À la frontière mexicaine, deux artistes construisent le mur de Trump

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Donald Trump avait imaginé 16 000 kilomètres de séparation entre le Mexique et les États-Unis, pour en faire une de ses promesses de campagne. Contre elle et les 51 autres, deux artistes ont construit un mur de 52 parpaings.

Le candidat à la présidentielle l’avait annoncé en grande pompe : s’il est élu, un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique sera érigé pour empêcher les migrations illégales. Mary Mihelic et David Gleeson, deux artistes américains, l’ont pris au mot et ont construit une version miniature de ce mur, au cœur de la Californie, au niveau de Jacumba Hot Springs, à une centaine de kilomètres de San Diego et à quelques encablures de la grille qui sert de frontière réelle entre les deux pays.

Le faux mur est criblé d’affiches publicitaires en faveur du candidat républicain. Néanmoins, celles-ci sont recouvertes de fleurs fanées, de fruits moisis et d’objets de consommation courante : une manière pour les artistes de dénoncer l’impact négatif qu’aurait la fermeture des frontières sur l’économie américaine, notamment sur son agriculture et son industrie.

« L’art est une menace (…), c’est la raison pour laquelle les gens comme Donald Trump souhaitent réduire la liberté d’expression. Parce que l’art a le pouvoir de contrer leur agenda », rappelle Mary Mihelic, l’une des deux artistes. Leur objectif est clair : influencer les urnes. Et, pour cela, rappeler à chacun ses propres déclarations à la fois absurdes, xénophobes et sexistes.

L’œuvre est inachevée, mais poursuit en ce sens un but bien précis : chaque artiste est invité à apporter sa pierre à l’édifice.

 

Texte : Mickaël Léonce
Photo : Sandy Huffaker