« Enseignement-Formation : Le comble est atteint »

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Par Daniel Marie-Sainte :

Le secteur de « l’enseignement, Formation professionnelle et apprentissage » représente, en terme de dépenses, le premier poste de la section de fonctionnement du budget régional, soit près du tiers de ce budget.

Profitant de l’habilitation qui lui a été donnée par le parlement français, l’actuel président de la région Martinique, aidé de son équipe, a entamé le démantèlement de tout l’appareil de la formation professionnelle.

Ce démantèlement s’est déroulé en deux temps :

– 1°) Dans un premier temps, il a décidé, le 13 novembre 2014, de remplacer l’AFPA Martinique, par un EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial) dont le budget avoisinera les 12 Millions d’euros.

Il a désigné son ex-1ère vice-présidente, Mme Catherine Conconne, pour présider l’EPIC en son nom !

En dépit de notre farouche opposition, il a décidé de dissoudre l’AFPA Martinique qui a  pourtant, tout au long de ces cinquante dernières années,  formé plusieurs milliers de Martiniquais qui ont pu, grâce à cette formation de qualité, s’insérer dans le monde du travail, soit comme salariés soit comme chefs d’entreprises !

Un an plus tard, cet EPIC est encore en léthargie… car le préfet n’a toujours pas désigné le comptable public légalement indispensable au  fonctionnement de cet EPIC !

Le Conseil régional devra, en catastrophe, voter des crédits pour prolonger le sursis de l’AFPA Martinique jusqu’au 31 décembre 2015 !

Précisons que cette affaire a été  examinée en commission Education et Formation Professionnelle, le 14 octobre 2015, soit dit en passant, nous n’étions que deux élus présents sur les sept qui composent cette commission !

– 2°) Dans un deuxième temps, l’actuel président de région Martinique a décidé d’externaliser toute la gestion du secteur de la formation professionnelle qui était, depuis la création du conseil régional, en 1983, assurée en interne par un service régional.

Le 26 mars dernier, il a créé un EPA (Établissement Public à caractère Administratif) qui se substituera au service du Conseil régional pour la gestion de 50 Millions d’euros consacrés, chaque année, à la formation professionnelle et à l’apprentissage.

Il a désigné son 2ème vice-président, Mr Daniel ROBIN, pour présider l’EPA, en son nom.

Un cabinet-conseil, venant de France, a été choisi au terme d’une procédure non transparente à laquelle ni la commission sectorielle, ni la commission d’appels d’offres, ni la commission permanente n’ont été associées !

Le rôle de cet AMO (Assistant à Maitrise d’Ouvrage) extérieur à la Région consistait à accompagner, moyennant honoraires, le président dans le montage de l’EPA.

La nouvelle structure doit en principe reprendre le personnel régional attaché au secteur de la formation professionnelle et de l’apprentissage ainsi que le personnel de l’AGEFMA (organisme satellite, créé en 1993, dans le cadre du contrat de Plan Etat-Région).

La dérive a, alors, commencé :

– Au terme d’une procédure non transparente dont nous n’avions pas été informés, il a été procédé au recrutement d’un  directeur général.

– Ce n’est qu’à postériori que nous avons reçu un rapport par mail, le 13 octobre 2015, à 19h41, la veille donc de la réunion de la commission de FP durant laquelle il nous était demandé d’exprimer un avis sur cette décision.

– J’ai alors découvert une décision qui frise la provocation et qui est assimilable à un scandale politique !

– Un jury composé d’élus néo-ppm, désignés de façon obscure, aurait auditionné cinq candidats  et en a retenu un.

– Le hic est que celui qui a été retenu n’est autre que le consultant venant de France, salarié du cabinet  qui avait été commandité par  le président pour élaborer le projet de l’EPA !

– Bien informé du projet qu’il a lui même conçu, il s’est mué en candidat pour rafler le poste !

– Tous les candidats martiniquais ont été recalés au profit de ce candidat récemment arrivé de France !

Outre que ce fait montre la duplicité politique des élus néo-ppm qui ont toujours prétendu agir pour que les cadres martiniquais puissent « vivre et travailler au Pays », cette affaire est assimilable à « un délit d’initié » qui favorise le candidat–ex-consultant retenu.

Aussi, J’ai refusé de cautionner ce choix, lors des réunions du Conseil d’administration de l’EPA et  de la Commission de formation professionnelle qui se sont tenues, toutes les deux, ce 14 octobre 2015.

Pour que tout soit clair j’ai décidé de rendre publique ma position !

Le 14 octobre 2015
Daniel MARIE-SAINTE
Chef du groupe des élus « Patriotes Martiniquais et Sympathisants »