La reconstruction d’Haïti dans la Tourmente, peu de maisons construites par la Croix Rouge depuis le séisme de 2010

Vues : 260

Un rapport de ProPublica, publié depuis quelques mois et qui mérite d’être rappelé, a mis à jour les activités humanitaires de la Croix Rouge depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

L’enquête des journalistes du site en ligne présente un rapport accablant pour l’Organisation internationale. Avec 488 millions dollars de dons, la Croix Rouge n’a pu jusqu’ici construire que seulement six abris pour les sinistrés.

Cinq ans après le séisme qui a fait plus de 230 000 morts et pendant que le Pays se prépare à de nouvelles élections présidentielles, cette information ne peut que créer désarroi et inquiétudes en Haïti. Une population qui espérait très vite une reconstruction du Pays, annoncée à grands cris par la Communauté Internationale. Depuis le bilan est catastrophique et la Croix Rouge qui a récemment présenté son action comme positive, a échoué note les enquêteurs de ProPublica. Ils se basent sur des « mémos confidentiels », des e.mail d’officiers supérieurs inquiets et de plusieurs intervenants frustrés des promesses non tenues de l’Organisation Internationale.

Port_au_Prince-1024x682

Les haïtiens victimes de ce séisme de janvier 2010 et des répliques qui ont suivies, vivent encore dans une situation misérable. Comme l’exemple pris à Campeche, une banlieue de Port-au-Prince. En 2011, la Croix Rouge a lancé le plan LAMIKA pour venir en aide aux habitants de ce quartier pauvre, en promettant d’investir plusieurs millions de dollars. Aujourd’hui, aucune maison n’a été construite à Campeche.
Les sinistrés les plus touchés du tremblement de terre vivent dans des cabanes en tôle rouillée, sans eau potable, ni d’électricité, ni d’assainissement de base. Quand il pleut, les haïtiens de Campeche écopent leur cabane inondée.

Les journalistes qui ont mené cette enquête, pointent du doigt plusieurs causes et de nombreuses erreurs. La première est la plus grave. L’Organisation a privilégié l’embauche de beaucoup d’étrangers qui ne maîtrisaient pas la langue créole, une langue majoritairement utilisée en Haïti. Selon, Judith Saint-Fort, Directrice de Programme Haïti, elle rapporte que les cadres supérieurs de la Croix Rouge, se plaignaient des employés haïtiens qu’ils trouvaient « désobligeants ». Du coup, les employés « étrangers » écartaient tous les « CV haïtiens ». Pour Judith Saint-Fort (haïtienne-américaine) la Croix Rouge a échoué en Haïti.

L’Organisation se défend en avançant que sa gestion était quelque fois confiée à des « groupes » qui avaient de lourdes dépenses de gestion. La Croix Rouge, Interrogée par le site aurait déclaré :
« Comme beaucoup d’organisations humanitaires, la Croix Rouge a rencontré beaucoup de complications dans leurs projets. Des retards dus à des problèmes de coordination avec le Gouvernement en place, aux litiges sur la propriété foncière, aux retards à la Douane haïtienne, à la difficulté de trouver du personnel qualifié et à l’épidémie de choléra ».

L’Organisation fait remarquer qu’elle aurait aidée tous les haïtiens en leur distribuant individuellement, pour environ 10 millions de dollars, ce que réfute Jean-Max Bellerive, ancien Premier Ministre d’Haïti en 2010. Des élus ont par ailleurs tenté de connaître les comptes de l’Organisation, qui refuse systématiquement tous contrôles des chiffres qu’elle annonce pour ces différentes opérations humanitaires dans le Pays.

Dorothée Audibert-Champenois


1 commentaires :

  1. Chanou

    Voilà pourquoi je ne fais pas de dons.
    Les dons remplissent les poches des malpropres déjà friqués et une très petite partie sert à faire semblant de construire et/ou reconstruire pour les pauvres.

Les commentaires sont fermés