Le martiniquais Romuald Pinville, un exemple de réussite à Cannes et en Alsace

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«Je fais ce qu’il me plaît. J’aime bien travailler et créer. J’aime savoir que je peux améliorer mon commerce et évoluer sans cesse ». Romuald Pinville revient d’un Salon à Amsterdam pour s’envoler quelques heures plus tard vers Paris. C’est le rythme effréné du chabin né aux Trois-Ilets en Martinique il y a une quarantaine d’années. Pourtant s’il réussit l’antillais est déçu. Dans le Sud, même si les associations antillaises sont nombreuses, il est rare de croiser des ultramarins et les échanges entre compatriotes lui manquent.

Les yeux clairs, le sourire aux lèvres, dimanche 9 avril vers 19 heures Romuald Pinville est au bar du Palm Beach Casino, il boit un verre quand nous l’abordons. Fier de partager ses expériences en France, il hésite un peu mais nous raconte enfin son parcours du lycée de Schoelcher à sa résidence de Grasse sur la Côte-d’Azur, au Sud-Est de la France.

Romuald Pinville a quitté la Martinique, à la fin des années 1980. Après avoir fait du commerce dans les fruits et légumes, le textile, la coiffure, l’esthétique et l’événementiel, le martiniquais Romuald Pinville est aujourd’hui dans le médical. En Alsace et à Cannes il a simultanément ouvert sa société Para Médical Hygiène.
Aujourd’hui, citoyen de la ville de Grasse, il lance un bar de dégustation de rhum et de vin dans la ville du cinéma.

Cette année 2017, Romuald Pinville a décidé de privilégier son activité dans le médical. Seul responsable de ses nombreuses sociétés, le martiniquais s’occupe des achats, organise les ventes et les livraisons : « Les produits consommables se vendent bien » nous dit-il. Dans ses deux sociétés « Para Médical Hygiène », Romuald distribue du matériel médical et des produits d’entretien.

En Alsace, si le travail n’est pas rare, les relations avec les alsaciens sont un autre combat. Le racisme cloisonne les rapports entre individus et « chacun reste à sa place » constate Romuald Pinville. Ce sont des obstacles qui n’empêchent pourtant pas le martiniquais d’entreprendre et de se lancer des challenges commerciaux.

Brillant élève à l’école hôtelière à la Martinique, il décroche son diplôme d’hôtelier à Schoelcher, après trois années d’études. Le jeune antillais de l’Anse-Mitan (Trois-Ilets) devenu père de famille en France, est tout d’abord dans l’hôtellerie et l’ambitieux ouvre des Salons de Coiffure pour son épouse à Mâcon (Région Bourgogne Franche-Comté). Rapidement, Romuald Pinville démarre ses premières activités commerciales à Cannes et habite avec sa famille dans la ville de Grasse, la capitale des parfums dans les Alpes-Maritimes.

La réussite de Romuald Pinville force l’admiration, le martiniquais n’a jamais chômé et il est un exemple de courage pour les jeunes de sa communauté.

Écoutez Romuald Pinville, il est étonné de ne rencontrer des ultramarins à Grasse qu’à l’association « Caresse Antillaise » : « La population dans le Sud est à la recherche de soirées antillaises, c’est dommage, nous ne nous retrouvons pas, il n’y a même pas de discothèque ».

Romuald Pinville qui réussit dans toutes les activités commerciales qu’il entreprend, livre ce messages aux jeunes antillais : « On réussit dans ce qu’on aime. Les jeunes ne doivent pas avoir peur de se lancer… » :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Photos C’news Actus Dothy