La départementalisation à Mayotte n’est pas achevée

Vues : 176

La départementalisation réclamée par Mayotte et mise en place sous le Gouvernement de Nicolas Sarkozy, n’est pas aboutie à ce jour déplore la Cour des Comptes. Les conséquences sont graves car elles entraînent des dysfonctionnements dans la gestion de ce Département français de l’Océan Indien. Les entrées fiscales sont faibles voire inexistantes et le  taux de chômage record.

Pour les politiques et la population civile de Mayotte, c’était une exigence. Le maintient de Mayotte dans la République Française passait par l’adoption du statut de département pour les îles de Mayotte. Des îles nichées dans l’Archipel des Comores.
Un long combat pour obtenir une départementalisation si convoitée.Tout commence en 1841 quand Mayotte est vendue à la France. Ensuite, plusieurs agitations (de 1960 à 1970) remuent l’île qui s’interroge sur la question de l’indépendance!
Enfin, en 1974, La France organise un référendum qui devait, selon elle, plébisciter l’indépendance de Mayotte, mais, c’est le contraire, c’est à la départementalisation que rêvent les mahorais. Et, depuis ce temps, Mayotte composée de deux îles principales (Grande-terre et Petite-Terre) demandait à la France ce nouveau statut. Le 31 Mars 2011 , elle devient officiellement donc, Département et Région  (DROM).

Elle se fait aujourd’hui épinglée par les juges financiers de la Cour des Comptes.

Dans son rapport publié hier (mercredi 13 janvier 2016), les juges financiers de la Cour des Comptes à Paris, ont rédigé un sévère bilan sur la mise en place de ce processus de départementalisation.
Selon eux, ni le département ni l’État français ne sont  allés au bout de la gestion financière de Mayotte, il ne se sont pas donnés les moyens pour le faire. Résultat, aujourd’hui les responsables de ce département font face à des dysfonctionnements qui entravent la bonne marche financière de l’île.

L’immigration, un problème récurrent à Mayotte.                                                                  Les principales remarques de la Cour des Comptes concernent le problème de l’immigration, un problème majeur sur le petit continent qui souffre d’un afflux d’immigrés qui vient pour beaucoup du reste de l’Archipel des Comores, mais pas seulement. Mayotte étant située dans le canal du Mozambique, entre l’Afrique et Madagascar est un attrait, de part son intégration dans l’Union Européenne et parce qu’elle est française .
Ce département est pourtant le plus peuplé en France ( densité par habitant), il compte 220 000 habitants (selon le quotidien le Monde) , un chiffre qui pourrait être plus important, de plusieurs dizaines de milliers d’immigrants.

La clarification des Taxes fiscales comme la Taxe d’habitation et foncière n’est pas faite.
La raison : le partage entre les domaines publics de l’État et ceux du département n’est pas établi clairement.
Des rentrées financières qui sont difficiles à percevoir. Beaucoup d’habitants occupent des logements sans titre de propriété. La régularisation foncière, ce préalable à la départementalisation n’est toujours pas faite, une situation qui dure depuis 2011. Les budgets des communes sont dans le rouge.
Le chômage n’épargne pas le département, il touche aujourd’hui 36,6% de la population.

La Cour des Comptes reproche à l’État de n’avoir pas fait face à toutes ces données démographiques et économiques, connues avant même que Mayotte ne devienne Département et Région.

Pour l’Institution (en charge de la régularité des finances publiques), il devient urgent pour Mayotte de clarifier ses ressources pour équilibrer ses finances et elle exhorte l’État à mieux « anticiper la trajectoire de dépenses » en faveur de Mayotte.

Dorothée Audibert-Champenois

Photo : 20 Minutes


1 commentaires :

Les commentaires sont fermés