partout dans la Capitale.

Toujours prêt à dépanner et à rendre service, plutôt à bas coût, c’est souvent dans les casses de voitures qu’il fallait le dénicher. Comme tout travailleur libéral, pas un jour de répit, toujours au boulot. Hiver comme été, notre antillais était à vérifier culasse, radiateur, à diagnostiquer une voiture malade. Entre temps, Max Magit a créée une famille, qui aujourd’hui s’est agrandie de 3 adolescents. Avec difficulté, mais sérénité, il s’est déplacé vers la banlieue, pour acquérir son petit chez-lui nous dit-il.

Dans la foulée, le passionné de mécanique vire déménageur. Son but, découvrir d’autres horizons, se frotter à d’autres culture et monter enfin son Entreprise. Une bonne chose, car la mécanique à même le sol dans des conditions hivernales, c’était trop dure. Il commence tout d’abord comme déménageur pour des grandes enseignes connues, qui officient pour les Antilles. Et enfin, il y juste dix ans, Max installe sa propre Société dans sa ville de résidence le Blanc-Mesnil. Lucide, il reconnaît que vivre de cette profession est difficile mais il a confiance. C’est le Travail de qualité qui fait la différence.

Entretien avec Max Magit – Entreprise de Déménagement à Blanc-Mesnil en Ile-de-France.

Dorothée Audibert-Champenois : Bonjour Max Magit, vous habitez le Blanc-Mesnil, une commune en Seine Saint-Denis ! Vous avez choisi d’être déménageur ?

Max Magit : Non, c’était la mécanique d’abord. J’ai changé en cours de route. Comme je n’aime pas rester trop sur place, je me sens bien dans le transport, dans le déménagement, je bouge beaucoup. Et puis cela me permet de voir autre chose aussi.

Dorothée Audibert-Champenois : Une de vos premières qualités, c’est d’être précautionneux et concentré. Votre mission est d’évité toute casse, mais encore ? Expliquez-nous comment devenir un bon déménageur?

Max Magit : Quand je prépare un déménagement, je le fais avec une grande confiance en moi. Cela me permet de protéger le bien que l’on me confie, je fais comme si cela m’appartenait. Il faut aussi être patient dans ce milieu, car il demande beaucoup d’attention pour faire un travail de qualité. Il ne faut pas être quelqu’un de nerveux. En plus il faut savoir respecter les horaires, être très rigoureux et ponctuel.

Dorothée Audibert-Champenois : Quand vous programmez un déménagement, vous réfléchissez à l’avance en fonction de la disposition des lieux, c’est-à dire le jour, la bonne heure, le voisinage à ne pas déranger ? Dîtes nous précisément comment vous vous programmez, vous faites un repérage des lieux ?

Max Magit : C’est tout à fait normal. Je dois savoir le nombre de gens qui peut être à ma disposition pour effectuer le déménagement. Pendant la haute saison, on est à 4 ou 5, pendant l’hiver sous sommes 3 ou 4 parfois. Ma société est plus ou moins familiale. Cela fait une dizaine d’année qu’on existe.

Dorothée Audibert-Champenois : Vous, les professionnels de ce secteur vous travaillez sur un marché difficile. Le contexte économique a provoqué une nette diminution de la demande depuis 5 ans. Les particuliers comme les entreprises retardent leurs projets de déménagement. En quoi est-ce intéressant d’être à son compte, dans ces conditions !

Max Magit : C’est vrai, ce métier est devenu très dur. C’est un secteur qui marchait bien. Maintenant, il est saturé. Mais, on nous juge sur la qualité du travail. C’est ce qui fait la différence. C’est très important quand même. On arrive à s’en sortir quand même.

Dorothée Audibert-Champenois : Il y a beaucoup de petits indépendants qui travaillent au noir et des particuliers qui font leur déménagement sans faire appel à des entreprise comme la vôtre. Que pensez-vous de ces jobs sauvages qui vous piquent votre clientèle ?

