Des producteurs de bananes antillais s’implantent en Côte d’Ivoire

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Au Salon de l’Agriculture, le mercredi 2 mars, pendant que la Ministre des Outremers, Georges Pau Langevin remettait  le prix de la biodiversité aux Guadeloupéens et Martiniquais, nous avons rencontré la Délégation ivoirienne dans le bâtiment Cinq, à la Porte de Versailles. Elle a longuement discuté avec nous, se félicitant de voir des antillais s’installer en Côte d’Ivoire dans le secteur de la banane. Aujourd’hui, le journal Jeune Afrique se penche plus longuement sur un tournant pour les antillais, qui s’est enclenché depuis 2008.

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En effet, les informations sur place confirment que les planteurs martiniquais et guadeloupéens sont de plus nombreux à investir le marché de la banane, un commerce qu’ils maîtrisent et dont profite le secteur agricole ivoirien.

Avec une main-d’œuvre moins coûteuse, plus de terres disponibles et plus de proximité avec l’Europe, le coût de revient de la banane est plus avantageux pour les planteurs antillais en Côte d’Ivoire. Les deux plus importantes plate-formes occupent à l’heure actuelle 1500 hectares de bananeraies.

Deux gros sites se détachent dans le nouvel espace économique où s’implantent les producteurs des Antilles.

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Banaci (Banane antilles côte d’ivoire), appartenant au Groupe Bernard Hayot, est la plus importante. Cette structure créée en 2013, a investi à hauteur de 45 Millions d’euros en 2014, pour ses premières plantations à Tiassalé au Nord-ouest d’Abidjan.

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La seconde, c’est la Siapa. La Société Ivoiro-antillaise qui produit environ 25 000 tonnes de bananes par an. Une exploitation qui se trouve également à Tiassalé, à 120 km d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Ce groupe de producteurs a été créé par des guadeloupéens et des ivoiriens.

C’est le savoir faire des guadeloupéens et des martiniquais qui dynamise ce secteur de la banane, un milieu en crise aux Antilles françaises et sur l’île de la Réunion, dans l’Océan Indien.
Leur technologie dans le transport des régimes de bananes, le cableway, est innovatrice sur le plan local et contribue à l’amélioration de la productivité dans cette filière.

Banaci, le groupe de Bernard Hayot, travaille sur des techniques d’enrichissement du sol. Les herbes de couverture développées en Guadeloupe, évitent aux mauvaises herbes d’envahir les surfaces plantées. Une technique inspirée du « Plan Banane Durable » (signé en décembre 2008 entre producteurs de Martinique et de Guadeloupe), qui réduit l’utilisation des pesticides et des engrais de synthèse. Ce système de culture développé entre autres par le CIRAD, l’It2 et les producteurs des Antilles françaises à pour but de favoriser la biodiversité dans les plantations.

Quant à la Siapa, qui développe un système d’irrigation télé-programmable, elle met en pratique la culture de deux variétés de banane « dessert », importées du Costa Rica. La « Williams » et la « Gal », sont censées être plus résistantes aux pathologies qui affectent les fruits.

Une production ivoiro-antillaise de la Banane qui va s’étendre, si on croit l’« Ocab », l’Organisation centrale des producteurs-exportateurs d’ananas et de bananes. Le groupe cible des investisseurs chinois, avec lesquels, il est en discussion depuis deux ans.

Depuis la Côte d’Ivoire, des Martiniquais et Guadeloupéens éreintés par la concurrence des bananes « dollars », se lancent dans le marché mondial en partenariat avec leurs homologues ivoiriens.

Dorothée Audibert-Champenois

photos: Benaci / Siapa / Dothy A-Ch.

 


3 commentaires :

  1. Sledge

    Donc en gros ça veut dire encore plus de concurrence sur le marché européen… et vu que la main d’oeuvre est moins coûteuse il y’a de grandes chances que leurs bananes soient aussi moins coûteuses que la nôtre.

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