Le Plan Séisme Antilles

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Les Antilles sont les régions en France où l’aléa et le risque sismique sont les plus forts. Les scientifiques estiment qu’un séisme majeur pourrait causer la mort de plusieurs milliers de personnes, compte-tenu de la vulnérabilité actuelle du bâti.

Le plan séisme est un plan national dont l’objet est de réduire le nombre de victimes en cas de séisme majeur, et d’éviter que ces personnes ne soient tuées ou blessées lors de séismes moins importants. Il contribuera à limiter les coûts de reconstruction après séisme et à raccourcir la période de paralysie économique consécutive.

Le niveau de risques particulièrement fort aux Antilles a amené le Gouvernement (Conseil des ministres du 17 janvier 2007) à créer le plan séisme Antilles (PSA), avec une organisation, des ambitions et des moyens spécifiques par rapport au programme national. Le comité de direction (CODIR) est présidé par le directeur général de la prévention des risques, (DGPR), délégué aux risques majeurs.

Une cellule, la CCIAPSA*, placée au sein de la DGPR assure le secrétariat du CODIR, prépare et coordonne les actions. Le préfet pilotent le PSA au niveau local et s’appuie sur l’avis de comités séisme régionaux qu’ils ont créés en 2008. La mise en oeuvre opérationnelle du plan est assurée par le directeur
de DEAL.

Les actions du PSA peuvent être regroupées selon six axes :

1. les bâtiments de gestion de crise et les réseaux
2. les établissements d’enseignement
3. les établissements de santé
4. le logement
5. les établissements industriels
6. les actions d’amélioration de la connaissance, de sensibilisation, d’information et de formation à la gestion de crise

Déclinaison en Martinique

Le Plan Séisme Antilles est décliné autour de deux axes majeurs : les actions matérielles (réduction de la vulnérabilité) et les actions immatérielles (formation des professionnels et information du grand public).

En ce qui concerne la réduction de la vulnérabilité du bâti, les priorités actuelles sont les bâtiments scolaires (écoles, collèges et lycées), les centres d’incendie et de secours et le logement social.

Le principal outil est le Fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM) qui peut intervenir jusqu’à 50 % pour les bâtiments des collectivités locales, 50 % pour les bâtiments des SDIS et 35 % pour le logement social.

La réduction de la vulnérabilité

Tous les collèges et écoles de Martinique ont été diagnostiqués (seulement quelques lycées) et un vaste programme de confortement ou reconstruction a pu démarrer.

Actuellement ce programme concerne 35 écoles (dont 8 sont terminées) et 5 collèges. En ce qui concerne les écoles cela représente au total 339 classes soit une capacité d’accueil d’environ 8475 élèves. Pour les écoles le montant total des travaux dépasse les 71 M€ (dont 20M€ de
FPRNM, 10 M€ de crédits État et 15 M€ de FEDER). Pour les collèges le montant total des travaux est de 21 M€ (dont 8,5 M€ de FPRNM et de 1,5 M€ de FEDER).

Les bâtiments du SDIS sont également concernés avec actuellement le CIS de Fort-de-France en cours de construction (11,5 M€ dont 4,5 M€ de FEI). La reconstruction du bâtiment de l’État-Major est également prévue pour un coût qui reste à déterminer.

Des opérations de réduction de la vulnérabilité du logement social sont en cours ou prévues : la SIMAR porte ainsi 7 opérations de confortement en site occupé (12,6 M€ dont 3,8 M€ de FPRNM et 2,1 M€ de REHALULOS. À noter des prêts de l’AFD). Ces 7 opérations sont les Alizés à Fort-de-France, la Jetée au François, Beauséjour à Trinité, Calebasse, Bel-Air, Dillon et Sainte-Catherine à Fort-de-France. Au total cela concerne 817 logements.

Enfin, des études de vulnérabilité des établissements classés SEVESO ont été demandées par l’inspection des Installations classées. Les premières études réalisées à la raffinerie doivent être prises et définir les éventuels travaux à entreprendre.

Les actions immatérielles

Depuis 2006 des actions en direction du grand public (les journées Réplik, 3ème semaine de novembre) sont menées : réalisation de spots, affiches, campagnes d’information grand public …

Les architectes et ingénieurs ayant tous eu la possibilité de se former à la construction parasismique, c’est maintenant en direction des artisans que tous les efforts se portent : les sessions de formation 2011-2012 (160 000 €) seront reconduites en 2012-2013.

Perspectives

Le bailleur social OZANAM envisage également de commencer à conforter des résidences en 2012 (Pont de Chaîne, 75 logements, et Batelière, 905 logements). Il en est de même pour la SMHLM. Des dossiers sont attendus pour septembre 2012.

Très prochainement des conventions cadre entre l’État et le Conseil Général (collèges, bâtiments du SDIS,….) et entre l’État et le Conseil Régional (Lycées) devraient être signées et ainsi donner une meilleure visibilité aux partenaires.

Des diagnostics de vulnérabilité du risque sismique ont été lancés pour les bâtiments de l’État et sont actuellement en cours (fin prévue en septembre, imminente).

Un séminaire sur la responsabilité des élus aura lieu en octobre 2012.

*CCIAPSA : Cellule Centrale Interministérielle d’Appui au Plan Séisme Antilles

Source : Préfecture Martinique