Grève SME : une situation loin de se débloquer

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Les  communes touchées par les coupures d’eau ce mardi

Voilà maintenant deux semaines que le dialogue n’est plus possible entre les salariés de la SME et leur direction, et pour l’heure aucune issue ne se laisse entrevoir.

Deux semaines donc que les usagers vivent dans l’incertitude; à l’origine de ces coupures d’eau intempestives, le désaccord total en ce qui concerne les salaires.Les négociations n’ont à ce jour rien donné. Syndicat et patronat campent sur leurs positions et chacun se renvoie la balle.

Le Président du Conseil Régional Serge Letchimy a reçu aujourd’hui à tour de rôle, l’intersyndicale FO/CDMT, la direction de la SME, et le syndicat des cadres CFE/CGC. Après plusieurs heures de discussion, il a sensibilisé les différentes parties sur les effets d’un conflit qui dure dans le temps et ses conséquences  économiques, sanitaires et sociales.

Quand bien même les vannes seraient fermées, le vase semble déborder pour beaucoup; à l’instar des acteurs du tourisme qui signalent des pertes énormes dans leurs chiffres d’affaires, pertes dues à la fuite des clients.

Autre secteur en souffrance par rapport à ces coupures, celui du médical.
L’hôpital du Marin, par exemple, non alimenté en eau, craint une catastrophe sanitaire, et pas des moindres. Inutile de vous expliquer que l’eau leur est indispensable à bien des niveaux et que si les choses ne s’arrangent pas au plus vite les personnels s’attendent au pire.

C’es donc la seconde semaine de grève de la Société Martiniquaise des Eaux que la Martinique s’apprête à vivre aujourd’hui, et pour l’ensemble des abonnés, cela a bien trop duré.
« Il est inadmissible que nous nous trouvions toujours au centre de conflits sociaux pour au final ne rester que des victimes », s’insurgent les usagers. « Pendant les grèves nous subissons les pénuries, une fois la grève terminée et les salaires augmentés, nous essuyons une augmentation par ci, par là. Donc au final c’est nous qui en prenons plein la g….. ».

Témoignage d’un abonné visiblement agacé par la situation :

Vous dites que la solution n’est pas entre vos mains mais entre celle de la direction. Je tiens juste à vous signaler que ma santé et ma dignité sont entre vos mains. Par le biais des fermeture intempestives des vannes, souvent pendant plus de 24h avec quelques heures de réduction de débit entre 2 coupures (créneau qu il ne faut pas louper, il ne faut ni être au travail, ni dormir, sinon on se retrouve à ne pas avoir d’eau pendant 3 jours comme moi). J’habite le quartier Trois-Rivières à Sainte-Luce et c’est vraiment insupportable. Sachez que je suis en contact avec la population de par mon métier et que ça commence à gronder sévèrement. Trouvez un autre moyen moins pénalisant pour la population car l’explosion de ce grondement risquerait de ne pas aller dans votre sens.

La population martiniquaise n’est pas une marchandise qui doit être utiliser comme monnaie d’échange. Personne n’a le droit d’enlever sa dignité a la population martiniquaise. Et l’obliger à aller au travail sans s’être lavé, l’empêcher de faire sa vaisselle, de tirer sa chasse d’eau et donc de vivre dans sa merde.
Sachez mesdames messieurs les grévistes que vous nous prenez pour des bêtes et que les bêtes peuvent mordre.
A bon entendeur…