Les Antillaises ont-elles un avenir dans le mannequinat en Métropole ?

Vues : 541
20160227_150005

Tamika, a 17 ans, une jeune espoir de la mode? Peut-être ! Comme beaucoup de jeunes antillaises, elle surfe sur internet pour rentrer dans les castings. Les créateurs ne les cherchent pas, ni les agences de Mode, non plus. Elles se confient dans la presse ultramarine.

Elles n’ont pas vraiment le choix, elles le disent toutes, il faut trouver des parades. Pour certaines, le rêve, ce serait de partir aux États-Unis ou à Londres dit une autre.

20160227_152010

Toujours le sourire quand on les aborde, mais un sourire qui se crispe quand on rentre dans le fond du sujet. Même avec des critères avantageux et un joli minois, les barrières sont là, têtus et rigides.

Un mannequin a désisté la semaine dernière et c’est Tamika qui a été choisie. Bingo, en plus elle porte la robe de la mariée, le clou de ce défilé à Paris. Elle a eu de la chance, Tamika , depuis un an elle tourne sur les podiums, mais jusqu’à quand ? Pour le moment, son père de la commune du Macouba (Martinique) et sa mère espagnole, l’encourage et la motive.

20160227_165549.

Mais pour d’autres jeunes la chance ne tourne pas, mais pas du tout. Vaincues, elles ne courent pas les agences de mannequins et espèrent, en cliquant sur les pages glacées des magazines de mode en ligne. En attendant, certaines  ont un autre petit boulot.
Et pour les jeunes filles qui décrochent le temps d’un week-end un petit contrat, elles perdent un peu d’étincelles, quand les séances de maquillage et de coiffure arrivent.

20160227_150219

Pour Elsie, agent de crèche, « Je suis grise », la maquilleuse du jour, qu’elle ne connaît pas, fera de son mieux. Mais avec son teint noir, ce make up  ne passe pas.

20160227_154710

C’est l’heure de la coiffure, Kayna, née à sainte-Anne en Guadeloupe, est infirmière à Paris. Elles est patiente, on doit lui faire une coiffure sculpturale. Et là aussi, la coiffeuse, qu’on interroge, s’arrangera : on lui a imposé son modèle.
Mais soulagement pour la guadeloupéenne, Lilou sa coiffeuse, a réalisé le motif qu’il fallait.
Quant à Tamika, ses longs cheveux sont dans des mains d’experts. Ce maquilleur de profession, reconnaît que les « Écoles de coiffure ne travaillent pas assez le cheveux noir », mais il apprend à les dompter.

20160227_171511

Le Défilé commence, les jeunes filles s’appliquent, elles aussi de leur mieux, pour se faire remarquer.
Pas habituées des podiums, certaines sont gauches et hésitantes. Pas suffisamment entraînées, elles sourient peu, les visages crispés. Leur aisance trop timide ne font pas le bonheur des photographes, elles ne posent pas, elles semblent fugitives.

Bilan, un défilé qui se termine vite, trop vite, comme un petit chaos.

Dorothée Audibert-Champenois

®photos Dothy A-Ch