Guyane-Paris : «Ce n’est pas parce qu’ils nous ont fait des excuses qu’on va dormir! »

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« On ne doit pas faire de la Guyane un développement basé sur un seul axe qui est le spatial comme ils ont fait aux Antilles avec la monoculture de la canne à sucre »
« Des excuses, oui, Madame la Ministre, mais on ne s’arrête pas seulement à ça ! »

Ces mots sont des extraits des réactions vives de l’élu guyanais Michel Dubouillé, de Guyane Ecologie, nous l’avons interpellé ce samedi 1er avril, en marge de la manifestation de soutien à la mobilisation guyanaise.

Le conflit en Guyane se durcit. « Ils ont pris conscience de la dimension des revendications dans une mobilisation exemplaire entre sérieux, dignité, détermination sans faille » reconnaît le guyanais de passage à Paris.
C’est un fait, nous dit-il, les guyanais sont toujours déterminés et ils sont« vent debout » pour défendre leurs demandes, du littoral, à l’intérieur du Pays et tout au long des frontières mais les négociations entre les représentants de l’État et le « Collectif Pou lagwiyann dékolé » sont bien interrompues.

Le montant proposé de 1 milliard a été refusé par les collectifs de protestation qui estiment qu’il faut au mieux, deux milliards et demi immédiatement pour satisfaire les doléances imprimées dans un dossier de 800 pages. Cette enveloppe non négociable est désormais soumise à l’appréciation du Gouvernement à Paris.

Le Collectif demande aussi un statut particulier pour la Guyane et pouvoir décider par eux-mêmes.

La ministre des outremer n’a pu que constater l’impasse et hier, dimanche 2 avril, Ericka Bareigts est rentrée sur Paris. La veille c’était Matthias Fekl, le ministre de l’intérieur qui prenait l’avion en direction de la métropole.

Bloqué à Paris, Michel Dubouillé de Guyane Ecologie nous explique pourquoi il n’est pas utile de confondre vitesse et précipitation dans le dossier des revendications.

Selon l’élu guyanais, même si les revendications ont avancées depuis la première délégation venue sur place pour discuter entre les 500 frères et les élus invités à titre d’experts, les demandes vont être listées selon un ordre prioritaire.


Mais dans le cahier qui sera contresigné par l’État, voire même le Président de la République et « qui va engager la France vis à vis du regard structurel qu’elle a envers la Guyane », il faut que tout apparaisse.  Le calendrier, comment les travaux vont être budgétés et quand ils vont démarrer. Il y aura des demandes qui devront être satisfaites immédiatement « Cash ».

« La négociation va porter sur les différentes demandes mais le document contresigné devra l’être sur cette base. Au début du conflit si les 500 frères ont exigé la présence de plusieurs ministères, ce n’est pas innocent. Ils sont nombreux à être concernés par les décisions et les choix à prendre pour que la Guyane de demain se reconstruise ».

Écoutez Michel Dubouillé, de Guyane Écologie. L’élu municipal fait un constat et demande à l’Etat de ne pas axer le développement de la Guyane sur le centre spatial. Michel Dubouillé « met toute sa confiance dans le « Collectif des 500 frères » qui ne se laissera pas abuser par les excuses de la Ministre des outremer, Ericka Bareigts » conclut-il.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Photo C ‘news Actus Dothy