Max Magit : Cela existe depuis bien longtemps, les gens qui vivent de ce business en ne déclarant pas leur personnel. Mais c’est dangereux, car en cas d’accident, sur un chantier par exemple, ça peut devenir compliqué. Pour moi, c’est mieux que les gens soient déclarés.

Dorothée Audibert-Champenois : Aujourd’hui, les courtiers en déménagement proposent de mettre en relation déménageurs, particuliers ou entreprises, ce qui permet de comparer les tarifs des services proposés. Ils offrent différentes prestations annexes comme les démarches administratives pour les clients, l’emballage et déballage des biens, les garde-meuble. Que Proposez-vous, pour concurrencer les autres sociétés qui démarchent en utilisant ces courtiers ?

Max Magit : Je comprends, car les clients veulent avoir un travail de « bonne qualité » mais en même temps ils ne veulent pas payer trop cher. C’est un peu difficile. Mais nous, si on baisse trop les prix, ce n’est pas bon pour nous car la qualité du service va en pâtir. On ne peut pas baisser trop les prix, si on le fait on se casse le nez.

Dorothée Audibert-Champenois : Quels sont vos principales destinations ? Vous êtes sur une destination Caraïbe, est-ce l’essentiel de vos livraisons ?

Max Magit : Je fais moitié Caraïbe et l’autre moitié dans l’International, où on est très demandé. Je livre presque régulièrement dans toutes les grandes villes en Europe. J’expédie aussi aux États-Unis, au Canada. Il nous arrive de transporter des colis vers l’Afrique comme le Tchad. Mais le travail commence à diminuer par rapport « à avant ». Bon, on espère que cela va reprendre. Pour les Antilles, cela se fait petit à petit, grâce au bouche à oreille. Mes compatriotes sont satisfaits du boulot que je leur offre. Cela me permet d’avancer encore plus. Nous sommes quelques confrères, je ne sais pas exactement combien, mais ils étaient déjà en place, je suis arrivé après. Je fais tout mon possible pour avoir ma petite place.

Dorothée Audibert-Champenois : Quel est la période où vous travaillez le plus !

Max Magit : On ne travaille pas de Janvier à Janvier. Nos périodes les plus intéressantes, ce sont les mois de juillet et Août. Et puis après une longue coupure, les activités reprennent en décembre.

Dorothée Audibert-Champenois : En hors saison, que faites-vous ?

Max Magit : Alors, je fais d’autres jobs. J’ai l’intention de me diversifier toujours dans le transport. En période creuse, je réfléchis, car j’envisage de faire dans la livraison de courses, dans la messagerie. Je pense sérieusement à rééquilibrer mes activités parce que sinon dans quelque temps, je ne vais pas tenir le coup.

Dorothée Audibert-Champenois : Nous sommes en période de Fêtes, qu’avez-vous dans ces cartons aujourd’hui ?

Max Magit : Tous les biens des gens, toute leur vaisselle, des vêtements, des bouquins, de tout.Il y a une règle de déontologie qui m’interdit de donner des informations personnelles de nos clients.

Dorothée Audibert-Champenois : C’est un container pour les Antilles aujourd’hui, peut-être des colis du Père Noël !

Max Magit : Tout à fait, il y en a, il y a des colis de Noël. Il y en a qui sont déjà partis pour les fêtes de Noël et d’autres qui arriveront pour le Jour de l’An.

Dorothée Audibert-Champenois : Vous êtes le Père Noël que l’on attend aux Antilles, à la Réunion, en Guyane, vous êtes différents des Pères Noël traditionnels ?

Max Magit : Oui, je considère que, comme on est dans la période, et bien j’en suis un. Il faut l’être. Je souhaite à tout le monde un très joyeux Noël, de très bonnes fêtes de fin d’Année. Je souhaite aussi, un bon retour à tous ceux qui veulent revenir chez eux.

Dorothée Audibert-Champenois : Merci Max

Dorothée Audibert-Champenois pour People Bô Kay