Elections Régionales : Jean-Michel Martial dénonce « l’absence totale des Outre-mer » dans le paysage audiovisuel français

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En 2014, le Ministre des Outre-mer, Victorin Lurel annonçait la création du Conseil représentatif des Français d’outre-mer. Le CREFOM se donnait comme objectif de promouvoir et surtout de défendre ses territoires si éloignés géographiquement les uns des autres, si loin également de la Métropole.

Aujourd’hui, le président par Intérim du CREFOM Jean-Michel Martial , monte au créneau. Agacé depuis très longtemps du traitement bien à part des médias en Métropole pour ces territoires d’Outre-mer. Depuis la Guadeloupe, où il s’est posé hier, il nous explique pourquoi il demande au CSA (le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) d’intervenir et il parle même d’avertissement. Les médias en France métropolitaines n’ont pas relayé les informations et les résultats des élections Régionales qui se déroulaient dans le même temps en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à l’île de la Réunion.

Entretien avec Jean-Michel Martial :

D-A-CH : Bonjour Mr Jean-Michel Martial ? Vous êtes le Président par intérim du Conseil représentatif des Français d’Outre-Mer (Crefom). Hier, vous avez adressé à Mr Olivier Schrameck, le Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ; un courrier qui dénonce « l’absence totale des Outre-mer » dans le traitement des résultats des élections régionales dans le paysage audiovisuel français. N’est-ce pas tout simplement une histoire de décalage horaire entre la France et ses Outre-Mer ?

Jean-Michel Martial : Si ce n’était qu’une histoire de décalage horaire ce ne serait pas grave. Je ne pense pas que ce soit une histoire de décalage horaire. Je crois que lorsqu’on parle de la France et surtout dans un cadre de national au niveau d’élections nationales ont doit parler de la France et non pas d’une partie de la France. C’est-à-dire que, on doit intégrer dans les informations, que La France soit sur plusieurs latitudes. C’est trop facile de dire que c’est une histoire de décalage horaire. On doit intégrer le fait que dans la France, il y ait plusieurs décalages. La France n’est pas sur la même latitude, la même longitude, donc il y a forcément des décalages horaires. Et dans l’information, on doit s’arranger pour que la France Entière soit reconnue et soit citée. Alors que dans le cas présent, cela n’a pas été le cas. Je veux dire simplement qu’il était possible de dire : au niveau de l’information pour les gens qui avaient la parole, que ces résultats ne tiennent pas compte des résultats ultra-marins qui sont encore entrain de voter. A ce moment là, le CREFOM ne serait pas intervenu et beaucoup de personnes ne se seraient pas senti ni niés ou mis à part comme cela est trop souvent le cas.

D-A-CH : Dans ce courrier intitulé « l’Outre-mer absente des écrans », vous Jean-Michel Martial, vous suggérez un rappel à l’ordre, voire un avertissement qui engagerait les médias à corriger définitivement cette manière d’envisager la France ». On sent un ras-le bol, un certain agacement, Expliquez-vous ?

Jean-Michel Martial : (Un léger soupir)…Écoutez, nous sommes en quelle année ? Nous sommes en 2015. Ce dont je parle, moi je l’ai constaté à chaque élection depuis que je vote. A un moment donné, je dis ça suffit ! Je dis ça suffit. Lorsqu’on a sollicité les ultra-marins comme d’autres pour partir à la guerre, on savait bien faire attention à eux. Faire en sorte qu’ils soient là. Mais lorsqu’il s’agit de rendre compte d’une élection nationale, les médias les oublient. Non il n’ont pas le droit d’oublier. C’est une faute professionnelle.

Lorsque le Président de la République Française qu’il soit de Droite, qu’il soit de Gauche, et en l’occurrence l’année dernière au MACTE (en Guadeloupe), il offrait un acte symbolique pour montrer que la France accordait un regard particulier sur son passé ; et décidait d’aller de l’avant en reconnaissant son passé. Toute sa place dans son passé. Alors, cela signifie aussi que les personnes qui parlent et qui rendent les informations à la France entière, elles ont devoir d’intégrer la France dans sa globalité et dans son « entièreté ». Ne pas le faire est une faute que nous dénonçons et que nous n’accepterons plus.

D-A-CH : Les médias peuvent-ils dès maintenant corriger cette manière d’envisager la France ?

Jean-Michel Martial : C’est tout simple. Ça doit être fait dans les écoles de manière à ce que cela devienne un réflexe pour toute personne qui prend la parole dans l’espace médiatique. C’est simple à corriger.

« Vous avez pu constater l’absence totale des Outre-mer dans le traitement de l’information concernant les résultats, au premier comme au second tour, des élections régionales, sur les écrans du PAF ». Pensez-vous que plus d’ultra marins à l’antenne corrigerait cette manière de traiter l’Outre-mer ?

Jean-Michel Martial : Plus d’ultra-marins à l’antenne, c’est une manière de répondre à la question. Il n’y a pas qu’une seule manière, il n’y a pas qu’une seule réponse à la visibilité des ultra-marins. En l’occurrence là, je ne parlais pas de la visibilité, je parlais du traitement ; du traitement, c’est autre chose.

Maintenant, si on engage la discussion de la visibilité, de la représentation de la population dans son ensemble dans le cadre des espaces audiovisuels, c’est encore autre chose et nous y travaillons, avec le CSA comme avec France Télévision et avec les différents médias. Nous sommes très attentifs à la représentativité de toute la nation française au sein de l’audiovisuel. Mais c’est encore autre chose. Moi, je parlais du traitement de l’information mais également, nous avons tout notre attention porté sur la visibilité au sens large des ultra-marins et de la place des ultra-marins dans la représentativité de la population française dans le cadre de l’audiovisuel en particulier sur les chaînes publiques.

D-A-CH : Jean-Michel Martial, je vous remercie.

Dorothée Audibert-Champenois pour People Bô Kay

Crédit Photo : TF1


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