L’auteur martiniquais Jacques Exily présente « Les Chroniques de Simon Soul » au Salon du Livre à Paris

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La 36ème édition du Salon du livre de Paris est l’un des événement littéraire le plus connu sur la scène internationale. Le Salon, désormais « Livre de Paris » est un lieu où se côtoie différentes nationalités et différents univers. C’est un auteur et dessinateur de Bande dessinée Jacques Exily installé en France depuis quelques années que nous rencontrons. Dans le stand dédié aux écrivains d’Outremer et sous le haut patronage de George Pau Langevin Ministre des Outremers, il attend pour dédicacer son nouveau livre qui vient d’être publié. De nombreux visiteurs mais peu d’acheteurs dans les stands.

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Le monde du livre, un secteur en crise qui ne décourage pas les fans de Bandes dessinées. Même si ici également, les livres se vendent moins bien à cause du Net, les « petits auteurs » comme Jacques Exily, auteur-illustrateur restent positifs.

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Inspirés de son blog et de son journal satyrique qu’il publie quotidiennement sur le net, il présente ce vendredi 18 mars « les Chroniques de Simon Soul ». En attendant de le rencontrer, c’est à Radio France qu’il commence une après-midi de discussion qu’il espère « riche d’échanges et de critiques ».
Jacques Exilie, n’est pas seulement un auteur de bande dessinée, c’est un écrivain engagé qui observe d’un œil acéré l’actualité et la commente sévèrement quand il le faut. Pour cela, il a inventé un personnage « animalier  du nom de Simon Soul » qui serait sa « conscience », à qui il fait traduire ses émotions, ses doutes, ses colères, qui « s’insurge contre toutes injustices et qui dit tout haut ce que tout le monde dit tout bas ».

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Le martiniquais a le sang chaud, il est caribéen, il a l’héritage de cette « résistance des nègres marrons ». En ouvrant les livres posés sur sa table au Salon du Livre, on est pas étonné de respirer l’atmosphère chaud, humide, moite, et l’odeur de la terre après la pluie sous les tropiques. Chaque feuille, chaque dessin décrit la vie afro-caribéenne et les traits familiers de ses personnages marquent le territoire de ses récits. Mais l’écrivain-dessinateur va plus loin dans les messages qui l’occupent, ils pourraient concernés tous les citoyens de différentes planètes. De la crise des migrants Syriens aux marches pour la dignité des Soirs aux États-Unis. Mais cet afro-descendant reconnaît qu’en filigrane sa première résistance est celle que dénonce toute oppression. Simon Soul, son héros dans les chroniques quotidiennes est de cette trempe là. Dans ce monde imaginaire qu’il s’invente ou réinvente, l’auteur-dessinateur se souvient , des périodes enfantines semées d’anecdotes autour de personnages réels à la Martinique.

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Une enfance aux Trois-ilets au sud de l’île. La maison de sa mère couturière à L’Anse-à-l’âne, une campagne qui n’en est pas une. A côté, l’Anse-mitan, une région touristique, patrimoine protégé. La région où il est né, les Trois-Îlets a vu grandir la seule Impératrice des français, la femme de Napoléon, Joséphine de Beauharnais.

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Jacques Exily commence à dessiner dans ce petit coin presque paradisiaque sur les hauteurs de son quartier.
Vue magnifique, plongée sur des terres où se déplaçaient à pied ses grand-parents, les paniers caraïbe sur la tête.

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Le jeune autodidacte à de quoi s’inspirer en image et à 19 ans il réfléchit, comment mettre en scène cette beauté mais aussi les révoltes et les frustrations qui l’agacent. Ancré dans ce passé « An Tan Lontan », il commence à s’exprime sur le papier, il apprend, compare, s’instruit tout seul, avec entre autre des auteurs comme Jean-Claude Denis.
Il commence a avoir une notoriété, et Jacques Exilie, s’embarque alors plus souvent, sur la « vedette » qui fait le trajet de chez lui à Fort-de-France, qui l’amène à l’époque au Bord de mer, à la rue Ernest Deproge. Il participe à la vie artistique foyalaise (Martinique), on le voit dans les festivals, les médias parlent de lui. Précoce, le jeune Jacques prend son envol et décide d’aller vers la métropole pour découvrir d’autres auteurs, d’autres méthodes de travail.

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Vivre de son art n’est pas facile, qu’importe,  il occupe un poste dans une Société de transport, il est maintenant fonctionnaire.
L’écrivain-dessinateur voyage durant ses congés et enrichit son imagination. Il part le sac à dos tantôt au Vénézuela, au Brésil il passe ses vacances en Amérique du Sud, s’arrête pour fonder une famille.
Pas question de négliger le dessin ni son blog, il accepte de parler de son métier quand on l’invite et court les festivals, celui d’Angoulême est le dernier rendez-vous de cet homme occupé.
Entre 1995 et 2016, date de son premier travail, il publie 14 livres : recueils, albums, chroniques et contes.

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Compère lapin, compère macaque, sont les personnages des contes populaires avec lesquels le reporteur Simon Soul discute dans « Les chroniques de Simon Soul ». Exemple, dans « L’argent des bandits » paru en 2013, la diable et sa fille la diablesse des contes antillais, vont s’amuser à fabriquer de la fausse monnaie car ils n’ont plus d’argent pour vivre. L’écrivain qui porte un jugement assumé sur les difficultés pour vivre dans la Société, s’intéresse à tous les problèmes sociaux et politiques.

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Pour ce passionné, la bande dessinée est un bon outil pédagogique, il lui permet d’associer l’image et le texte. Amuser, un autre tour pour Jacques Exilie, comme dans les berceuses antillaises qui aident le sommeil des plus jeunes. Sa dernière collaboration avec la journaliste Barbara Jean-Elie, donne la mesure dans ce domaine. Ses dessins illustrent la réalisation de « Sina sur son nuage », un chef-d’œuvre, sept histoires de la caraïbe écrites par la journaliste et actuelle conseillère de la Ministre des Outremers, Barbara Jean-Elie.

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Même s’il regrette que son travail soit moins suivi chez lui, en Martinique, à cause de la distance, Jacques Exilie apprécie que ses compatriotes s’intéressent de plus en plus au 9ème art (la Bande dessinée). Ce soir à la Porte de Versailles, il est au LivreParis. Une nouvelle raison pour le martiniquais de se confronter à un public international, africain, antillais, américain et européen.

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De son premier funzine, une trilogie de « Ti Coq et les enwelords », l’auteur qui aime travailler en noir & blanc, vient de sortir son 14ème livre. « Les chroniques de Simon Soul », une édition tout en couleur, au feutre beaucoup plus simple dit-il, un 14ème livre qui coûte la somme symbolique de 14 Euros. Toujours le clin d’œil farceur de l’humoriste-illustrateur écrivain Jacques Exilie.

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Prochaine sortie des tribulations du journaliste-animal reporter Simon Soul le 14 décembre 2016.

Ecoutez Jacques Exily, il se réjouit du travail de ses confrères et compatriotes fait en Outre-mer :

Dorothée Audibert-Champenois

Galerie Photos Dothy-Ch