Diversité : Un martiniquais lance une structure « AFRO FICTION » pour aider les comédiens, cinéastes et professionnels afro-descendants

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Maimouna Doucouré et Deborah Lukumuena, font partie des meilleures professionnelles du cinéma français, récompensées au 42ème cérémonie des Césars, ce vendredi 24 février à la Salle Pleyel à Paris. César du meilleur court-métrage pour l’une et César de la meilleure actrice de second rôle dans « Divines », les deux femmes sont pourtant conscientes des barrières que les « Afro-français » ont encore à franchir dans le Paysage audiovisuel français pour sortir vraiment de l’ombre.

 

En finir avec la posture victimaire, être plus visibles dans des rôles moins stéréotypés, occuper l’espace « pour que les afro-descendants ne soient plus les laissés pour compte du secteur cinématographique », c’est la démarche militante du collectif Afro-Fiction. Leur principale mission, est de « promouvoir le travail et les œuvres des Afro-français, de professionnaliser et développer les compétences des talents émergents devant et derrière la caméra et surtout de fédérer et mutualiser les différents réseaux de la diaspora pour permettre une autonomie et proactivité à la hauteur de nos ambitions ».

« Nous avons besoin que l’on nous voit. Que l’on nous voit dans les télévisions nationales, au cinéma, sur le web, je pense que c’est le moment » résume France Zobda, la productrice de « Meurtres en Martinique ».

En partant de ce postulat, le comédien-cinéaste martiniquais Matthieu Jubely a fondé le collectif Afro-Fiction. Entouré de membres d’honneurs, de membres actifs et de plusieurs soutiens, Matthieu Jubely a présenté le collectif lors d’une conférence de presse qui a eu lieu mardi soir 28 février au Darewin dans le quatrième arrondissement de Paris. Prêtée par un membre du groupe, L’Agence Darewin a réuni hier soir des hommes et des femmes de différents réseaux qui veulent croire à un nouveau départ : « Il n’est pas trop tard pour écrire notre histoire », qui veulent s’éloigner de la victimisation :  « Il faut s’unir pour s’élever ». Ce sont les mots choisis par tout un groupe de professionnels prêts à se lancer de nouveaux défis dans un secteur où on les oublie.

Mais ce monde du septième Art ne se compose pas seulement de comédiens, de scénaristes ou de réalisateurs. Les techniciens et commerciaux sont des postes indispensables pour faire aboutir les projets sur les grands ou petis écrans. Au sein d’Afro Fiction, ils seront des éléments incontournables grâce à leur savoir faire dans ce domaine.

« S’élever ». Hier encore, Afro-Fiction était une association, créée par Matthieu Jubely et Corinne Wellong, aujourd’hui, les ambitions et les exigences professionnelles ont transformé le statut du groupe. L’association a évolué, c’est désormais le collectif Afro-Fiction. Dans cette structure bien organisée, des personnalités connues dans l’hexagone ou dans les outre-mer étaient présentes pour cette première rencontre avec la presse et le public.

« Je souhaite à l’équipe Afro-Fiction réussite et succès. Je suis ravie d’en être la marraine !

La guadeloupéenne Firmine Rochard, actrice dans Romuald et Juliette (1989), est un des premiers soutiens du collectif. A l’instar de certaines vedettes noires qui jouent au théâtre et sont sollicitées au cinéma, Firmine Richard qui a tourné dans 27 films, 9 courts métrages et participé a 24 productions porte un regard très critique. Elle fait un état de lieux accablants sur la productivité des professionnels noirs dans le secteur du cinéma : « Il y a tant à faire » soupire la comédienne, au générique de « La deuxième Étoile » du réalisateur et comédien, Lucien Jean-Baptiste, attendu pour la fin de l’année 2017.

Six membres composent le bureau, Matthieu Jubely, le président, Patience Priso, Binta Talla, Latigone N’Goma, Corinne Wellong et Emmanuel Buriez.

Le collectif Afro-Fiction comprend 13 membres d’honneur. La première, Euzhan Palcy, martiniquaise, est la également, la première réalisatrice noire nommée aux Oscars et aux Césars. France Zobda, également membre d’honneur, est une actrice-productrice martiniquaise qui vient de boucler son dernier film « Le Rêve Français ». Le guadeloupéen, Jean-Claude Barny, membre également, est actuellement au Festival de Ouagadougou où son film « Le gang des Antillais » est en compétition pour la palme d’or africaine, le Yennenga.
Oscar du meilleur court-métrage, la réalisatrice Maïmouna Doucouré fait partie des six femmes membres d’honneur du collectif Afro Fiction.

Pour compléter la liste du collectif, il faut noter le rôle des « petites mains » utiles.

Cynthia Saint-Fleur est de celles-là, la jeune comédienne ne se lasse pas de courir tous les castings. Plus facile qu’en France, elle vient d’intégrer en décembre dernier une agence à Bruxelles qui l’aide à trouver de rôles au théatre, au cinéma ou dans des annonces publicitaires.

Parmi les soutiens VIP de cette soirée de lancement d’Afro-Fiction, c’est la très talentueuse Déborah Lukumuena, César du meilleur second rôle féminin dans le film «Divines » d’Houda Benyamina qui contribuera à promouvoir le concept. elle rejoint dans ce groupe Lucien Jean-Baptiste, Anabelle Langronne et Diouc Coma. A ce jour, le réseau social Facebook compte plus de 40 000 abonnés qui suivent les activités naissantes du groupe Afro Fiction.

Cette première rencontre à Paris, aura permis au collectif de lancer plusieurs projets phares : Les Chronofilms Afro Fictions. La mise en place de ces courts métrages, seront l’occasion pour les membres du collectif, de tester le travail des cinéastes et techniciens de la communauté dés le courant du mois de mars. Une chance inédite pour tous les porteurs de projets issus de la diversité.

Un Appel à Scénarii en juin 2017. Dans ce projet les représentants d’Afro-Fiction souligne «qu’ il s’agira d’un incubateur d’auteurs qui exploreront leur créativité en s’affranchissant des stéréotypes de déterminisme social souvent portés à l’écran ».

Des comités de lectures de scénarios seront organisés ensuite en septembre prochain. Les finalistes de l’Appel à Scénarii. Ce comité en sélectionnant des scénarii finalistes donnera une opportunité aux « plus pertinents », quelque soit le format choisi, de réaliser leur film. Les textes retenus seront proposé à des décideurs (producteurs, distributeurs et diffuseurs). Tous les projets devront « avoir un fort potentiel universel et commercial envers notre public », précise dans la brochure « Fiction Revue », le président d’Afro-Fiction, Matthieu Jubely. Plusieurs rencontres Network sont à prévoir dans le courant de l’année pour redéfinir les objectifs et poursuivre l’ambition d’Afro-Fiction « S’unir pour s’élever ». L’objectif pour Matthieu Jubely, le président d’Afro-Fiction : « Se positionner dans les premiers rangs de la fiction française ! ».

Écoutez le martiniquais Matthieu Jubely, le fondateur d’Afro-Fiction :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Photos C’news Actus Dothy