« Les anti Serena Williams : des racistes ordinaires ? »

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Par Franck Garain :

Serena Williams a remporté son 21ème trophée du grand Chelem et a reçu la reconnaissance du monde sportif, tout en activant le racisme grincheux et maladif de certains.

Depuis le début de l’ère Williams, que n’a-t-on pas dit à propos des deux sœurs et plus particulièrement à l’encontre de Serena !

« Trop musclée, » « pas assez technique ».., la numéro 1 mondiale est devenue la proie des amoureux d’un tennis caucasien, enragés à l’idée qu’une afro descendante soit aussi dominatrice dans un sport où les idoles ne sont pas traditionnellement les fils et filles de Cham.

Quand les négriers allaient chercher le bois d’ébène, ils ne choisissaient pas les malingres, les rachitiques, les perclus…Tant mieux pour Serena !

Et puis, pour beaucoup, la pratique de certains sports est interdite aux non caucasiens. Serena fait du tennis…Cela dérange…Comme dérangeait Suria Bonaly, une patineuse afro descendante à qui l’on reprochait sa masse musculaire peu compatible, disait-on, avec une discipline qui privilégie l’élégance.

En vérité, nous retrouvons là tous les stéréotypes affectifs, révélateurs de la représentation que se font les Blancs des Noirs. Ces derniers sont animalisés dans l’imaginaire des Caucasiens.

Certains philosophes du Siècle des Lumières, inspirateurs d’une Révolution française qui a supprimé les privilèges, sauf celui de posséder un esclave, n’étaient pas en reste. Ainsi Montesquieu, dans l’Esprit des lois déclare :

« Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens. »

Quant à Voltaire, il est affirmatif : des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce… ».

Dans le paradigme occidental, le Noir est animal. Ainsi, un animateur de la première radio privée belge, Radio-Contact, en juillet 2001, se croit fondé à dire que Justine Henin, défaite en finale du tournoi de Wimbledon par Serena Williams, avait été battue par « un singe ».

Le couvert est remis quand à l’issue des victoires des sœurs Williams face aux Belges Justine Henin et Kim Clijsters en demi-finales de l’Open d’Australie, deux animateurs de Q-Music qualifient Venus et Serena de « bosapen » – guenons en français.

Fanon est explicite à ce sujet et parle de langage zoologique. Le Nègre, aux yeux du Blanc est force, puissance, et il en a peur. Peur qu’il investisse son domaine réservé, peur que son « frère noir » ne le dévore. Il faut donc le repousser, le renvoyer à sa condition animale. Serena ne peut être que ça, pour certains. Elle ne peut être une grande championne qui a réussi à force de travail…On lui dénie le droit, légitime, d’accéder au succès…car elle n’est pas blonde comme les blés.

C’est pour cela que certains sont nostalgiques d’une époque blonde ou brune où cela fleurait bon l’épiderme convenu…toléré et partagé. Il faut du renouveau disent certains, entendez par là, il faut virer Serena !

Ah, si seulement elle était chanteuse de jazz, droguée de préférence, elle serait à sa place.

Et oui, l’anti Serena a un nom : le racisme, larvé dans des enveloppes techniques, pour que cela ne se sente pas.

Au final, ça pue quand même.

Photo : www.telegrah.co.uk


3 commentaires :

  1. Popi

    Sauf erreur de ma part, il me semble que Montesquieu, dans l’esprit des lois, utilise l’ironie pour dénoncer certains faits parmi lesquels l’esclavage.

  2. Bishop

    Si je critique un noir je suis raciste? Un musulman islamophobe? Un juif antisémite? Arrêtez de voir le mal partout, cette victimisation, ce débat stérile!
    Nadal essuie également beaucoup de critique quant à sa musculature est il noir? Ou c’est du racisme contre les noirs et les blancs trop bronzés?
    Ridicule!!
    Au lieu de voir des problèmes là ou il n’y en pas ouvrez vos yeux il y a plein de combats à mener et pas derrière un clavier!

  3. Dom

    Montesquieu usait de l’ironie et la phrase sortie de son contexte ne reflete pas sa pensée, mais celle des fallacieux de son époque.

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