Les 1ères rencontres-échanges « Fanm Ek Nonm Ansanm Pou Vansé » de l’UFM

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17 et 18 juin : Les 1ères rencontres-échanges Fanm Ek Nonm Ansanm Pou Vansé de l’UFM – Un franc succès et de belles perspectives.

Près de 300 personnes ont participé sur les 3 demi-journées de réflexion organisées autour du thème : « Femmes, féminismes, genre, regards croisés sur nos singularités », en partenariat avec l’Université des Antilles, le CRILLASH* et la CTM.

La date de cet évènement avait été choisie pour célébrer à la fois le 72° anniversaire de l’UFM, le centenaire de la naissance de Jane Lero sa fondatrice, et le 13 juin : journée martiniquaise de lutte contre les violences envers les femmes.

Dans son allocution d’ouverture, Rita Bonheur, la présidente de l’association, expliquait les raisons de l’organisation de ce colloque : sortir des actions militantes et d’accompagnement des femmes victimes de violences, réalisées au quotidien, pour proposer un temps de pause. Un temps de réflexion sur des sujets touchant au féminisme, à partager largement et de façon plurielle entre participant-es et intervenant-es venant de plusieurs horizons : universitaires, auteur-es, professionnel-les, politiques, artistes.

Qu’est-ce qui fonde notre singularité en Martinique sur les représentations du genre, les rapports et les inégalités entre les femmes et les hommes ? Quelle part d’universalité de la domination masculine dans toutes les sociétés, et de l’impact de notre histoire sur les rapports sociaux de sexe chez nous ? Quelles différences, quelles interactions possibles avec d’autres pays ? Comment construire des modèles qui nous sont propres ?

C’est à ces questions que ce sont attelés tous les participantes et participants à travers les 3 déclinaisons du thème :

  • Dans la « singularité de nos mouvements féministes et des rapports de genre», ont été évoqués la naissance du mouvement féministe dans les Antilles françaises (Clara Palmiste), questionnés les fondements identitaires de la résistance au féminin (Daniel Maximin), Corinne Mencé-Caster a présenté sa réflexion sur les impostures féminines développée dans son dernier livre «Mythologies du vivre-femme », et Gerty Dambury  a proposé de réfléchir sur les spécificités dans nos pays de la crise de la masculinité et des violences faites aux femmes.
  • « Femmes et féminismes, portraits d’ici et d’ailleurs»,  a débuté avec la très riche intervention de la délégation de Nouvelle Calédonie qui a présenté la dynamique et les actions en direction des femmes, puis la présentation des voix/voies de la résistance féministe dans les Amériques avec Myriam Moïse, et des portraits des femmes antillaises entre histoire et fiction (Daniel Maximin), puis de Jane Lero en tant que féministe et militante communiste dans le contexte historique (Clara Palmiste)
  • Et la dernière demi-journée a été consacrée à la « singularité du rapport de domination dans la sexualité ». Nadia Chonville a analysé les représentations sociales liées à la sexualité féminine en Martinique, puis la place était faite à l’expertise de terrain de l’UFM : Colette Janvion présentait les témoignages des femmes reçues à l’Espace d’Ecoute, d’Information et d’Accompagnement de l’UFM, et Cindy Lagier les influences de la perception de la sexualité par les jeunes dans le cadre des actions de prévention en établissements scolaires réalisées par l’UFM. Le psychologue Fred Galva, lui, évoquait le sens du « non » d’après son expérience tirée de l’intervention socio-judiciaire auprès d’infracteurs sexuels.

L’approche multidisciplinaire incluait des artistes, qui ont également contribué à la réflexion : slams et contes avec Fabrice Théodose, Flo, Hugo, Martine et Héléna, lectures de textes…

Un débat très riche

Le public, femmes et hommes, a activement participé, et a contribué ainsi à mieux s’approprier, comprendre et  décrypter les inégalités de genre et le sexisme qui s’exerce chez nous, afin de mieux les déconstruire et combattre les inégalités.

Un hommage appuyé a été fait à Corinne Mencé Caster, pour lui renouveler une solidarité face aux attaques féroces et sexistes auxquelles elle a fait et fait encore face à la tête de l’Université, et montrer le refus de toute dictature de la peur et de la violence machiste.

Comme il a été dit, nous sommes persuadé-es qu’il n’y a pas à attendre « le grand chamboulement », mais à essayer chaque jour, à travers nos actes, nos paroles, de faire avancer les mentalités. Pour, de plus en plus, ne rien laisser passer des inégalités, du mépris, des violences, qui touchent les femmes parce qu’elles sont femmes.

De belles perspectives se sont dégagées, dans la réflexion commune pour aiguiser les analyses, l’enrichissement mutuel, le partenariat, le faire ensemble, et la solidarité en Martinique et dans la coopération internationale, d’engagement renforcé de toutes et tous dans la lutte contre le sexisme.

L’idée quasi unanime a été le souhait que cette initiative devienne un rendez-vous annuel ! Le public a d’ailleurs été sollicité pour proposer les thèmes qu’il souhaite aborder l’an prochain. C’est ce à quoi l’UFM va s’atteler.

*Centre de Recherches Interdiscipl

Sources : Union des Femmes de Martinique