Irma – Insécurité : Un élu antillais accuse le gouvernement de «porter une lourde responsabilité sur la dégradation sécuritaire»

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Un ouragan chasse l’autre.  Samedi, le monstre attendu s’est fort heureusement éloigné. José a épargné les îles du Nord, durement éprouvées par la dévastatrice Irma.

Trois jours après Irma, sur l’île de Saint-Martin, le désarroi fait place à la colère et à l’incompréhension . Parmi les réactions des personnalités ultramarines, celles de Patrick Karam sont directement adressées au Président de la République, Emmanuel Macron.

Né fin août au large des côtes africaines, le cyclone prénommé Irma de catégorie 5 (la plus élevée de l’échelle de mesure), a été le plus destructeur de tous les ouragans depuis une décennie. En générant des vents jusqu’à 295 km/h pendant 33 heures, il a balayé en une nuit des îles du Nord des Petites Antilles. Antigua, Saint-Barthélémy, Barbuda et Saint-Martin ont subi de très lourds dégâts.

Le passage d’Irma dans la nuit de mercredi 6 au jeudi 7 septembre, a fait au moins 25 morts. Dix dans la partie française et deux dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, quatre dans les îles Vierges américaines, six dans les Iles Vierges Britanniques et l’archipel d’Anguilla, deux à Porto-Rico, une à Barbuda.

L’île franco-néerlandaise de Saint-Martin est détruite à 95% ce qui fait dire à un habitant de la partie française : « C’est comme si l’île était passée dans une machine à laver ». Sur l’île de Barbuda 95% des bâtiments ont été endommagés et 1 600 habitants ont du être évacués vers Antigua. Le gouvernement ayant décrété l’état d’urgence pour les deux îles.

Le gouvernement britannique a annoncé, ce jeudi, qu’il débloquait l’équivalent de 35 millions d’euros d’aide pour les îles touchées par Irma.

« Nous adressons nos pensées et nos prières à tous ceux dont les maisons et les moyens de subsistance ont été détruits ou durement touchés par cette terrible tempête ». L’hommage de la Reine Elisabeth aux victimes était relayé dans la presse quand au 10 Downing street, le gouvernement du Royaume Uni indiquait, qu’il envoyait deux navires militaires sur place.

Dans la partie française de l’île de Saint-Martin, le coût des dommages provoqués par l’ouragan Irma sur les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy a été évalué ce samedi 9 septembre 2017, à 1,2 milliard d’euros , chiffre donné par la Caisse Centrale de Réassurance (CCR). L’ampleur de la catastrophe est si grande et les victimes si nombreuses que le Président Emmanuel Macron a provoqué une réunion de crise à l’Elysée ce samedi dès 19 heures, soit près de trois jours après le désastre. A l’issue de cette réunion d’urgence, le Premier ministre Édouard Philippe a déclaré que « le nombre de forces de l’ordre sera renforcé sur place ».

Depuis la Ministre des Outre-mer est arrivée sur l’île de Saint-Martin pour être au plus près des sinistrés. Et Annick Girardin s’est rendue compte qu’il ne s’agissait pas seulement de faire face à une île dévastée et détruite. Sur place, la Ministre des outre-mer a constaté un début de violence et s’est insurgée de l’insécurité  qui s’est installée à Saint-Martin, immédiatement après le passage d’Irma, en évoquant « des pillages ».

Des témoignages l’attestent au lendemain d’Irma, la partie française de l’île est devenue une zone de non-droit où pillages et criminalité s’installent. Les rescapés menacés sont confinés chez eux par crainte de se faire détrousser et agresser. Contrairement à la partie néerlandaise, l’aéroport de Saint-Martin est opérationnel, mais le ravitaillement se complique avec des bandes armées dans les rues saint-martinoises « Acheminer les secours après le passage de l’ouragan Irma, un cauchemar logistique » titre l’Express.

Sur les réseaux sociaux de nombreux témoignages montrent l’isolement des antillais qui dénoncent (parfois en pleurs) le mépris des autorités face à leurs attentes. Preuve, sans explications, « un navire a rapatrié en priorité des Blancs vers la Guadeloupe » tandis que « les locaux » espéraient s’embarquer vers la Grande- Terre ou à la Basse-Terre dans cette même embarcation, « ayant encore des places disponibles », raconte une femme sur le réseau social Facebook. Des témoignages bouleversants d’habitants choqués et en pleurs, circulent sur le Net, quand d’autres supplient les médias de cesser le traitement trop « compassionnels sur leur situation quoique tragique ».

Gêne et sidération occupent les esprits et alimentent le sentiment que la France prend trop de temps pour aider les habitants dans le désarroi et la désolation et que la priorité est de « mettre à l’abri les Blancs » qui seraient, pour d’autres des touristes américains.
Un mal être qui devient chronique lorsque d’autres indexent les médias français qui « n’interrogent en général que des ressortissants métropolitains » qui vivent ou sont en vacances à Saint-Martin.

En réaction, Patrick Karam, l’ancien délégué interministériel pour l’égalité des chances et président d’honneur du Conseil Représentatif des Français d’Outre-Mer (Crefom), dans un communiqué paru samedi 9 septembre 2017, condamne avec la plus grande fermeté les défaillances du gouvernement dans sa gestion de la crise liée au passage de l’ouragan Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélémy.

Le guadeloupéen, élu en décembre 2015, vice-président à la Région Ile de France, fait état de la catastrophe qui touche les antillais de Saint-Martin, qui souffrent : « de la faim et de la soif, du manque d’eau et d’électricité, de conditions d’hygiène déplorables, vivent maintenant dans la peur de bandes armées, et de criminels qui règnent en maître en toute impunité sur un territoire devenu une zone de non-droit. »

Patrick Karam rappelle que : « Le contraste est flagrant avec la partie hollandaise de l’Ile, Sint-Marteen, qui a été immédiatement sécurisée par les autorités hollandaises qui ont dépêché des forces armées sur place afin de faire respecter l’ordre et la sécurité. »

Selon l’ancien délégué interministériel pour l’égalité des chances des français d’outre-mer : «  Le gouvernement qui porte une lourde responsabilité dans la dégradation de la situation sécuritaire doit désormais remplir son devoir vis à vis des victimes de cette catastrophe. »

En conclusion et selon le communiqué, Patrick Karam : « Demande au président de la République de prendre personnellement en main le dossier, d’envoyer en urgence des militaires de la zone et lui rappelle qu’il porte seul toute la responsabilité des graves événements sur ce territoire français. »

Cette vidéo qui circule sur le Net témoigne de l’insécurité qui règne sur l’île, on voit des militaires sortir de force des jeunes qui occupaient une boutique dans la ville.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
ImagesFacebookAG/Crefom/BBCNews/F. Guillot/Express


1 commentaires :

  1. Nicolas

    Ce monsieur n’est pas à une polémique près.
    Il maîtrise mal ses nerfs, ne trouve grâce aux yeux de quiconque.
    Sauf quand il s »agit de son ami président bling bling dont il n’a jamais dénoncé les manquements……

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