Les élections en Haïti seraient « une mascarade électorale, une farce ridicule »

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« Une mascarade électorale, une farce ridicule », les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le processus électoral qui se déroule en Haïti. Les réactions sont vives, fortes et sèches contre la décision du Conseil Provisoire Électoral (CEP), de poursuivre des élections contestées. De fait, les Autorités haïtiennes ont décidé de reporter le deuxième tour des élections présidentielles et législatives, prévu ce dimanche 24 Janvier.

Le 25 Octobre 2015,  deux candidats étaient en lice pour le poste suprême de Président d’Haïti. Au recomptage des voix, ils obtenaient respectivement 32,75% pour Jovenel Moïse, le candidat du Parti au pouvoir et 25,29 % pour Jude Celestin, de l’opposition.

Mais le candidat Jude Celestin se retire de cette campagne électorale et le fait savoir ce lundi 18 Janvier, pour lui cette consultation électorale est « une farce ridicule ». Le Conseil électoral Provisoire (CEP), décide  de continuer le processus électoral, au motif que le candidat de La Ligue Alternative pour le Progrès et l’Amélioration, n’avait pas clairement manifesté son retrait. Conséquences, les citoyens agacés sont descendus dans les rues. Le Conseil Provisoire a signalé, des incendies, des tentatives d’incendies de bureaux électoraux dans les département du Nord, du Centre, du Sud, de l’Artébonite, de l’Ouest du pays.

Des milliers de manifestants en colère se dirigeaient vers le siège du CEP, dans la banlieue de Pétion-Ville.

Les raisons de cette colère sont nombreuses. Tout d’abord, l’Opposition qui dénonce des fraudes massives lors des dernières élections (25/10/15), entachées, selon elle, par de graves irrégularités,  bourrage d’urnes, absences de signatures, en faveur du candidat  du pouvoir en place, Jovenel Moïse.
Et maintenant, ce sont cinq organisations en charge du contrôle des élections, qui refusent de suivre le déroulement des votes avec un seul candidat en lice, ils demandent l’arrêt du processus électoral.

Les intellectuels, comme Lyonel Trouillot (Libération du 22 Janvier 2016) fustigent la communauté internationale. Pour l’écrivain haïtien, ce candidat unique, « sorti du chapeau de l’exécutif » ne sera pas reconnu par la population haïtienne, c’est une élection jouée d’avance ». Certains représentants de la société civile haïtienne dénoncent une énième ingérence de la communauté internationale qui finance cette élection.
L’histoire prouve que les marches électorales haïtiennes ne sont jamais simples à gravir. 31 ans après la chute du régime duvalièriste, 11 ans après un énorme séisme, où près de 300 000 haïtiens sont morts, et 1,5 Million de personnes sont sans abris, le pays est toujours dans l’attente d’une politique sereine et constructive.

Dorothée Audibert-Champenois

®photo Libération