En cas de catastrophe naturelle, les différentes phases d’une intervention militaire

Vues : 70
FAA--Cyclone--Mai-PBK-2016--016

Du 17 au 27 mai 2016, près de 950 militaires d’active et de réserve ainsi que les civils des forces armées aux Antilles (FAA), renforcés par les forces armées en Guyane (FAG) et par des éléments des régiments de service militaire adapté (RSMA) de Martinique et de Guadeloupe ont participé à un entraînement opérationnel baptisé CYCLONEX 2016 se déroulant principalement en Martinique mais également en Guadeloupe.

Afin d’engager en toute sécurité leurs moyens présents en Martinique et en Guadeloupe pour appuyer une opération de secours d’urgence de la Préfecture lors d’une catastrophe naturelle, les FAA veillent dans un premier temps à mettre sous protection leur personnel, matériels et familles. Pour cela, un ensemble de procédures sont mises en place à chaque stade d’alerte défini par la Préfecture, en coordination avec l’Etat-major interministériel de la zone Antilles (EMIZA) et les RSMA. Celles-ci ont été déroulées durant CYCLONEX 2016.

FAA--Cyclone--Mai-PBK-2016--021

Premier niveau, l’alerte jaune : « soyez attentif ».
A ce stade, toutes les formations vérifient les instructions, consignes, listes de rappel d’urgence du personnel, états du matériel ou encore la présence des lots de secours et leur stockage confiné.

Le poste de commandement interarmées de théâtre (PCIAT) est activé. Il rediffuse l’alerte de la Préfecture à toutes les unités ainsi qu’aux forces armées en Guyane et anticipe un possible embarquement de lots cycloniques, matériels et moyens de secours à bord des unités de la Marine en lien avec la base navale.

Le 33e régiment d’infanterie de Marine (RIMa) met en alerteun dispositif de recueil d’information et de commandement via des équipes de reconnaissance et de renseignement (ERR) ainsi que des équipes relais transmission (ERT).

Le pôle aéronautique étatique (PAE) prend contact avec les autres administrations présentes sur le site (douanes, gendarmerie) afin d’assurer une coordination de l’action à mener.

FAA--Cyclone--Mai-PBK-2016--003

Deuxième niveau, l’alerte orange : « préparez-vous ».
Les cellules de crise préparées au sein des formations sont armées et activées. Le groupement de soutien de la base de Défense (GSBdD) distribue les rations de combat individuelles ainsi que de l’eau au profit des ERR, des équipes relais- radio, des cellules de crise, des services de permanence et du personnel. Le GSBdD assure également, en lien avec les unités, le plein en carburant des véhicules et des groupes électrogènes ainsi que le complètement des citernes à eau.

Le PCIAT est armée pour une permanence 24h sur 24 et active la cellule militaire du centre des opérations zonal (COZ) de la Préfecture. Les chaînes « îlotages » et l’organisation du soutien de crise aux familles sont initiés. Un rappel des consignes est ainsi fait au profit des familles sur les mesures à prendre (constitution d’un stock d’eau et de vivres pour 10 jours d’autonomie, constitution de lots de petits matériels type radio à piles, scotch pour les fenêtres, lampes torche, etc.).

En parallèle, les FAA se préparent à assurer les missions qui leurs seront dévolues, en appui des services de l’Etat, sur demande du préfet. Elles vérifient et pré-positionnent les lots cycloniques, matériels et moyens de secours ainsi que les capacités d’hébergement et d’alimentation pour l’accueil de renforts venus des FAG ou de métropole ou, sur demande de concours, de personnes sinistrées.

Le 33e RIMa arme un poste de commandement confiné pour assurer le contrôle tactique des moyens terrestres en mission à l’extérieur des emprises militaires. Il prépositionne également, selon les besoins, un module « transport » composé de deux véhicules tactiques GBC 180 et un véhicule léger tout-terrain P4 sur le PAE ainsi qu’un module « franchissement », un module « intervention légère » et un module « transport » à la base navale, composés en tout de trois camions de transport tactique TRM 2000, un véhicule léger tout-terrain P4, d’une embarcation pneumatique Zepplin et de deux véhicules tactiques GBC 180.

La base navale fait appareiller les bâtiments de la Marine nationale pour les mettre en zone de sécurité, en mesure de rallier au plus vite les îles pour une intervention de secours, et met en protection les autres bâtiments dans le bassin de Radoub.

FAA--Cyclone--Mai-PBK-2016--019

Troisième niveau, l’alerte rouge : « protégez-vous ».
Toutes les mesures de protection prévues au sein des plans cycloniques des FAA sont prises. Un ramassage des objets pouvant constituer des projectiles dans les emprises militaires est organisé.

Les antennes de transmission de la direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information de la défense (DIRISI) sont mises en position de survie. La DIRISI assure également l’armement des unités en moyens de communication téléphonique adaptés accompagnés de l’annuaire idoine.

Le 33e RIMa déploie 7 à 9 ERR et 3 ERT sur l’île de Martinique et le régiment du service militaire adapté (RSMA) de Guadeloupe déploie 4 ERR sur son île.

La direction interarmées du service de santé (DIASS) arme une cellule « logistique sanitaire » au PCIAT et organise une cellule de crise dans ses locaux où tout le personnel médical s’est regroupé, à l’exception du personnel du service de santé de la force d’action navale qui reste à bord des bâtiments de la Marine et de la psychologue à la base navale. Le service de santé des armées arme également en Martinique et en Guadeloupe, un module « ramassage / évacuation routière médicalisée » en mesure de monter un poste médical avancé (PMA) et un module médical au niveau du centre médical interarmées. En Martinique est également armé un module « évacuation aérienne médicalisée », avec la mise en alerte à 6 heures d’un avion de transport tactique CASA des forces armées en Guyane.

FAA--Cyclone--Mai-PBK-2016--008

Quatrième niveau, l’alerte violette : « confinez-vous ».
Tous les déplacements sont interdits sauf autorisation exceptionnelle, l’ensemble du personnel est confiné à domicile ou dans les abris comme les ERR et ERT par exemple ou le personnel du PCIAT.

FAA--Cyclone--Mai-PBK-2016--013

Cinquième niveau, l’alerte grise : « restez prudent ».
Les unités des FAA participent à leur niveau à l’établissement d’un premier bilan des dégâts, accidents et incidents subis puis réalisent les travaux d’urgence. La direction des infrastructures de la Défense (DID) prépare et déploie 2 équipes d’intervention techniques (EIT) ainsi que 5 équipes de reconnaissance infrastructure (ERI) afin d’expertiser les infrastructures des FAA, les bâtiments et les voix d’accès aux sites militaires. La DID est également en mesure d’expertiser les infrastructures civiles sur demande de concours.

Pour répondre aux demandes de concours de la Préfecture d’intervention des FAA en soutien aux opérations de secours d’urgence ou d’assistance à la population, le PCIAT prépare et coordonne les interventions de toutes les unités opérationnelles (33e RIMa, bâtiments de la Marne, renfort d’aéronefs des forces armées en Guyane) et des organismes de soutien opérationnel (base navale, GSBdD, DIRISI, DID, DIASS et PAE).

FAA--Cyclone--Mai-PBK-2016--015

Sur demande de concours de la Préfecture, les forces armées ainsi que les RSMA peuvent mobiliser hommes et matériels afin de dégager et rétablir les réseaux routiers, participer à la reconstruction des installations portuaires et aéroportuaires, secourir la population, protéger les biens et participer ou organiser une chaîne de soutien logistique.

Crédits photo : E.Mocquillon – Marine nationale