Le cinéma antillo-guyanais s’invite au 69ème Festival de Cannes

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Deux guyanais sont sur la Croisette. Ils sont frère et sœur, ils sont à Cannes pour vendre leur documentaire « Masques ». Ils sont complémentaires, l’une est réalisatrice Apsita et l’autre est son producteur, c’est Arnaud. Une histoire de famille qui fonctionne, Les Berthelot ont leur boîte de Production à Avignon, Terre Rouge. Une structure de cinéma en plein développement. Leurs objectifs, avec le concours de leurs compatriotes antillais, mettre en avant la culture guyanaise et antillaise sur les marchés internationaux. A ce jour, ils ont à leur actif de nombreuses réalisations et sont en pourparler avec des personnalités qui comptent dans le monde audiovisuel ultramarin.

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Apsita Bertelot-Cissé, est diplômée du Conservatoire Européen d’écriture. Cette boulimique de culture cinématographique a d’abord connu les bancs de Paris 1 à la Sorbonne, puis préparé un DESS en ethnologie et méthodologie pour entamer une carrière de scénographe. Cette fille de Mana écrit des scénarios que d’autres réalisent, mais son but premier, c’est de raconter la vie guyanaise et ses particularités, de filmer et de diriger ses acteurs.

Après avoir scénarisé de nombreux courts et longs métrages, Apsita se lance dans le long métrage avec Amazone en 2010, Nianande Night and day en 2011 (tourné au Sénégal) et aujourd’hui, « Masques ». Ce documentaire de 60mn a été réalisé en 2015 et se retrouve ici à Cannes au Marché du Film. Il décrit un aspect cocasse du carnaval de Guyane, pendant lequel des femmes déguisées en Touloulou haranguent et séduisent des hommes qui ne les voient pas. Elles sont toutes masquées et se jouent des hommes ces soirs de carnaval. Mais le scénario s’aventure sur d’autres aspects du carnaval de guyane comme l’histoire de ce tirailleur sénégalais qui aurait arraché le masque d’une femme Touloulou pendant un Bal masqué, un soir de février 1946 . Dans son interview en fin d’article, Apsita Bertelot-Cisse nous en dit plus.

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Et Arnaud Berthelot rentre en scène. Il gère et concrétise les projets de film depuis Paris où il réside. Il a débarqué dans le cinéma par hasard, à la demande d’Apsita. Cet ancien producteur de musique est aussi fils de guyanais, il a grandi de Mana à Cayenne et pour lui c’est un devoir de s’attacher à sa culture et de la faire connaître aux autres. Avec des antillais comme Jill Servant ou Palaviré, ils étudient leurs prochaines collaborations.
Reportage Dorothée Audibert-Champenois

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Arnaud Berthelot reconnaît le peu de films ultramarins sur le site du Festival et Apsita explique le thème de son documentaire qu’elle présente au Marché du Film à Cannes 2016 (Au micro de Dorothée Audibert-Champenois

Photos : Dothy-CH pour People Bo Kay