Harcelée par les médias anglais car elle dénonce l’absence d’auteurs noirs à l’Université

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« Nous demandons qu’on reconnaisse que la littérature anglaise n’est pas seulement la littérature des hommes blancs et il faut que cela se vérifie dans la façon dont nous l’étudions. » Un extrait du courrier des étudiant du Cambridge English Tripos co-écrit par l’étudiante Lola Olufemi, responsable des femmes du CUSU (Cambridge University Students’ Union)

Lola Olufemi, une étudiante noire de la Faculté d’Anglais de Cambridge (au Nord de Londres) a soulevé une vague de contestations dans le Pays. La jeune fille et un groupe d’étudiants ont osé demander, qu’il y ait davantage d’œuvres d’écrivains noirs et  d’auteurs appartenant aux minorités ethniques,  qui soient inclus dans le programme d’études de l’Université de Cambridge.

«Décoloniser la faculté anglaise», c’est en substance, la lettre d’un groupe d’étudiants dont Lola Olufemi est devenue la porte-parole.

Mais certains journaux nationaux britanniques, comme The Daily Telegraph et Daily Mail ont jugé raciste, la demande du groupe d’étudiants, en visant personnellement la jeune Lola Olufemi. D’autres médias nationaux ont relayé les revendications listées sur la lettre du groupe d’étudiants, ce qui a conduit la jeune Lola Olufemi à être la cible en ligne, de nombreux internautes mécontents.

L’affaire remonte à Juin dernier, quand les étudiants au cours du professeur Priyamvada Gopal, après avoir obtenu plus de 150 signatures, ont présenté leurs doléances à leur professeur d’anglais, Peter De Bolla. La lettre dénonçait le manque de diversité, l’absence des auteurs noirs et le manque de représentation des minorités ethniques : « Ce que nous ne pouvons plus ignorer, c’est le fait que le programme, pris dans son ensemble, risque de perpétuer le racisme institutionnel. Il est beaucoup trop facile de terminer un diplôme d’anglais sans remarquer l’absence d’auteurs qui ne sont pas blancs ».

Alors que la lettre demandait simplement l’inclusion des auteurs noirs et d’autres auteurs non-blancs, le journal, The Daily Telegraph a répliqué en publiant un article : « L’étudiante qui force l’Université de Cambridge à laisser tomber les auteurs blancs ».

L’article dans The  Daily Telegraph précisait que : « Les professeurs de littérature anglaise de l’université de Cambridge seront forcés de remplacer les auteurs blancs par des écrivains noirs ». pour le quotidien : « L’ajout de nouveaux textes et sujets, est susceptible de conduire à une rétrogradation ou à une suppression totale des auteurs blancs, car il n’est pas prévu d’allonger les cours pour permettre une mise à jour du matériel de travail»

Quant au Daily Mail, le média britannique a rédigé des trolls, que l’étudiante Lola Olufemi a jugé, ainsi que ceux du Daily Telegraph : « Truffées d’inexactitudes ».

De son côté, l’Université de Cambridge a condamné les commentaires menaçants sur la jeune étudiante, Lola Olufemi.
Mercredi 25 octobre, la Faculté a réagi fermement aux reportages des médias nationaux, en contestant certaines parties de la page de couverture : «Nous condamnons le harcèlement lié à nos étudiants» a déclaré les représentants des étudiants.

L’Université a publié une annonce ce même jour, pour corriger un certains nombres de revendications relevées dans l’article du DailyTelegraph et répondu : 
« Les changements ne conduiront pas à laisser tomber un auteur en faveur des autres, ce n’est pas ainsi que fonctionne le système à Cambridge. Il n’y a pas de programme défini, les tuteurs dirigent individuellement les études de leur groupe d’étudiants et recommandent leurs listes de lecture. Ces listes de lecture peuvent inclure n’importe quel auteur. »

Le Professeur Priyamvada Gopal, un superviseur du cours de littérature postcoloniale de la Faculté d’Anglais de Cambridge, a également critiqué la couverture du Telegraph, le décrivant dans un tweet comme « horriblement raciste et faux ».

 

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
ImagesVersaty/The Guardian/The Daily Telegraph


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