Je ne veux plus qu’on dise que les saint-martinois mentent : Rebecca Marival Présidente du collectif « Dans l’Action pour Saint-Martin »

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« J’ai pris ce combat à bras le corps car depuis Paris on se pose la question de savoir comment porter sa contribution. Je suis restée sans nouvelle de ma mère durant quatre jours et je me sentais démunie. Pour moi, il fallait foncer, il s’agissait d’aller en action, ne pas réfléchir et proposer mon aide »

Mardi 12 septembre, nous avons rencontré Rebecca Marival, la Présidente du Collectif « Dans l’Action pour Saint-Martin », l’occasion de comprendre cette détermination résolue de porter son concours aux 200 jeunes saint-martinois volontaires, groupés sur le réseau social whatsApp. Des jeunes « antillais actifs », convaincus qu’il faut agir immédiatement pour aider la population sinistrée d’Irma.

La création du groupe Whatsapp initié par Daniel Pierre et d’autres jeunes de Saint-Martin « SXM VS Irma » a déclenché la prise de conscience collective des proches et amis des habitants de l’île de Saint-Martin. Après un rassemblement solidaire réussi à la Place des Antilles, dimanche 10 septembre, le besoin de continuer des actions concrètes s’est manifesté auprès des jeunes saint-martinois. D’où la création ce mardi 12 septembre du collectif « Dans l’Action pour Saint-Martin ».

Rebecca Marival, conseillère en communication dont la mère est aussi sinistrée sur l’île est naturellement devenue la porte-parole du groupe de jeunes « SXM Vs Irma » sur le réseau social WhatsApp : « A un moment, je me suis positionnée comme une grande sœur, en leur disant, vous avez envie, mais il faut faire attention à vous. IL faut faire confiance à des gens qui ont une expertise dans différents domaines et qui veulent vous aider ».

«Il était urgent de monter une structure forte pour être crédible pour toutes les actions prévues par le collectif, pour mieux se faire comprendre des institutions, de la Société Civile et aussi des grandes enseignes commerciales. Créer une structure juridique est aussi incontournable pour prévoir des projets sur le long terme » car, reconnaît la jeune attachée de presse Rebecca Marival, « les jeunes saint-martinois sont  déjà en marche, ils  veulent participer à la reconstruction de leur île ».

Pour preuve, un premier groupe a quitté Paris, cette semaine, et attend que le Collectif lui donne les moyens d’intervenir en toute sécurité. Pour l’instant les jeunes bénévoles sur place qui « sont partis en éclaireurs pour réconforter les familles se prennent en charge personnellement » mais, rajoute la Présidente du Collectif, la structure « Dans l’Action pour Saint-Martin » devra les soutenir dans leur démarche qui certainement s’installera dans la durée. « Saint-Martin ne va pas se remettre sur pied en deux mois » soupire Rebecca Marival.

La guadeloupéenne témoigne pour ceux et celles qui refusent d’abandonner Saint-Martin c’est le cas de sa mère : « Elle est assistante sociale, moins touchée par le cyclone que d’autres, mais elle n’envisage pas d’aller en Guadeloupe où elle serait pourtant prise en charge par sa famille ». Quant à ceux et celles qui font le trajet : « Leur situation est souvent pire que lorsqu’ils se trouvaient dans les décombres de Saint-Martin ». A la descente de l’Aéroport Pôle Caraïbe de Guadeloupe, certains sont tout simplement oubliés sur place.

Ces situations insupportables, les jeunes du Collectifs en énumèrent plusieurs au cours de la soirée à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris. Certains témoignages sont également publiés sur les réseaux sociaux, relayés dans la presse hexagonale, qui rendent compte du «désastre humain que vivent les sinistrés de Saint-Martin». L’occasion pour la Présidente de dénoncer les fausses informations  et les rumeurs trompeuses qui circulent dans les médias « Je ne veux plus entendre que les sinistrés mentent sur leur situation, je ne veux plus qu’on cache que les sinistrés sont dans un No man’s Land et que l’île va se reconstruire très vite et que tout ira bien ! » nous confie la jeune antillaise bouleversée et en rage.

« Sur une île détruite à 95%, il faut respecter les personnes qui souffrent. Il y a eu des rumeurs qui exagéraient des témoignages sur place, mais certaines révélations sont très réelles, 70 % d’entre elles sont vraies ». Et manifestement furieuse, elle souligne « qu’Il n’y a aucun suivi des rapatriés qui sont obligés de partir sans bagage, sans leurs animaux de compagnie. Leur véhicule est très souvent réquisitionné. Les enfants séparés de leur mère sont un vrai problème humain. Tous ces rapatriés arrivent pour la plupart, cassés psychologiquement et en pleurs ».

Pour l’instant le Collectif est en relation avec la Maison de Saint-Martin à Paris qui commence à recevoir des collectes et des dons.  En attendant d’être reçu par Annick Girardin, la ministre des Outre-Mer, le collectif de saint-martinois « Dans l’Action pour Saint-Martin », leurs amis et partenaires, déterminent les priorités et affinent la présence juridique de la structure pour mieux intervenir sur le terrain.

Fière des jeunes saint-martinois, à l’origine de ce Collectif, la Présidente Rebecca Valentine nous dit combien elle admire la volonté de ce groupe formé sur whatsApp dont la seule et unique préoccupation est de se rendre sur leur île pour soulager leur famille ou de porter assistance depuis Paris « pour aider et agir sur le champ ».

Ecoutez Rebecca Marival, Porte parole du groupe de jeunes « SXM Vs Irma », elle est devenue depuis mardi soir, la Présidente du collectif « Dans l’Action pour Saint-Martin » :

Rebecca Marival explique comment elle a été intégrée dans le groupe de jeunes saint-martinois et pourquoi Viviane Romana est devenue marraine du collectif de jeunes volontaires prêts à tout pour redresser l’île et qui ont aussi besoin de l’expertise de leurs aînés

Contact du Collectif : danslactionpoursaintmartin@gmail.com

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy        Images C’news Actus Dothy


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