Festival d’Avignon : Les Antilles et l’Afrique jouent « Encre Noire » aux 20 ans du TOMA (Théâtre d’Outre-mer)

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« Aussi bien en Afrique que dans la Caraïbe, il y avait des auteurs avec les mêmes propos, le même combat et la même vision. Nous les avons rassemblés, dans cette pièce de théâtre. L’objectif :  Réunir deux frères qui n’ont pas grandi dans la même maison ». C’est ainsi que le comédien Nicolas Mouen explique la genèse de cette pièce de théâtre « Encre Noire », créée sur les terres guadeloupéennes.

Pour fêter les 20 ans d’existence du Théatre d’Outre-Mer (TOMA), Greg Germain a ouvert les portes de sa salle de spectacle à la troupe « Encre Noire ». La pièce mise en scène par Eric Checco est jouée en Off depuis le 7 juillet au Festival d’Avignon à La Chapelle du Verbe Incarné.

Dans cet ancien édifice religieux, situé dans le centre historique d’Avignon, la Chapelle du Verbe Incarné est une salle dédiée au Théâtre d’Outre-Mer, une structure dirigée par Greg Germain et sa co-directrice, Marie-Pierre Bousquet.

Pour sa pièce de théâtre, le guadeloupéen, Eric Checco a choisi de mettre en scène 16 pièces d’auteurs nés sur des terres africaines ou caribéennes : Aimé Césaire, Leon Gontran Damas, Edouard Glissant, Frantz Fanon, Leopold Sédar Senghor, Thomas Sankara, Nelson Mandela, Jean-Marie Adiaffi, Joby Bernabé, René Depestre, Guy Tirolien, Patrick Rilcy, Camara Laye, Sonny Rupaire, Frantz Bebey, Patrice Lumumba.

Au milieu de ce recueil de poèmes où fusionnent des textes, du chant, de la danse, de la percussion mêlés au verbe créole, Eric Checco a intitulé son adaptation « Encre Noire ». Un mot qui symbolise l’ouverture des frontières mais est aussi un requiem contre la souffrance et la domination.

Ce choix de mise en scène qui ne laisse aucun spectateur indifférent réunit Filip Calodat, Nicolas Mouen, Tania Jovial et Didier Andenas sur les mêmes planches. Quatre comédiens, africains et caribéens, tous issus de la diversité.

« Encre Noire » se présente en deux parties.

L’histoire : Dans un huis-clos, trois hommes noirs, trois prisonniers, viennent d’être incarcérés. Ces trois condamnés à mort pour subversion font vivre, entre rage et espérance, les poèmes des émancipateurs de la cause noire, des intellectuels, des écrivains ou des politiques.

L’espace de vie de ces trois hommes est un univers carcéral qui pourrait laisser peut de place à l’inspiration mais les trois opprimés, privé de liberté ont comme bouées de sauvetage, des mots, des phrases pour lutter contre l’étouffement durant une heure et dix minutes sur la scène du TOMA.

« La prison bloque leur inspiration mais les oblige pourtant à puiser au fond d’eux mêmes, en refusant toute facilité. Désormais c’est l’écriture poétique qui est investie de cette mission sacrée: faire sauter tous les cadres et les verrous » dit Michel Bigot dans Madinin’Art. 

La seule femme du spectacle est la geôlière Tania Jovial, comédienne, elle est aussi danseuse. L’artiste saura être sévère ou aimante dans cette cellule de fers à béton où entre chant créole et lamentation sur la privation de liberté, les prisonniers se soutiennent mutuellement.

Dans la seconde partie du spectacle, les hommes attendent le verdict.

« Encre Noire » c’est encore ce dimanche 30 juillet 2017.
Filip Calodat, Nicolas Mouen, Tania Jovial et Didier Andenas sont en Off du Festival d’Avignon en représentation à Chapelle du Verbe Incarné au 21G Rue des Lices, 84000 Avignon.

Mise en scène : Eric Checco. Chorégraphe : Romuald Seremes. Costumes : Claude Scozzaro

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Images Nicolas Mouen/Cassy photographie/Africulture/Capture d’écran