Festival de Cannes : Les cinéastes antillais sont optimistes en attendant de s’organiser

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Un espace international est dédié à la production du Cinéma. Situé sur deux niveaux dans le Palais, différents pays sont représentés, leurs films inscrits au Marché du Film, donnent une grande visibilité aux professionnels. Gage de l’avenir commercial des Courts et Longs métrages, les acteurs commerciaux sont présents pour signer des contrats ou de futures collaborations. Les Régions de France sont identifiées sur les plate-formes de vente. Mais, force est de constater que les professionnels du Cinéma Antillais comme Guyanais, n’ont pas de stands affectés et ils sont éparpillés du Palais du Festival aux nombreux lieux d’échanges cinématographiques. 

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Jeudi 19 mai, une manifestation anti-loi El Khomri, inquiète la sécurité du 69ème Festival de Cannes. Les policiers en faction sont plus nombreux que les jours précédents, ce qui rend plus difficile l’accès aux sites festivaliers.

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Cet obstacle franchi, et les différents contrôles faits, détection, fouille et scanne, c’est la descente du tapis rouge. Céline, productrice guadeloupéenne est déjà en quête de nouveaux partenaires et projette des rendez-vous dans la journée. Comme Arnaud Berthelot de Guyane, Cécile Major est à Cannes pour défendre deux films qu’elle a produit. « San Konbin » et une co-production croate finalisée grâce à l’aide du Conseil Régional de Guadeloupe. Ce matin, zoom sur sa Boîte de Production DMP avec comme réalisateur Samuel Tenda. Très à l’aise, la productrice, diplômée du Conservatoire Libre du Cinéma Français, cherche un box pour visionner et faire voir ses Courts métrages à des potentiels clients.

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 La productrice est optimiste, depuis 5 ans on note une « ambition » cinématographique aux Antilles. Celle qui fréquente le Festival depuis 6 ans, organisatrice dans le Festival et actuellement productrice indépendante a vu évoluer le cinéma ultramarin. Elle est sereine, même si, à Cannes, les observateurs antillais constatent que le cinéma antillais peine à trouver son souffle dans ce grand business du Film.

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Deux semaines pour faire ses courses. Nous sommes au Marché du Film de Cannes. Un Marché avec ses codes, priorité à la vente pour donner d’autres vies aux films d’auteurs. Sud-Africains, Japonais, Israëliens, Africains, Américains, Européens ont leur point de rencontre.

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C’est ainsi que fonctionne le Short Film Corner comme d’autres espaces d’achats, le Village International, le Next, le Cinéma Positif, le Cinéma Virtuel. Il faut s’acquitter d’un droit d’inscription au Marché du Film et obtenir une accréditation pour participer aux débats et conférences, également prévus.

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Malgré les 5 films antillais, présentés au 13ème Festival du Film Panafricain en Avril, rares sont les films estampillés Antilles ou Guyane inscrits au Marché du Film à Cannes.

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Les voix s’élèvent de Guyane. Absence d’émulation autour du Cinéma, pas assez de créations, d’événements, de concours, un manque d’organisation, pas assez d’aides, peu de Festivals.

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A l’instar du FEMI (Festival Régional et International de Guadeloupe), que dirige Félicianne Sedecias, » il faudrait multiplier les actions du genre pour soutenir le Cinéma aux Antilles-Guyane ».

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En Martinique, Alain Bidart, n’est pas venu défendre son film d’animation « Battledream » à Cannes. Malgré mes recherches le long du Boulevard du Midi jusqu’à la Bocca, aucune possibilité de trouver le lieu de projection prévue. Pourtant selon le catalogue, seule la bande annonce est visible dans le cadre du festival, pour la diffusion qui coûte 800 Euros,ce n’est pas d’actualité.. Impossible pour la structure de rivaliser avec les autres films de ce Festival. Alain Bidart, continue à croire en ses projets car il y a de bons signes, note le réalisateur martiniquais.

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La région Martinique à permis de faire connaître le film d’animation à Montréal, Aruba, Trinidad, au Canada. Mais ce n’est pas suffisant pour répondre aux grands événements qui sont « bouclés » au dernier moment. Les boîtes de production sont en souffrance, les films se réalisent avec des budgets dérisoires. Malgré l’aide de la célèbre réalisatrice martiniquaise, Euzhan Palcy, « Battledream », reste coincé dans les tiroirs en France. Pourtant, ce film est reconnu à l’étranger. Il est attendu le 22 Mai à Londres (Film africain et Diaspora), le 16 Juillet au Festival du Film fantastique Fantasia à Montréal. Il est sélectionné pour les Oscars africains en Septembre, et en piste pour d’autres festivals américains. Mais rien en France.

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Les films antillais sont primés à l’étranger. C’est le cas de Khris Burton, à Londres, son court-métrage a été récompensé au One Film Festival. Accompagné de son actrice principale, Gloria Bonheur, le réalisateur martiniquais a reçu le prix «Best Super Short Award », c’était à Leicester le 16 Avril 2016.

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Retour à Cannes, 45 minutes de marche, jusqu’au Boulevard Alexandre III. « Une saison blanche et sèche » est programmé au Théâtre Alexandre III (ci-dessous), éloigné du centre ville.

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Dans le cadre de la première édition de la Semaine du Cinéma Positif, ce film qui se déroule en Afrique du sud, avec Marlon Brando et Donald Sutherland est proposé en parallèle du Festival de Cannes. Euzhan Palcy a participé au 69ème Festival de Cannes comme invitée d’une table ronde « Le cinéma de l’individu », un jour plus tôt.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois – Photos A. Bidard/Dothy A-CH

Ecoutez Céline Major, la productrice antillaise fait un éclairage sur l’absence des cinéastes antillais et guyanais au 9ème Festival de Cannes. Elle répond à Dorothée Audibert-Champenois :