La martiniquaise Maëlly Largen, crée le 1er Festival des Musiques Antillaises de Salon à Paris

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Le Festival créé par la martiniquaise Maëlly Largen, « Back to Biguine » se termine dans la danse. En choisissant ce thème pour le projet imposé qui clôture son année de Licence, elle a eu raison.

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La jeune étudiante a pu mobiliser à Paris, des antillais de tous les coins de l’hexagone mais aussi des artistes de renom comme Max Cilla ou Bago Balthazar venus en curieux à la soirée de clôture du premier Festival « Back to Biguine » à la Goutte d’or, à Paris. Son professeur dans la salle approuve.

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21 heures, premier coup de saxo sur la musique de « Mi Yo » sous le commandement de Nita Alphonso «  Chaque Cavalier, saluez vos Dames ». 

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Premiers ordres sur ce premier quadrille « Pastorel », puis suivra celui de l’« Eté. Les 8 danseurs sur la scène musicale de FGO-Barbara, se déplacent sur ordres et composent les figures de ces danses de salon de Martinique, de Guadeloupe ou de Marie-Galante. Pantalons sombres et chemises madras (pour les hommes), Maré Tèt’, éventails et robes madras (pour les femmes) qui s’ouvrent, les pas des cavaliers sont dans ceux des dames, le public est conquis. Enfin, applaudissements continus et salle en transe, saluent la biguine de sortie de la troupe de danse de Madi & Kéra.

Claudy Largen, ancien interprète du tube martiniquais « Honoré, Honoré (chant de Noël antillais) », déchaîne les spectateurs qui explosent avec la chanteuse guadeloupéenne Florence Naprix.

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Maëlly Largen, a gagné son pari, en coulisse avec son ami Jean-Nöel Trobrillant,  ils sourient, ils sont heureux.

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Maëlly est à L’IESA à Bastille ( Grande Ecole des métiers de l’Art et de la Culture) , en médiation et production culturelle à Bastille. C’est pour la validation de sa licence qu’elle réalise « in situ », en grandeur réelle, cette première édition du Festival « Back to Biguine ». Comme Jean-Nöel, son associé et partenaire, Maëlly Largen est de la Martinique. Avec un père musicien très connu sur l’île, Claudy Largen, la jeune fille bercée par les cadences, variétés et traditions de son pays, n’a eu aucun mal à s’inspirer de son héritage culturel. Elle a donc « naturellement » voulu orienter son projet dans cette voie, la valorisation du patrimoine. Faire découvrir ou redécouvrir les Musiques Traditionnelles de Salon des Antilles. C’est à dire la biguine, la mazurka, la valse créole et le quadrille. Un carnet d’adresse et un réseau important, ont fait le reste durant ces deux jours qu’aura duré l’événement artistique.

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Le vendredi 29 avril, première journée. Une projection rendait hommage à ces danses antillaises. Le documentaire, « Ernest Léardée ou le roman de la biguine » de Christiane Succato-Goldman et Jean-Pierre Krief retrace le parcours musical d’Ernest Léardée. Celui qui en 1930 créa à Paris, le premier Bal Nègre en popularisant la Biguine dans la capitale. Alex Uri, ancien Rédacteur en Chef à France télévision et invité spécial de la rencontre a eu en charge outre de présenter le film mais aussi, d’animer la conférence-débat. Auparavant, le public nombreux a pu assister au vernissage des œuvres du peintre martinico-guadeloupéen Ludovic Pozzo, qui met en danse ses personnages. Des coups de pinceaux qui font écho au thème du Festival « Back to Biguine ».

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La dernière journée, celle du samedi 30 avril, était consacrée aux contes et légendes des Antilles. La conteuse Magguy Farraux a immergé les très jeunes dans l’univers des musiques traditionnelles avec comme support des contes et des sons caribéens. Une charmeuse guadeloupéenne, qui dit les « zistoi » de compè Lapin et de Madame la Lune  à tous les enfants dès l’âge de quatre ans. Le but, la découverte des contes créoles et aussi écouter une musique antillaise que beaucoup de petits antillais, nés parfois dans l’hexagone ne connaissent pas. L’idée de la transmission est aussi celui de Maëlly.

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Maëlly Largen, passionnée de musique traditionnelle depuis son jeune âge a choisi un lieu populaire pour son événement. Dans le quartier de la Goutte d’or, à quelques pas du métro Barbès-Rochechouart :  FGO Barbara, un centre culturel dans le 18ème arrondissement. C’est ici sur deux niveaux, qu’elle a inauguré la première édition de ce Festival.

Comme le dit son collaborateur et ami, Jean-Nöel Trobrillant, c’est un projet professionnel, réalisé par une étudiante qui tient à travailler avec toutes les générations. Dans son projet, il lui fallait un parrainage et la jeune étudiante à fait appel à la structure de Nati Alphonso (Karukéra). Au sein de cette association elle a travaillé avec une troupe qui évolue depuis plus de 15 ans en métropole. Il s’agit de la formation Madi & Kéra, contraction de Madinina et de Karukéra, les noms caraïbes des deux îles de Martinique et de Guadeloupe. La troupe est domiciliée à à Argenteuil, ils sont 60 danseurs traditionnels de Musique de Salon.

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Selon Jean-Noël, valoriser le patrimoine, c’est un devoir, « chaque antillais est un peu un ambassadeur de sa culture ». A travers ce projet, il était important, pour les deux associés, pas seulement de promouvoir les artistes, mais aussi d’aider les jeunes qui essaient d’évoluer dans ce milieu.
L’objectif de l’événement pour Maëlly et de « Back to Biguine », est de présenter au « Tout Paris », le savoir faire et la qualité des musiques antillaises. De rendre hommage aux Musiques Traditionnelles Antillaises de Salon (MTADS).

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Maëlly Largen et Jean-Nöel, de jeunes étudiants motivés qui prouvent, qu’il n’y a pas d’âge pour mener à terme de grands projets ambitieux et comme il le dit, Jean-Nöel Trobrillant « Même si c’est difficile, il ne faut pas avoir peur, il faut essayer ». (Reportage Dorothée Audibert-Champenois)

Ecoutez Maëlly Largen sur la suite qu’elle donne à son premier « Festival Back to Biguine » (au micro de Dorothée Audibert-Champenois)  :

Photos Dothy A-Ch