« Et pour nous, l’urgence ce n’est pas le mariage pour tous mais le voyage pour tous »

Vues : 6

 Lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale ce mardi après-midi, Jean-Philippe Nilor (Groupe Gauche démocrate et républicaine), député de Martinique, a interrogé le gouvernement sur la franchise bagage et les prix pratiqués par les compagnies aériennes qui desservent les Outre-mer. Le député estime que les conséquences économiques sont désastreuses.

 « L’urgence ce n’est pas le mariage pour tous mais le voyage pour tous » a-t-il déclaré, ou encore: « S’agissant de l’avion, nous n’accepterons plus d’être menés en bateau ».

Question de Jean-Philippe NILOR à Frédéric Cuvillier, Ministre des transports, sur la desserte aérienne en Outre-Mer.

Monsieur le Ministre des transports,

Depuis plus de 30 ans, tous les gouvernements de droite et de gauche nous baladent sur la thématique de la desserte aérienne en Outre-Mer.

Le 1er avril dernier la compagnie Air Caraïbes a proposé des billets d’avion à 100€ pour un aller-retour entre Paris et les Antilles-Guyane. Au bout de cette loterie de mauvais goût où des milliers d’hommes et de femmes ont été traités comme du bétail, on ne voit guère que désillusion et désespoir.

Cet épisode malheureux illustre bien l’acuité des problèmes, mais aussi la désinvolture avec laquelle les compagnies aériennes traitent cette question, pourtant vitale pour notre population et notre économie.

Personne n’a le droit de jouer avec l’espoir des gens… Encore moins avec celui des peuples.

Malgré le passeport mobilité, la dotation de continuité territoriale, les dispositifs sont largement insuffisants. Et pour nous, l’urgence ce n’est pas le mariage pour tous mais le voyage pour tous.

Après quelques mois d’exploitation, Air France annonce la fin prochaine de la desserte des Antilles au départ du hub de Roissy. Cette décision unilatérale nous replonge et nous étouffe dans cette vieille relation exclusive et coloniale avec la France.

D’autre part, toutes les compagnies ont réduit de moitié leurs franchises bagages au départ des Outre-Mer, limitant ainsi la capacité d’acheter et d’emporter nos productions locales.

Plus incompréhensible encore, le prix d’un billet d’avion Fort-de-France/ Cayenne est parfois plus élevé que celui d’un billet Fort-de-France/Paris. Il constitue un frein objectif à l’émergence de relations transversales. Le transport ne doit pas être un facteur de blocage de développement mais bien un vecteur d’ouverture et s’agissant de l’avion, nous n’accepterons plus d’être menés en bateau.

Monsieur le Ministre, à quand de réelles obligations de service public instituant des tarifs réduits pour les étudiants et les personnes âgées, instaurant un prix plafond en haute saison et créant comme pour la Corse un billet territorial annuel pour tous nos ressortissants?

Jean-Philippe NILOR