En Métropole, les femmes en prison n’ont pas les mêmes droits que les hommes

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En France métropolitaine elles sont 2650 détenues dans les prisons. Les femmes incarcérées ne sont pas nombreuses et pourtant cela ne facilite pas leur prise en charge durant leur détention. Adeline Hazan, l’ancienne maire PS de Reims, nommée en 2014 Contrôleuse générale, des lieux de privations des libertés, publie ce jeudi, un rapport accablant sur les conditions de vie des femmes incarcérées.

Tout d’abord, elle note une inégalité territoriale. L’éloignement géographique imposé aux femmes détenues, souvent des mères séparées de leurs proches. Les prisons pour femmes sont toutes localisées dans le Nord, conséquence, elles sont forcées d’effectuer leur peine dans ces régions, qu’elles soient des femmes majeures ou mineures. Le rapport, souligne de nombreuses discriminations qui concernent leur vie quotidienne.

A la différence des hommes qui ont des activités de production et qui font du sport à l’extérieur, la population carcérale féminine est cantonnée dans des tâches peu valorisantes, nettoyage de sol, pressing, cuisine, ce qui n’aident pas leur projet de réinsertion. Leur intimité est banalisée voire même inexistante sinon bafouée. La Contrôleuse générale, épingle les attitudes qui touchent, la dignité des femmes incarcérées, et préconise que les « les examens gynécologiques soient faits sans menottes et sans la présence du personnel pénitentiaire ».

La mixité faisant loi dans les Centres pénitentiaires, les prisonnières ne voient, ni ne croisent les hommes durant leur incarcération. Du coup, elles se déplacent beaucoup moins que les prisonniers. Celles qui obtiennent des demandes de semi-liberté sont rares. Au total, en France, les femmes détenues représentent 3,2% de la population carcérale, et seulement 1,3% bénéficie du régime de semi-liberté et peu obtienne l’aménagement de leur peine.

La contrôleuse, reconnaît qu’« elles font l’objet de discriminations importantes dans l’exercice de leurs droits fondamentaux », mais pas seulement en détention. Adeline Hazan juge sévèrement la façon dont les femmes sont accueillis dans les Commissariats, les Centres de rétention et les Établissements de Santé.

Adeline Hazan, préconise plus de mixité dans les établissement pénitentiaires ce qui pourrait, selon la Contrôleuse, « accroître, et diversifier l’offre des activités pour les femmes ». En France métropolitaine, sur 186 Centres pénitenciers, 50 sont strictement réservés à la gente féminine et implantés dans le sud du Pays.

Dorothée Audibert-Champenois