La dette des Régions en permanente augmentation

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Selon un rapport du gouvernement, la dette des Régions, qui affichait +5,6% en 2013, n’a de cesse d’augmenter. La Martinique n’est pas en reste.

20,3 milliards d’euros, voilà le montant de la dette des Régions avancé par le gouvernement.
Et si le rapport est fait quant à la population, le niveau de dette s’élèverait donc à 341 € par habitant. Si, dans l’ensemble des Régions il est question d’augmentation, dans certaines d’entres elles on parle alors carrément d’une envolée, à l’instar de la Lorraine ou encore la Bretagne qui affichent respectivement +25% et +27%.

Un bien triste record que celui détenu par la Martinique : +51%.
Selon Christophe Parisot, responsable de la notation des collectivités en Europe chez Fitch Ratings, la hausse de l’endettement s’expliquerait par la baisse des dotations de l’Etat, une baisse qui pèserait lourd sur les recettes des Régions, d’autant qu’elles n’ont quasiment plus aucune marge de manœuvre du côté de la fiscalité. Il souligne par ailleurs qu’elle serait également liée à l’inertie des Régions; celles-ci ayant trop souvent tendance à utiliser l’emprunt comme variable d’ajustement afin d’équilibrer leur budget.

Si la dette des Régions connait une flambée, force est de constater qu’elle demeure relativement faible par rapport à celle de l’Etat dans son ensemble.
En fin 2013, la dette de l’Etat s’élevait en effet à 1,925 milliards d’euros (fiou!). A en croire les experts, la dette des Régions n’aurait donc pas de quoi nous affoler. Et, selon Olivier Régis, président délégué du comité de gestion du Forum pour la gestion des villes et des collectivités territoriales, l’Etat a presque toutes les manettes sur les finances des régions, il n’en laissera donc pas tomber une seule.

En tout cas la dette des Régions ne devrait pas diminuer à l’avenir, bien au contraire.
Les collectivités locales, communes et départements inclus, vont en effet voir leurs dotations allégée de 11 milliards d’euros d’ici 2017, ce par rapport au vaste plan d’économies de 50 milliards annoncé par le gouvernement. Et il n’est pas sûr que les synergies tirées de la fusion des régions compensent cette cure d’austérité.

Qu’en pensent les élus locaux quant à la situation de la Martinique?

Daniel Marie-Sainte, Vice-président du Conseil Régional et Chef du groupe des élus Patriotes Martiniquais et Sympathisants, réagit en ces termes :
« Le Compte administratif 2013 du Conseil Régional, voté le 27 mai 2014, révèle que, depuis son arrivée, Serge Letchimy a déjà contracté 11 emprunts. Trois d’entre eux ont été contractés avec des taux d’intérêts supérieurs à 5%, voire supérieur à 6%! Serge Letchimy a traité avec des banques privées à des taux d’intérêts deux fois supérieurs du taux d’intérêt moyen de la dette des Collectivités Territoriales au plan français. (Source : « la Gazette des collectivités territoriales » du 20 août 2012). D’ailleurs, la Chambre régionale, dans un rapport public établi en décembre 2013, a reproché au Président du Conseil Régional de faire des emprunts, non seulement en fin d’exercice mais, en plus, avec des taux d’intérêts très élevés … Au contraire, Serge LETCHIMY a considérablement alourdi le poids de la dette régionale à partir de 2011. Au 31 décembre 2013, la dette pesait près de 181 M€ en capital, sans compter les intérêts et autres frais financiers. La Chambre Régionale des Comptes, dans le rapport de décembre 2013, mentionnait, en outre, que : [le niveau d’endettement du département de Martinique était près de deux fois plus élevé que le niveau moyen des départements de la même strate de population sur la France entière]. Dans la perspective de la mise en place, en 2015, de la Collectivité unique formée par le département et la région, la dette des deux collectivités va se cumuler pour une population qui reste à 400.000 habitants. Les ratio d’euros par habitant de la dette de la Collectivité de Martinique excédera les 1000 €/habitant ».

Fred Lordinot, Président de la commission finance du conseil Régional de Martinique, réagit aux propos de Daniel Marie-Sainte. Selon Mr Lordinot, il y aurait 5 bonnes raisons de recourir à l’emprunt.
La première raison évoquée par ce dernier serait tout simplement de « rattraper le désastre de la mauvaise gestion des Indépendantistes », car, explique t-il, apres 12 ans de pouvoir indépendantiste, la Région Martinique affichait en 2009 un déficit de 49 Millions d’euros, soulignant qu’en négligeant les investissements les indépendantistes ont sacrifié les intérêts du Peuple martiniquais et particulièrement de la jeunesse.

La seconde raison, « réaliser les investissements d’avenir ». Le Président de la Commission Finance prend pour exemples le TCSP, le réseau numérique, le port, etc… en précisant que les les principaux équipements et infrastructures ont été négligés par le M.I.M -Mouvement Indépendantiste Martiniquais-.

La troisième raison met en avant le fait que « les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demains ». Les emprunts réalisées permettent d’élever le montant annuel des investissements régionaux à près de 200 millions d’euros et de créer plus d’activités en Martinique.

Quatrième raison : il s’agirait d’« emprunter pour compenser le désengagement de l’Etat ». Pour réduire le déficit des comptes publics, l’Etat se désengage et diminue les dotations versées au Conseil Régional. Pour investir, la Région doit trouver des recettes nouvelles et emprunter davantage.Grace à sa bonne gestion, la Région Martinique a la confiance des banques.

Cinquième raison : « financer un nouveau modèle de développement ». Le modèle de développement basé sur les exportations de bananes et les transferts de fonds en provenance de l’Etat ne fonctionne plus. La mise en œuvre d’un nouveau modèle de développement est une question de survie pour la Martinique; et pour financer ce nouveau modèle qui privilégie les énergies renouvelables, les technologies numériques, la valorisation de la biodiversité, la recherche et l’innovation.

Photo : capital.fr