La mère porteuse escroquait des couples homosexuels

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Elle se faisait appeler « Ange sincère » ou « Petite Cigogne ». Mardi, le Tribunal Correctionnel de Blois a condamné cette mère porteuse a un an de prison avec sursis. La jeune femme originaire de Vendôme était poursuivie pour avoir escroqué un couple d’homosexuel, ses autres victimes lui reprochaient d’avoir plusieurs fois vendue des bébés qui leur étaient destinés.

Sa première expérience de mère porteuse remonte à 2008, quand elle accouche d’une petite fille à Chambray-les-Tours. La jeune femme n’a pas les moyens financiers pour élever un cinquième enfant alors, elle décide de donner l’enfant à un couple. Et l’idée lui vient, de vendre son ventre.

En 2010, Aurore est facilement joignable, il suffisait de la contacter via le Net. C’est ainsi qu’un couple d’homosexuel passe un drôle de contrat avec la jeune femme de 37 ans. Elle leur propose de « porter » leur bébé, ils s’entendent pour la somme de 15.000 Euros. Seulement, après les neuf mois d’attente, les deux hommes reçoivent un simple texto de la vendômoise, qui leur annonce la mort de « leur enfant ».
En fait, elle avait remis le nouveau-né, de sexe masculin, à un autre couple d’homosexuel qui vit au Luxembourg en échange de 10 000 Euros.

En 2012, Aurore récidive avec un autre couple d’homosexuel. Elle fait une insémination artisanale, elle est enceinte, le couple lui fait une avance de 9000 Euros. La jeune femme accouche dans une polyclinique de la Chaussée Saint-Victor . Comme il y a deux ans, elle déclare que le nourrisson, Simon, est mort-né, mais elle le revend 15 000 Euros à une famille d’hétérosexuel qui vit en Seine-Maritime.
En 2013, le couple d’homosexuel toulousain porte plainte, entre temps la Polyclinique a alerté le Parquet, elle trouve étrange le comportement de la jeune accouchée.
La Police arrête le manège de la jeune femme, elle est mise en examen et les couples qui l’ont contacté, sont poursuivis par la justice.

A la fin de son procès, le 26 janvier 2016, le vice-procureur Jean Demattéis, avait requis 1 an de prison dont neuf mois avec sursis. Mis en délibéré, le Tribunal Correctionnel de Blois, a rendu son jugement hier, mardi. Malgré ses excuses, Aurore est aujourd’hui condamnée à 1 an de prison avec sursis, une peine allégée à celle demandée par le Parquet, il y a deux mois.
Les quatre couples impliqués dans cette affaire sont accusés de « Provocation à l’abandon d’enfant ». Ils sont condamnés à 2000 Euros avec sursis.
Devant les juges, la vendômoise avait pourtant avoué « qu’elle voulait donner du bonheur », en aidant des familles qui avaient besoin d’elle. Des familles, qui savaient que leur transaction était illégale.

En France, la Loi du 29 juillet 1994, relative au respect du corps humain, interdit la Gestion Pour Autrui. Les mères porteuses sont passibles de trois ans de prison et 45 000 Euros d’amende. Les personnes poursuivies pour «Provocation à l’abandon d’enfant », encourent des poursuites et risquent six mois d’emprisonnement et 7500 Euros d’amende.

Dorothée Audibert-Champenois