Jouets de noël : Quels choix devons-nous faire ?


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En cette période de Noël, nous sommes, bien sûr, parents, grands-parents, tontons, taties etc… fortement sollicité (es) par les catalogues de jouets, les rayons des hypermarchés et les magasins spécialisés, pour les jouets à offrir à nos chers enfants.

Une constatation s’impose : la persistance chez nous de la répartition des jouets en fonction du sexe de l’enfant.
Même s’il existe quelques pages « neutres » pour certains jouets « scientifiques », la grande majorité est bien définie à travers les couleurs : rose pour les cadeaux de filles, et bleu pour ceux des garçons.
Aux filles, toujours les poupées, poussettes, dinettes, et robes de princesse, et aux garçons les voitures, robots, vaisseaux spatiaux.

Faut-il pour autant céder aux pressions du marketing ?
En regardant de plus près, les jouets proposés aux filles les cantonnent à la sphère privée en les invitant à s’occuper de la maison, à pouponner, à rêver au prince charmant et à se préparer à lui plaire en soignant leur apparence. A être de « vraies » femmes, en somme ! En revanche, les jouets proposés aux garçons les incitent à se projeter dans le monde extérieur, à l’action, l’aventure, la compétition. De vrais « hommes » virils…
On voit d’ailleurs à l’analyse des catalogues que les filles sont représentées dans des postures passives, et les garçons comme des super-héros, actifs et conquérants …

Les jouets, c’est uniquement pour jouer ?
Les jouets, c’est du «sérieux ! Ils sont autant source d’apprentissages que de plaisir : derrière chaque jouet, il y a pour l’enfant des compétences à découvrir et à tester, pour les goûter et les développer. Réduire l’accès aux jouets selon le genre des enfants, c’est donc les priver de certaines possibilités.
Le choix des jouets n’est probablement non plus pas sans répercussion sur le choix ultérieur de l’orientation scolaire et des métiers : aux filles majoritairement, jusqu’à aujourd’hui, les professions de secrétaire, infirmière, caissière, esthéticienne… Aux garçons celles de chercheur, policier, pilote…
Le choix des jouets n’est probablement non plus pas sans répercussion sur le choix ultérieur de l’orientation scolaire et des métiers

Alors, quels choix devons-nous faire ?
A l’approche des fêtes de fin d’année, c’est à nous parents de réagir pour ne pas enfermer nos enfants dans une éducation formatée par les commerçants et les fournisseurs de jouets. Ne laissons pas les stéréotypes limiter leurs potentiels !
Engageons les commerçants à évoluer, comme cela commence à se faire chez certaines enseignes qui proposent des situations les plus diverses, comme un garçon jouant à la poupée, une fille au basket, ou déguisée en pirate. Et oui, c’est possible !

Il ne s’agit pas de refuser des jouets à une fille ou à un garçon, mais de favoriser pour elles et pour eux la diversité et de proposer à tout le monde aussi bien la technique, le sport, l’aventure, que le soin à autrui et les tâches ménagères, tout en privilégiant les jeux qui permettent d’exercer l’imaginaire plutôt que ceux qui réduisent l’enfant à son genre et à une occupation précise (la guerre, le ménage… ).

Ainsi, nos enfants pourront s’amuser et se développer harmonieusement en jouant ensemble, préalable à un meilleur “vivre ensemble et plus épanouis » quand ils deviendront adultes.

Nathalie DRIGUEZ
militante UFM (Union des Femmes de Martinique)