Les molécules d’une petite éponge verte combattent efficacement le cancer du pancréas et des ovaires

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Cette découverte des chercheurs américains est une excellente nouvelle pour la population antillaise qui selon certains cancérologues vit dans la deuxième région au monde la plus touchée par les cancers du pancréas et de la prostate. Ils considèrent même que les populations insulaires subissent  « un désastre sanitaire » car l’utilisation du chlordécone dans les cultures est soupçonné d’être la cause de nombreux cancers.

 

Selon les scientifiques, au minimum 20% des surfaces cultivables de la Martinique sont contaminées par ce produit hautement toxique. Au fil des ans, le chlordécone s’est écoulé des bananeraies aux cultures vivrières, puis aux nappes phréatiques, et enfin aux rivières et aux mers (La Libre.be).

Les recherches avancent pour soigner des malades de plus en plus nombreux c’est le cas avec les nouvelles molécules étudiées sur l’éponge verte.

Elle vit dans les eaux sombres et froides des océans, dans les grandes profondeurs de 70 à 219 m. Sa découverte est une excellente nouvelle pour les chercheurs de l’Université médicale de Caroline du Sud et les médecins de l’ Henry Ford Cancer Center qui se sont associés pour étudier l’éponge verte.

Grâce à sa composition chimique unique, cette découverte est une avancée spectaculaire pour le traitement du cancer du pancréas rapporte le magazine Detroit Free Press . Les chercheurs ont découvert que la molécule tuent des cellules cancéreuses plus efficacement ou à un degré plus élevé que les cellules normales. Une version synthétique de la molécule est lancée pour étendre les nouveaux traitements contre le cancer du pancréas et des ovaires.

C’est une éponge à la taille d’une balle de golf qui a été découverte dans les zones océaniques les plus profondes et les plus sombres de l’Alaska. Selon des chercheurs biomédicaux les propriétés de cette éponge seraient bénéfiques dans le développement de nouveaux traitements contre le cancer du pancréas.

A Detroit, les équipes de l’Université médicale de Caroline du Sud et Henry Ford Cancer Center, spécialisées dans l’étude des échantillons chimiques de l’écosystème océanique, ont analysé un échantillon de cette éponge verte (Latrunculia austini) découverte en 2005 par le scientifique Bob Stone, lors d’une enquête sur des activités de pêche.

Après examen de cet échantillon, les chercheurs sur le cancer ont découvert des composés moléculaires efficaces pour cibler sélectivement et tuer les cellules tumorales.

« En regardant cette éponge il ne vous viendrait pas à l’idée que c’est une éponge miracle, mais pourtant, elle l’est » a déclaré Bob Stone, chercheur au Centre national des sciences halieutiques de l’Autorité des pêches de l’Administration océanique et atmosphérique nationale (NOAA).

Ensuite, le chercheur biomédical Mark Hermann s’est intéressé à cette découverte et en collaboration avec Michelle Kelly, une experte mondiale sur les éponges, ils ont identifié et nommer l’éponge, Latrunculia austini. Selon les scientifiques l’éponge « couvre un espace chimique unique sans précédent, parce qu’elle s’est adaptée à un habitat froid et sombre»

Des échantillons de molécules ont permis d’étudier les cellules et de tester de nouveaux médicaments dans un environnement contrôlé. Et, les tests en laboratoires effectués par Fred Valeriote, le chercheur principal du Henry Ford Cancer Institute, ont révélé l’extrait d’éponge vert avait une activité anticancéreuse ou la capacité de tuer les cellules de cancer du pancréas.

Le Docteur Fred Valeriote a déclaré « Étant donné le manque de traitements de médicaments efficaces actuellement disponibles pour le cancer du pancréas, cette recherche offre de l’espoir pour l’avenir des soins contre le cancer ».

Le chercheur a expliqué que les cancers du pancréas et de l’ovaire sont généralement des tumeurs à croissance lente. Selon les scientifiques la détection tardive est l’une des raisons pour lesquelles ces cancers sont tellement mortels d’autant que la chimiothérapie n’est pas efficace contre les tumeurs à croissance lente. «Le cancer du pancréas ne provoque souvent aucun signe ou symptôme dans les premiers stades, ce qui peut rendre difficile le diagnostic précoce. En conséquence, les chances de survie pour le cancer du pancréas le plus courant est de à cinq ans » a indiqué l’American Cancer Society.

Aussi l’éponge verte, avec ses composés discorhabdin uniques, s’est révélée intéressante pour les chercheurs.

« C’est absolument la molécule la plus active contre le cancer du pancréas que nous avons jamais vu. Bien qu’une quantité considérable de travail reste, ce type d’activité et de sélectivité est la première étape clé dans le processus de découverte et de développement de médicaments », a précisé Mark Hamann.

Les difficultés pour récupérer l’éponge verte au fond des océans, restent un obstacle pour les scientifiques. Latrunculia austini vit dans une région s’étendant du golfe de l’Alaska jusqu’à la côte olympique au large de l’État de Washington. Aussi, les chercheurs scientifiques de l’Université d’Hawaii travaillent à synthétiser les molécules de l’éponge verte. La synthèse de médicaments naturels est normalement tentée après qu’un médicament prouve son efficacité.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Images et source HenryFordHealthSystem